‹ La pisciculture dans les eaux doucesChapitre 6 sur 106 · E. Moreau, Histoù-e des Poissons, t. I · texte numérisé non relu

E. Moreau, Histoù-e des Poissons, t. I

arcs liyoïdiens une branchie accessoire insérée sur la surface interne de l'opercule.

Les choses étant ainsi disposées, c'est par la bouche qu'a lieu l'entrée de l'eau. Cette eau passe à travers les ouvertures pratiquées de chaque côté dans l'arrière-bouche, et, après avoir baigné la surface des branchies, elle est expulsée au dehors par les ouvertures nommées ouïes et qui sont recouvertes par l'opercule. Cet opercule est mis en mouvement par des muscles spéciaux.

Telle est la disposition de l'appareil respiratoii'e chez le plus grand nombre des poissons osseux. Mais chez les cartilagineux, on trouve des dispositions différentes. Nous avons vu (jue chez les poissons osseux les branchies sont librement suspendues dans la chambre respiratoire, qui ne présente qu'une seule ouverture pour la sortie de Teau. Au contraire, chez les raies, chez les squales, chaque branchie est enfermée dans une sorte de poche ayant son orifice respiratoire spécial ; ce sont des branchies fixes.

11 est à noter que les poissons ne se contentent pas toujours d'absorber l'eau nécessaire à leur respiration. On les voit parfois venir à la surface et absorber quelques gorgées d'air atmosphérique. Les branchies peuvent, en elTet, absorber l'oxygène gazeux aussi bien que celui dissous dans l'eau.

11 est possible d'élever des carpes pendant un certain temps en les tenant suspendues hors de l'eau dans des espèces de sacs en filets et en leur mouillant de temps en temps les ouïes avec de la mousse humide. MM. de Humboldt et Provençal ont montré qu'il y avait dans ce cas absorption d'oxygène et dégagement d'acide carbonique.

Un autre observateur. Sylvestre, a vu d(^s poissons vivre dans l'eau distillée ou privée d'air par l'ébullition, si on leur permettait de venir respirer à la surface, et périr asphyxiés quand on les empêchait de venir respirer au moyen d'un diaphragme mobile.

IS LA PISCICIJLTUIIK DAiNS I,i:s EAUX DOUCES.

Mais ce soiil là, pour ainsi dire, des cas pariiculiers. beaucoup de poissons périssent dès qu'ils sont retirés de leur élément naturel.

Il en est cependant chez lesquels l'appareil branchial très abrité, ne coninriuniquant au dehors que par des ouvertures très étroites, peut conserver pendant assez longtemps une humidité suffisante pour fonctionner utilement.

En résumé, on n'est pas bien lixé sur les causes qui permettent à certains poissons de vivre assez longtemps hors de l'eau, tandis que d'autres périssent rapidement dans les mômes circonstances. L'affaissement des lamelles branchiales peut expliquer la mort rapide des poissons qui périssent dès qu'on les sort de l'eau.

Enfin, certains poissons semblent respirer dans une certaine mesure à l'aide de la surface intestinale. Tel est le cas de la Loche d'étang.

Chez quelques poissons, la vessie natatoire communique parfois par un tube ou pneumatophore avec la chambre branchiale. Comme les parois de cette vessie renferment beaucoup de vaisseaux sanguins, on a pensé que l'organe tout entier pouvait jouer le rôle d'un poumon et intervenir dans l'acte respiratoire.

Quoi qu'il en soit, le rôle de cette vessie ne me paraît pas avoir une importance bien grande. On voit, en effet, des espèces de poissons très voisines, vivant dans les mêmes conditions, et dont les unes possèdent une vessie natatoire, tandis que les autres en sont dépourvues. Ainsi des deux espèces de Maquereaux qui vivent dans la Méditerranée, Tune a une vessie natatoire, l'autre n'en porte pas trace.

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