Duchamp, loc- cit., p
234 LA PISCICULTURK DANS LES KAUX DOUCES.
là chose impraticable. A mon avis, le meilleur moyen, non pas de faire disparaître complètement le mal, mais de l'atténuer dans une certaine mesure, serait de laisser à sec pendant deux ans les étangs contaminés ^
Peste des eaux douces.
M. Bataillon, en 1893, avait communiqué à la Société de Biologie des recherches sur une maladie de la Truite et des œufs de Truite, maladie qu'il attribuait à un bacille particulier (Diplobacille). Depuis, M. Bataillon est arrivé à considérer ce microbe comme pouvant être la cause d'une véritable peste des eaux douces*.
La bactérie en question, inoculée à des Brochets, des Gardons, des Épinoches, a produit la mort en peu de temps. Les masses musculaires sont paralysées : « Quelques heures avant de mourir, les sujets oscillent autour de leur axe et ne progressent plus qu'en sautillant à l'aide des nageoires pectorales. Une autre maladie, désignée parfois sous le nom de peste des Truites^ a été observée en diverses circonstances, et particulièrement dans les bassins du Collège de France. La cause du mal est un infusoire, Ichthyophtyrius multifillis. Simplement signalé en 1869, en Allemagne, ce parasite fut bien étudié en 1876 par M. Fouquet. Les poissons atteints portent des taches blanchâtres, surtout sur les nageoires, près des yeux, et sur les branchies. Examinées au microscope, ces taches se montrent constituées par des cavités dans lesquelles se meut, en tournant dans tous les sens, un infusoire cilié, ovoïde et muni à son extrémité antérieure d'une ventouse. Cet infusoire se reproduit avec une extrême facilité, par simple division. A un moment donné, l'infusoire, étant suffisamment fort, tombe au
1. Brocchi, les Étangs en général et Observations faites dans la Dombes sur leur exploitation, 4891, p. 34.