Étang à nourrains
Étang à Carpes 171 —
Je dois maintenant dire quelques mots d'un procédé d'élevage de la Carpe connu sous le nom de Système Dubisch et dont on a beaucoup parlé dans ces dernières années.
Ce système présente en efl'et de sérieux avantages, mais on verra qu'il n'est pas d'une application possible dans beaucoup de nos étangs et que l'idée sur lequel il repose a d'ailleurs été appliquée depuis d'assez longues années.
T. Dubisch attaché aux pêcheries du grand -duc Albert procède donc de la manière suivante :
1"" Uétang à feuilles (Streickteiche) ne doit pas avoir plus de 0"%1 de superficie et de 3 décimètres à 1 mètre de profondeur ; le fond doit être mou, et ce petit étang doit être mis à
sec avec la plus grande facilité. Un fond mou et un assèchement facile sont les conditions essentielles.
L'étang est laissé à sec pendant tout l'hiver et le printemps. Par ce moyen, tous les petits animaux dangereux pour l'alevin se trouvent détruits.
A la fin du printemps, on procède à la mise en eau de l'étang, et on y place alors une jeune femelle et deux mâles auxquels on ajoute une grosse femelle de G à 7 kilogrammes pour assurer la ponte. Ces reproducteurs ont été conservés pendant l'hiver avec les autres Carpes, mais dès le commencement du printemps, ils ont été placés dans un réservoir en bois où ils ne peuvent ni manger ni avoir le désir de frayer. Quand l'eau atteint une température suffisante, le frai conmience. Si cela paraissait nécessaire, on pourrait amener prématurément l'eau à une température suffisante, ainsi qu'on le fait à Oldenbourg, où l'on obtient la reproduction en mars.
Au bout de peu de jours l'étang fourmille de petites Carpes. D'après Dubisch , une femelle de 1^2 à 15 livres donne 200, 000 feuilles. Avec cette quantité on peut, après avoir peuplé un étang de 500 hectares, vendre encore beaucoup d'alevins.
Mais la nourriture fait rapidement défaut dans le ])etit étang ainsi peuplé, et un grand nombre de feuilles périraient si on ne se hâtait pas d'intervenir.
On doit faire passer les alevins dans un étang de dimension plus considérable. Pour procéder à la |)éche on fait écouler l'eau très lentement à travers une toile métallique faite de fils de laiton (G fils par centimètre]. Quand l'eau est sufiisamment basse on recueille les alevins avec un filet de gaze de 0"',5 de diamètre.
On dépose provisoirement les jeunes poissons dans un tamis dont les bords en bois sont très élevés et dont le fond est formé de fils de laiton ; ce tamis flotte sur l'eau. Puis les alevins sont transportés à l'aide d'un filet de gaze dans un vase en fer-
l)laiic pouvant coiilcnii' environ 1,000 feuilles, el c'est ce vase qui sert d'appareil de transport pour se rendre dans Vétang d'accroissement [Streckteic/iej n" i, d'une superficie de 3 hectares. Cet étang a été laissé à sec aussi longtemps que possible;, pour faire disparaître les ennemis du poisson et aussi pour préparer une alimentation abondante à ses futurs hôtes. En elîet, cet étang a été non seulement desséché, mais encore cultivé. Dans ce champ ont pris naissance une quantité d'insectes, arachnides, etc. Quand l'eau vient recouvrir ce fond, ces insectes périssent et viennent servir d'aliments aux jeunes poissons. Mais cette provision s'épuise rapidement. Au bout d'environ quatre semaines, les alevins ont atteint une longueur de quelques centimètres et ils doivent être transportés dans un étang plus grand. On avait mis dans l'étang n"" i 100,000 alevins; la perte étant estimée à 25 pour iOO, il reste 75,000 jeunes poissons.
L'étang n"" 2, dans lequel on fait passer les alevins, a été jusqu'à ce moment, et pour les raisons indiquées plus haut, absolument à sec.
Dubisch estime que, dans l'étang ainsi préparé, les pertes seront à peu près insignifiantes. Cet étang a 7i''%^4 de superficie; on y place 1,050 poissons par hectare et on en retrouvera 1,000 à l'automne.
En plaçant un aussi grand nombre de poissons, on obtient au premier été des Carpes de 125 grammes et plus; mais si on se contente de placer de 300 à 500 poissons à l'hectare, on obtiendra des sujets pesant 500 grammes el même davantage.
Les jeunes Carpes sont retirées de l'étang, qui est remis à sec, et passent l'hiver dans un vivier d'hivernage.
Lors du deuxième été, les Carpes sont placées dans un étang n° 3, jusqu'alors laissé à sec.
L'étang n"" 3 a une superficie de 137^% 1, et on y met 520 poissons par hectare. La perte est de 4 pour 100, et au commencement de l'hiver on a 500 poissons pesant environ 1 kilogramme en moyenne.
Ces Carpes vont de nouveau passer l'Iiiver en vivier, et l'année suivante elles viennent prendre place dans V étang à Carpes, où, après le troisième été, ces poissons pèseront jusqu'à 2 kilogrammes. En 1883, le poids moyen obtenu à Persetz, domaine conduit par Dubisch, a été de 2''°, 2.
Voici les résultats obtenus en 1883 dans ce domaine de Persetz,
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