‹ La PinguéculaChapitre 5 sur 12 · L1 OBSERVATION I · texte numérisé non relu

L1 OBSERVATION I

Sur un cas de pinguécula, Vassaux, 1886

Une jeune fille d’une vingtaine d'années se présente, dans le courant du mois de juillet, à la Clinique ophtalmologique du Professeur Panas ; n’ayant jamais eu d’autre affection oculaire que celle qui l’amène. On constate sur les ideux yeux, dans l’espace de la conjonctive bulbaire, laissée à découvert, quand les paupières sont entr’ouvertes : sur l’œil droit, deux petites tumeurs siégeant à peu de distance de la cornée, au point d’insertion et dans la direction des muscles idroits interne et externe ; sur l’œ1il gauche, une petite tumeur semblable, mais plus petite que les précédentes, au point d’insertion du droit interne.

Ces tumeurs sont constituées par une élevure de la grosseur d’une petite lentille, de couleur jaunâtre, non vasculaire, mobile ; à l’éclairage oblique, la surface de cette tumeur présente un éclat différent du reste de la conjonctive. Aucune injection de la muqueuse. Le diagnostic porté par M. Panas est : pinguécula.

Deux de ces petites tumeurs sont enlevées et fixées à l’alcool absolu.

Des coupes intéressant la tumeur et la conjonctive circonvo:sine, montrent après coloration par le picro-carmin, l’hématoxyline, le carmin aluné, les altérations suivantes

Sur toute l’étendue de la tumeur, l’épithélium a perdu ses

mé

caractères d’épithélium cylindrique stratifié, en même temps que son épaisseur est diminuée de 1/2 ou de 3/4.

Le revêtement épithélial est constitué presque en totalité par des couches stratiñées de cellules épidermiques aplaties, se colorant en jaune par le picro-carmin et semblables aux cellules qui constituent la couche cornée de l’épiderme. Ces cellules renferment encore un noyau aplati, atrophié qu’on met très bien en évidence par l’hématoxyline. É

La couche des cellules reposant sur le chorion de la muqueuse n’est représentée que par. des éléments irréguliers, mal délimités, avec un noyau anguleux, moins volumineux qu’à l’état normal, et dans lesquels en aucun endroit on ne constate de fgure karyokinétique. En certains points de la tumeur, ces cellules basilaires manquaient même et le revêtement épithélial n’était plus formé que ide cellules épidermiques cornées. A la périphérie de la tumeur, l’épithélium reprend peu à peu ses caractères d’épithélium cylindrique stratifié.

Les altérations du chorion consistent dans une infitration avec dissociation des coches moyenne et profonde par une substance demi-transparente, finement grenue, colorée en jaune orangé par le picro-carmin, de nature colloïde, ne présentant aucun des caractères de la substance amyloïde. Cette infiltration se prolonge dans le tissu sous-muqueux.

Les couches superficielles du chorion ne présentent pas de papilles, mais sont Île siège d’une prolifération de fibres lamineuses se présentant en forme de faisceaux ondulés en rapport par leur partie profonde avec l’infiltration colloïde ; çà et là, quelques rares vaisseaux à lumière rétrécie, mais sans altération de leur paroi.

Sur des coupes colorées au violet de gentiane ou bleu de méthylène et traitées par la méthode de Gram, on met en évidence dans la couche cornée de nombreuses granulations arrondies que l’on peut poursuivre Jusque dans le chorion, le long des faisceaux de fibres lamineuses hyperplasiées. Ces granulations font défaut dans l’infiltration colloïde,

Il m'est impossible de me prononcer sur la valeur micro-

JÉZÉQUEL 4

ee

Done ou protoplasmique de ces granulations. Un certain ntérêt s’y rattache étant donnés quelques points de ressemblance

entre cette affection et le xérosis. J'attends d'être en possession

de nouveaux cas pour faire de la pinguécula une étude bacté-

riologique plus complète. ) VAsSAUX.

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