‹ La pisciculture dans les eaux doucesChapitre 61 sur 106 · INCUBATION DES ŒUFS · texte numérisé non relu

INCUBATION DES ŒUFS

Appareils à incubation.

Comme nous le verrons, et d'une manière générale, l'incubation des œufs de poissons ne présente pas de sérieuses

lOG LA PISCICULTURK DANS I.KS MAUX DOLCKS.

dilTicultés. Il ne faudrait pas croire cependant que le choix d'un appareil soit complètement indilTérent. Comme toutes choses, les appareils employés ont subi de notables perfectionnements, et il importe de se servir de ceux de ces instruments présentant des avantages sérieux.

Ce n'est pas à dire pour cela qu'il me semble nécessaire d'énumérer tous les appareils qui ont été figurés, décrits ou présentés jusqu'à ce jour.

Une fois certaines modifications indispensables admises, on pourrait dire de ces appareils ce que l'on a dit d'autres instruments : « Le meilleur est celui dont on a l'habitude de se servir. » Je me contenterai donc de rappeler quels ont été les appareils employés par les premiers pisciculteurs, ces appareils ayant tout au moins un intérêt historique, puis nous verrons quels sont parmi les appareils modernes ceux qui peuvent être considérés comme des types, types qui peuvent et sont modifiés à chaque instant, soit par les pisciculteurs eux-mêmes, soit par les fabricants.

Les appareils dont je m'occuperai d'abord sont ceux employés pour l'incubation des œufs libres ; ce sont, en effet, les plus importants, mais il y aura à dire quelques mots ensuite sur l'incubation des œufs adhérents.

Appareils pour l'incubation des œufs libres.

En laissant de côté les boîtes de Dom Pinchon, le premier appareil employé pour l'incubation des œufs de poissons est celui dont se servait Jacoby et qu'il a décrit de la manière suivante : (( On fait une caisse ayant douze pieds de long, un pied de large et six pouces d'épaisseur. A l'une des extrémités on laissera une ouverture de six pouces carrés, fermée d'un grillage en fer ou de laiton dont les fils ne seront pas éloignés de plus de quatre lignes les uns des autres. A l'autre extrémité sera

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pareille ouverture grillée de même. Celle-là servira pour la sortie de l'eau, l'autre pour son entrée, et le grillage empêchera qu'il ne puisse se glisser dans la caisse ni rats d'eau ni aucun autre insecte, ennemi ou destructeur d'œufs de poissons.

(( La caisse sera exactement fermée par le dessus pour les mêmes raisons. On peut cependant laisser au couvercle une ouverture de six pouces carrés pour donner du joui* aux jeunes poissons, mais cola n'est pas nécessaire. On couvrira le fond de la caisse d'un pouce d'épaisseur de sable ou de gravier recouvert d'un lit de petits cailloux jointifs de la grosseur d'une noisette. »

Les œufs fécondés artificiellement étaient déposés dans cette caisse et l'appareil était placé dans le courant d'une rivière.

Ces boîtes ont été abandonnées. En elfet, la surveillance des œufs est difficile; puis lorsque, et c'est le cas le plus ordinaire, les eaux ne sont pas parfaitement pures, il se forme à l'intérieur de l'appareil un amoncellement de vase qui nuit beaucoup aux œufs.

Dans leurs premiers essais, Rémy et Géhin se servaient de boîtes en bois, carrées et percées de trous, mais ils y renoncèrent bien vite et employèrent des boîtes rondes en zinc ayant 0'",^0 à 0'",25 de diamètre sur 0"',10 de profondeur; ces boîtes avaient un couvercle de 0"',04 de hauteur, couvercle mobile sur une charnière. Ces boîtes étaient criblées de trous ayant à peu près 0'",00i de diamètre. Mais dans l'eau ces trous se bouchent rapidement. M. Koltz les a remplacées par des vases en terre cuite également percés de trous et munis de flotteurs en bois. Ces vases sont placés dans une caisse fixe et tenue à niveau constant. Les boîtes que l'on y place sont ou munies d'un double fond à claire-voie ou à moitié remplies de gravier pour y déposer les œufs. Dans tous les appareils employés jusqu'en 1853, les œufs étaient placés directement sur le fond des appareils.

iM. Millet semble bien être le premier qui eut l'idée de

LA PISCICULTUnE DANS LKS EAUX DOUCES.

sufipendre les œufs dans l'eau, en les plaçant sur des claies ou châssis; car, dès 1852, il exposait des appareils consistant en rigoles disposées en étagères, et dans lesquelles l'eau coulait goutte à goutte d'une petite fontaine. 11 y avait dans ces rigoles des petits paniers suspendus à O'^jOS ou 0'",03 au-dessous de la flottaison et garnis d'œufs de Saunions et de Truites ^ Les discussions assez vives qui s'élevèrent à cette époque entre

M. Millet et M. Goste sur une question de priorité n'ont plus actuellement aucun intérêt. Il est même probable que l'appareil dit appareil Coste ffig. 89) a été imaginé par un constructeur; mais tout cela importe peu, etvoici la description de l'appareil tel que l'a donnée le professeur du Collège de France ' :

L'appareil est constitué par une série d'auges en terre cuite; chacune de ces auges a 0'^,50 de long sur 0"',J5 de large et 0",10 de profondeur; elle porte sur le côté, à 0"',06 ou 0"',07 d'une de ses extrémités, une gouttière de décharge d; sur la face de l'extrémité opposée, et au niveau du fond un trou o qui permet de la vider entièrement, et à l'intérieur, à peu près vers le milieu de la profondeur et de chaque côté, deux petits supports médianes bb\ Chaque auge est garnie d'une claie c sur laquelle on étale les œufs fécondés que l'on veut faire éclore. Les barreaux de cette claie, formés par des baguettes de verre placées parallèlement, soit en long, soit en large et écartées les unes des autres de 2 à

Fig. 89. — Appareil Coste.

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