OBSERVATION III
du docteur Magyne (1853) Ablation d'un pinguécula très volumineux.
Examen microscopique et chimique de la tumeur.
M. D... demeurant rue de la Roquette, n° 37, vint nous consulter pour une tumeur qu'il portait à l’œil droit. Voici quel ñ D re Ê ll . de \ 1ê $S s HT 6 fut le résultat de notre examen. Les paupières étant fermées, présentaient, vers l’angle externe, une saillie considérable qui ne gênait cependant pas l’ocelusion des voiles palpébraux. Ceux-ci étant écartés, le:globe oculaire n’offrait aucun chan-
gement de l’état normal dans ses deux tiers internes ; mais, à 1 cm. 5 de la cornée, on reconnaissait l’origine d’une tumeur jaunâtre qui, soulevant la conjonctive, allait se cacher en arrière de la commissure externe. La naissance du noyau primitif remontait à plusieurs années, depuis quelques mois seulement, « le » pinguécula avait décuplé de volume. Les mouvements du globe étaient singulièrement gênés et parfois 1l existait de la diplopie. Nous décidâmes que la tumeur serait enlevée, mais eu égard à ses dimensions et à la profondeur où elle se cachait sous les paupières, nous craignions un instant d’être contraint pour la mettre à nu, d’inciser la commissure externe. Heureusement, cette complication n’eut pas lieu. Les paupières largment écartées par un aide, nous saisimes le pinguécula avec une pince à griffes ; il se laissa aisément attirer vers le côté interne et fut enlevé d’un seul coup de bistouri boutonné.
La tumeur avait l’énorme volume d’une très grosse noisette.
I] y eut quelques goutes de sang répandues ; le traitement consécutif se borna au repos et à des applications sur l’œ1l de compresses imbibées d’eau glacée : six jours après l’opération, le malade reprenait son occupation dans son atelier.
Notre honorable et savant confrère, M. Homolle, a bien voulu examiner au microscope la pièce pathologique. Cette tumeur, d’un jaune sale, était composée de lamelles épithéliales et de corpuscules pigmentaires. Ceux-ci se reconnaissaient avec la dernière évidence, à un grossissement de 380 diam. et les cellules épithéliales sont devenues parfaitement saisissables par l’addition d’une gouttelette d'acide acétique.
On se rappelle qu’une analyse ifaite par M. Weller, de deux petits pinguéculas, ne présenta pas la moindre trace de graisse : d’où ce chirurgien concluait que le nom donné à ces sortes de tumeur était dû à leur aspect extérieur.
Nous tenions à présenter notre pièce pathologique à la Société de Médecine pratique ; cette pièce fut donc conservée dans l’eau jusqu’au jour de la séance. Mais alors, dans les conditions où se présentait le tissu, M. Homolle ne put, à l’aide
du microscope, rencontrer aucun globule de matière grasse,
par Péther shIPnrique. et +. évaporation 7e L'éther Lee Jr
une matière blanchâtre fusible à une chaleur de 35 à 40° ; hquide oléagineux présentait sous le microscope Le caractéristiques des matières grasses, et sa faible température
de fusion doit le faire considérer comme de la margarine. La quantité ne dépassait pas 2 milligrammes et ne constituait donc qu'une faible proportion du tissu examiné.
Nous avons tenu à publier cet examen de M. molle ALL complètera une observation qui, par sa rareté, intéresse tous les chirurgiens livrés à la pratique de l’ophtalmologie.
D' MAGxe.