Bull, de la Soc. d'Accl, 1854, t. I, p. 128 et suivantes
2. Coste, Instructions pratiques sur la pisciculture, 2^ édit. Paris, 1856.
PISCICULTURE ARTIFICIi: MJ:,
3 millimètres, sont maintenus, à l'aide d'une très mince lame de plomb, dans des entailles pratiquées sur le bord inférieur des pièces qui forment les extrémités d'un encadrement de bois. Une traverse, également munie de petites entailles proportionnées au volume des baguettes, occupe le milieu du cadre qu'elle contribue à consolider, en même temps qu'elle soutient le clayonnage de verre. Les dimensions de celte claie doivent être en rapport avec l'intérieur de l'auge, de telle soite qu'on puisse la mettre en place sans efforts et la retirer de môme. Cette manœuvre est facilitée par la présence d'une anse en fd de fer étamé à chaque extrémité du cadre.
Une fois mise en place, la claie se trouve à 0'",02 ou 0™,03 au-dessus du niveau de l'eau, et, par conséquent, beaucoup plus rapprochée de la surface que du fond.
Quand on possède un certain nombre de ces auges, il est facile de comprendre qu'on peut les disposer de bien des manières dilTérentes. On peut les étager, par exemple (fig. 90), sur un double rang de gradins disposés en marches d'escalier, ou bien encore par séries parallèles sur des échafaudages en gradins ; en somme, la disposition adoptée importe peu ; il faut s'arranger de manière que l'eau qui s'écoule d'une auge supérieure tombe dans l'inférieure, etc. Souvent la première auge, celle qui occupe la partie la plus élevée de l'ensemble de l'appareil, renferme simplement des matières filtrantes.
Dans les grands établissements on a modifié l'appareil
Fig. 90.
Auges disposées en gradins.
200 LA IMSCICUT.TCnK DANS IJ:S K A L' X DOTCE?.
Cosle, cil construisant de grandes auges en ciment fixées à demeure le long des murs du laboratoire et placées les unes au-dessous des autres. Ces rigoles en ciment sont parfois remplacées par des rigoles en bois que l'on place les unes à la suite des autres, formant ainsi des sortes de ruisseaux artificiels. On remplace alors les claies en verre par des toiles métalliques.
On avait craint autrefois l'emploi des métaux dans ces auges à incubation. Goste, entre autres, redoutait des phénomènes électriques pouvant détruire les embryons.
On se sert actuellement de toiles métalliques galvanisées dont les mailles ont une forme rectangulaire. Chaque maille doit avoir 5 millimètres de largeur sur 15 à 18 millimètres de longueur (œufs de Salmonidés).
En Amérique, la toile métallique n'est pas galvanisée; elle est simplement enduite de trois couches successives d'un vernis à l'asphalte.
En général, les grandes rigoles dont je m'occupe en ce moment ne doivent pas avoir plus de 3 à 5 mètres de longueur sur 0^^,30 de profondeur et 0^^,1x0 à 0^^,50 de largeur.
M. Baveret-Wattel nous a appris que les auges en bois sont seules employées dans l'établissement d'Howietown, près de Stirling (Ecosse), établissement de tout premier ordre fondé par sir J. Maitland.
« A Howietovvn, dit M. Raveret-Wattel, chaque auge ou rigole est ahmentée par un robinet (quelquefois par deux, si l'auge est très large) dont l'eau ne tombe pas directement dans l'auge, mais se déverse sur une planchette ayant toute la largeur de l'auge et formant un plan incliné du côté du robinet. Cette planchette précède les claies ou grilles en baguettes de verre qui supportent les œufs et elle descend au-dessous du niveau de ces claies. Le but de cette disposition est de faciliter l'aération de l'eau, de répartir le courant sur toute la largeur de l'appareil d'éclosion, d'en diriger une partie sous les claies pour que les œufs soient lavés de tous côtés par le courant, enfin d'éviter
un bouilloniicmciil de l'eau considéré comme préjudiciable aux embryons et pouvant amener la formation de monstres. Dans chaque auge, l'orifice de sortie est précédé d'une grille ou cloison en zinc perforé qui, après l'éclosion, s'oppose à la fuite des alevins ^
Il est important de noter qu'il est fort utile, lorsque l'on fait usage d'auges en bois, d'avoir soin de carboniser légèrement ce bois à l'intérieur, à l'aide d'un fer rouge. Le bois ainsi carbonisé se conserve fort net.
On se sert aussi d'auges émaillées, avec quelques avantages. Quelle que soit la matière employée, il importe de recouvrir les auges pendant l'incubation, soit que l'on se serve de couvercles spéciaux, soit simplement de planches ordinaires. On évite ainsi la production des algues microscopiques et de plus on met les œufs et les alevins à l'abri des attaques de quelques ennemis, des Musaraignes aquatiques, par exemple.
Quelquefois on garnit le fond des auges d'une couche de 0"',05 à 0"\06 de gravier et de charbon de bois. M. Rivoiron, qui garnit ainsi ses auges d'éclosion. y trouve, dit-il, un sérieux avantage. 11 est vrai qu'il conserve pendant plusieurs mois les alevins dans ces auges.
Je crois inutile d'insister sur ces appareils à auges qui, on le comprend, peuvent être modifiés presque à l'infini dans leurs formes, la manière de les alimenter d'eau, etc.
