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George, loc. cit., p. 49 et suiv

. PISCICULTURE NATURELLE. loi

plupart d'entre eux, rcmonlont les cours d'eau pour y déposer leurs œufs. Tels sont les Saumons, les Truites de mer, les Aloses, les Lamproies, etc.

Je n'ai pas à revenir sur les habitudes de ces poissons qui ont été décrites avec détail dans le chapitre destiné à la desci'iption des espèces utiles. Je rappellerai seulement que les Saumons ont l'habitude de venir frayer aux lieux de leur naissance, c'est-à-dire en tête des bassins, près des sources des fleuves ou rivières, là où les eaux coulent vives et limpides sur des fonds de sable ou de gravier. Si on vient à barrer la rivière par une digue infranchissable pour les poissons, ces derniers, après de vains efforts pour franchir l'obstacle, laissent écha])per leurs œufs qui sont perdus, et les Saumons cessent de venir dans les cours d'eau ainsi barrés. C'est ce qui explique la disparition de ces poissons dans certaines de nos rivières, dans la Meuse, par exemple.

J'ai eu occasion de rappeler que ce poisson remontait autrefois jusqu'à la Semoy, où il venait frayer. Les pécheurs de Monthermé prenaient des quantités considérables de Saumons. Dès 1850, ce poisson commença à devenir rare, et, depuis 18G0, il a complètement disparu \

La disparition du Saumon a coïncidé avec la construction de barrages sans issues construits sur le cours de la Meuse, dans la partie belge du fleuve.

Il est généralement admis qu'une chute d'eau de H mètres est la hauteur maxima que puisse franchir le Saumon -, C'est donc pour des barrages dépassants mètres que la construction des échelles devient indispensable.

1. Rrocclii. UappnrI sur la pisciculture dam les Ardennes (DulL du 3Iiiiisl. de rArjr., IS89. n" 8).

2. Copt'nclunt co9 poissons poux ont parfois IVancliir (Je-< chutes beaucoup plus élevées. On a pu voir des Saumons franchir une chute de 5 mètres; mais la profondeur au pied de cette chute était considérable. Les Saunions pouvaient prendre un élan ct»nsidérabl(^; ils s'élauçaii^nt dans l'air et pénétraient dans l'eau à 3 ou i mètres de la base du barrage, puis nageaient dans la chute môme.

LA PISCICULTlJin-; DANS LKS KAUX DOUCES.

Ces cchollcs ont été imaginées en 4.828 par un Ecossais, J. Smilli. Possédant une usine sur le bord d'une rivière et près d'un barrage, il ouvrait les vannes pour donner passage aux poissons, et perdait ainsi une grande quantité d'eau. Jl imagina alors d'établir un plan incliné (fig. 75) muni de cloisons transversales interrompues à l'une de leurs extrémités de manière à

Fig. 75. — Échelle à compartiments rectangulaires.

ménager des ouvertures alternantes. Le courant ainsi affaibli était facilement remonté par le poisson.

Depuis, ces échelles ont été modifiées de bien des manières. Je ne puis entrer ici dans beaucoup de détails sur la construction de ces appareils, mais je renverrai les personnes s'intéressant à cette question spéciale à un excellent mémoire publié par M. Raveret-WatleM.

Les plus simples des appareils destinés au passage des

i. Raveret-Wattel, les Poissons migrateurs et les Échelles à Sauinons.

PISCICULTURE NATUIIELLK. 153

poissons sont les rigoles, c'est-à-dire une rigole pratiquée dans

Fig. 70. — Rigole dans un baiiajre.

la maçonnerie d'un barrage (fig. 70), et à huiuelle on donne une direction en ligne brisée (fig. 77). La vitesse du courant est ainsi ralentie, et ce système peut rendre quelques services.

Viennent ensuite les échelles proprement dites, dé>ignées sous le nom d'escaliers. Voici comment Corte décrivait ce système : « Ce système, dit-il, consiste en Fig. 77. — Sillons obliques brisés.

une série de réservoirs

carrés placés les uns au-dessus des autres comme autant de

LA PISCICULTUr.K DANS LES MAUX DOUCES.

grandes caisses. Ces bassins, doni le dernier connmunique de plain pied avec le haut de la chute pendant (jue le premier se trouve au niveau de la partie inférieure du fleuve, sont construits et superposés de telle sorte que l'eau se précipitant dans le réservoir le plus élevé rencontre à angle droit la paroi qui lui fait face et est forcée de s'écouler par une ouverture latérale.