Mais je dois m'occuper maintenant d'un autre système d'appareil.
Jusqu'à présent, dans tous ceux qui nous ont occupé, le courant de l'eau était descendant , c'est-à-dire que l'eau arrivait de haut en bas sur les œufs. On tend maintenant à remplacer ces appareils par ceux où le courant est ascendant, dans lesquels l'eau arrive en dessous des claies qui supportent les œufs.
J'y insisterai même d'une manière toute spéciale, car ils
1. Raveret-Wattel, la Pisciculture dans la Grandc-Bretaonc, p. G. Paris, 1891.
LA piscicuLTUnr; dans [j:s i:aux douces.
me paraissent présenter des avantages de premier ordre. Le plus ancien et peul-ctre aussi h; f)lus simple de ces appai'eiis que l'on a désignés souvent sous le nom d'appareils canadiens est le suivant, inventé par M. Ferguson (fig. liJ) et que M. Haveret-Wattel a fait connaître en France K
Que l'on se figure un grand bocal en verre ayant 0^,20 de diamètre. Ce bocal porte deux tubulures opposées l'une à l'autre,
Fig. 91. — Appareil Ferguson.
l'une au fond, l'autre près du bord supérieur a^, b. On dispose à l'intérieur du bocal neuf à dix tamis circulaires en toile métallique. C'est sur ces tamis que sont placés les œufs. On fait arriver l'eau par la tubulure inférieure a^ et cette eau, suivant un courant ascendant, traverse successivement les tamis porte-œufs de bas en haut et va ressortir par la tubulure supérieure b.
Maintenant on conçoit facilement que l'on puisse réunir plu-
1. Ravcret-VVattel, Rapport sur la pisciculture à l'étranger en 1880, p. IGl,
P I s C I C L L T L' Il i; A II T 1 F I C 1 1: L L 1-: . 2o;{
sieurs appareils senil)Ial)les à l'aide de simples tuyaux de caoutchouc, et on arrivera ainsi à mettre en incubation un grand nombre d'œufs dans un espace fort restreint.
Si on doit em])loyer de l'eau légèrement trouble, on place dans le premier bocal des matières filtrantes (éponges, graviers, etc.).
Pour maintenir les œufs dans l'obscurité, on recouvre les bocaux d'une enveloppe en carton ou en fort papier, enveloppe dans laquelle on a soin de ménager des ouvertures pour laisser passer les tuyaux de raccord.
Un appareil très simple, loujours basé sur le même principe, est celui imaginé par M. llolton. C'est une caisse en bois, de forme rectangulaire et ayant un fond concave au centre duquel débouche le tuyau qui amène Teau, et cette eau va s'échapper par un goulot latéral silué vers le haut de l'appareil. A l'intérieur de la boîte sont superposés des tamis en toile sur lesquels on dépose les œufs. Les cadres en bois des tamis ont une épaisseur de 0°^,02 à 0'",03 et de 0"S30 à 0",35 de côté. Ces dimensions permettent de placer sur chaque tamis 1,000 œ^ufs de Saumons ou 1,500 à 1,800 œufs de Truites. Le nombre des tamis peut s'élever à dix-huit; ce seraient donc 27,000 œ^ufs mis en incubation dans un seul appareil.
Un appareil très répandu actuellement est celui désigné sous le nom d'ange californienne^ et qui a été sinon inventé, du moins perfectionné par JMIM. Von dem Borne (fig. 92).
Cet appareil comprend :
1" Une grande caisse de zinc ou de tôle émaillée ou vernie A, ayant O^'ySô de longueur sur 0'",25 de hauteur et 0"',oO de largeur;
S"* Une seconde caisse c, ayant 0"\10 de moins en hauteur et en largeur et dont le fond, au lieu d'être plein, est formé par une toile métallique (G fils par centimètre). Cette deuxième caisse est munie d'un rebord horizontal c{ui la soutient quand elle est placée dans la première. Enfin cette caisse c porte un
goulot pour récouicmcnl de l'eau, goulot qui vient pénétrer dans un ajutage semblable présenté par la caisse A.
Les deux caisses se trouvent ainsi bien fixées l'une à l'autre. Les œufs sont placés sur le fond à claire-voie de la caisse c. On fait ensuite arriver l'eau dans la première caisse; elle remonte naturellement pour prendre son niveau, traverse de bas en haut les œufs placés dans la caisse c^ et vient sortir par le goulot latéral.
Au moment où les éclosions comimencent à se produire, on complèle
Fig. 92. — Appareil Van dem Borne.
l'appareil en y ajoutant une troisième caisse e de beaucoup plus faible de dimension. Cette petite caisse a un fond en toile métallique et porte un goulot qui s*engage dans ceux des deux premières caisses et la fixe de cette manière. Cette caissette est destinée à empêcher les alevins de s'échapper au dehors, mais elle a l'inconvénient de retenir les coques d'œufs ; on préfère laisser passer les alevins qui sont reçus dans un récipient placé sous le goulot d'échappement.
Pendant l'incubation et toujours pour soustraire les œufs à la lumière, on recouvre l'appareil d'un couvercle. Une auge telle que celle qui vient d'être décrite peut servir à mettre en incubation 10,000 œufs de Truites ou de Saumons.
« Le nombre des a^ufs, fait observer M. Raveret-Wattel ,