Fig. 78. — Échelle Brackett.

Elle tombe ainsi dans le second bassin, puis dans le troisième, et successivement dans tous les autres par des échancrures qui alternent et produisent dans leur ensemble une série de cascades serpentantes, »

Ce système présente des défauts nombreux. Quand les eaux sont hautes, l'appareil est 7îoyé et fonctionne mal ; quand les eaux sont basses, le poisson ne s'engage pas facilement dans ce passage. Comme l'avait fait remarquer, il y a bien longtemps déjà, M. Couines : « En observant les allures des Saumons qui

I>I se 1 C IJ LT U II E N A T U H E L L E.

cherchent à franchir une chute, on voit (jue hi forme des échelles qui leur convient le mieux, n'est ])as une succession de cascades, mais plutôt une déi'ivalion fortement inclinée sur laquelle l'excès de vitesse que prendrait la nappe li((uide se trouve modérée par l'interposition de cloisons, (lar, lorsque le poisson s'introduit dans un passage de celte sorte où il ne se sent pas en sûreté, il veut le franchir non pas en jouant et par bonds successifs, mais avec la plus grande l'apidité \ »

Echelles àplans inclinés ou Echelles proprement dites, — Ces échelles peuvent ôlre à compartiments rectangulaires, c'est-à-dire que les cloisons transversales perpendiculaires aux bassins forment avec ceux-ci des compartiments rectangulaires qui communiquent entre eux par des ouvertures ayant de un tiers à un huitième de largeur totale de l'échelle. Pour amortir davantage la violence du courant, on ajoute à chaque cloison transversale un bras formant angle droit et dirigé vers l'amont.

On désigne sous le nom d'échelle IJrackett (fig. 78 et 79) un appareil dans lequel on a multiplié le nombre

des montants pour forcer l'eau à décrire de nombreux circuits et empêcher le remous de se former.

De plus, l'inventeur prolonge autant que possible son échelle en amont du barrage qu'elle traverse, et il munit le sommet de l'appareil de plusieurs ouvertures placées à des hauteurs dilTérentes; on se sert de l'une ou de l'autre suivant la hauteur de

Fig. 71).

Détails (le réchelle Brackott.

1. Coumes, Bapport sur la pioche fluviale en Angleterre, etc. 1X03.

l'eau dans la rivière. En Norvège;, sur la rivière Sire, une échelle

de ce système permettrait aux poissons de franchir une chute de 27 mètres.

Un autre système, imaginé par M. Forster, se distingue en ce que les cloisons transversales, au lieu d'être perpendiculaire aux bajoyers, sont disposées obliquement (fig. 82).

Plus récemment, JVI. Mac-Donald avait proposé une échelle fort intéressante. Il était arrivé à résoudre le problème posé en ces termes : « S'il était possible, au moyen d'un système de construction quelconque, que la totalité du volume d'eau d'une rivière se déversât par-dessus un barrage avec une si faible vitesse que le poisson le moins bien doué sous le rapport de la force musculaire put remonter le courant, les barrages ne présenteraient plus d'inconvénients... Or, si l'on obligeait

Fig. 80. — Échelle Brackett.

a, Coupe de l'échelle.

h, Vue de profil.

c, Plan de l'échelle.

Fig. 81. — Echelle Brackett construite en ligne brisée.

chaque molécule d'eau à suivre une route telle que, dans la dernière partie de son trajet, son mouvement se fît dans un sens

PISCICUI/riJRE NATLRELLE.

contraire à celui des lois de la pesanteur, on pourrait l'amener à un point inférieur à celui ([u'elle occupait, où elle se trouverait avoir j)erdu, j)ar suite du frottement et de sa course

Fig. 82. — Echelle Forster, mise à sec par la fermeture de la vanne, pour laisser voir la disposition intérieure.

ascensionnelle finale, une partie de la vitesse acquise d'abord en descendant. »

M. Mac-Donald avait donc construit une échelle en bois constituée par des compartiments où l'eau décrivait des sortes de courbes ralentissant sa chute ^ ; mais cette disposition, très ingénieuse d'ailleurs, a été reconnue d'une application difTicile. Les matières diverses charriées par les eaux s'amoncellent dans les compartiments, qu'il faut nettoyer souvent, etc.

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