‹ La pisciculture dans les eaux doucesChapitre 8 sur 106 · APPAREIL REPRODUCTEUR · texte numérisé non relu

APPAREIL REPRODUCTEUR

Les poissons ont les sexes séparés; nous étudierons successivement l'appareil femelle et l'appareil mâle.

Appareil femelle. — L'appareil femelle est, en général, 1res simple, et cette siniplicité est parfois poussée à l'extrême. C'est ainsi que chez l'Amphioxus les ovaires sont simplement fixés à la voCite de la grande cavité viscérale de chaque côté de la ligne médiane du corps. Ils sont com])lètement recouverts par le péritoine, et il n'y a pas traces d'un canal évacuateur pour les œufs. Ces derniers, arrivés à maturité, se détachent, tombent dans la cavité abdonn'nale, et, entraînés par le courant expiratoire, sortent par un pore abdominal.

Chez des poissons plus perfectionnés, chez les Cyclostomes (ex. : Lamproie), on voit l'appareil sirf)ir un j)remier perfectionnement. Il n'y a pas encore de canal évacuateur spécial, pas d'oviducte ; les œufs tombent directement dans la cavité abdominale, mais ils sont évacués au dehors par un orifice spécial.

Cette disposition de l'appareil femelle se retrouve chez

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quelques poissons osseux. Ainsi, chez les Salmonidés, les œufs tombent également dans la cavité abdominale et sortent par les pores péritonéaux. Ces orifices donnant passage aux œufs forment deux canaux très courts qui se réunissent pour déboucher par un orifice conique situé en arrière de l'anus.

Chez un de ces salmonidés, TEperlan, on voit se produire un perfectionnement. Un repli du péritoine se détache de l'ovaire et forme entre cette glande et la paroi abdominale une sorte d'oviducte qui conduit les œufs vers l'orifice abdominal. Cette disposition nous conduit à celle qui se rencontre le plus ordinairement chez les poissons osseux. Ici, l'ovaire est formé par une série d'appendices foliacés fixés sur un prolongement péritonéal. Ce prolongement s'étend en dehors et en haut, de manière à envelopper la glande dans une poche membraneuse. Chaque ovaire représente donc un sac dont les parois sont intérieurement garnies par les lobes de la glande, et dont la cavité libre, située au centre du sac, forme un réservoir où viennent tomber les œufs au moment de leur maturité.

Ce sac se prolonge en arrière jusqu'au bord de Torifice génital en formant une sorte d'oviducte.

11 arrive parfois que l'ovaire avorte d'un côté. Par exemple, chez la Perche, l'appareil femelle n'existe que du côté gauche.

Il arrive aussi que l'oviducte, au lieu de venir aboutir à un orifice spécial, vient s'ouvrir dans l'orifice des canaux urinaires. Cette disposition s'observe chez le Brochet. Enfin, on peut voir les ovaires se réunir en arrière, soit partiellement, comme chez la Carpe, soit complètement comme chez le Lançon.

Chez les Plagiostomes, on trouve un véritable oviducte, c'est-à-dire un canal servant au transport des œufs et complètement indépendant de la glande. Les œufs détachés de l'ovaire tombent directement dans la cavité viscérale. Là, ils sont repris par les oviductes présentant à leur extrémité une sorte de pavillon rendu béant par des brides péritonéales. Les œufs parcourent tout le canal qui vient s'ouvrir derrière l'anus. Ces ovi-

NOTIONS SUH L'ORGANISMi: DKS POISSONS. 21

ductes sont constitués par une membrane muqueuse et recouverts à leur partie antérieure par un épithélium vibralile. La portion moyenne et la portion terminale olTrent une structure plus compli(iuée. Ce sont elles, en eflet, qui sont chargées de fournir les parties comj)lémentaires de l'œuf, la coque, par exemple. Tandis que, chez les poissons osseux, la coque se forme dans l'ovaire même, ici l'œuf, au moment où il s'échappe de la glande, n'est formé cjue par le vitellus.

Enfin, chez plusieurs Plagiostomes, la ])artie terminale de l'oviducte devient un réservoir incubateur, une sorte d'utérus.

Qhifs, — Les ovaires sont revêtus d'une tuniquiî mince à structure fibreuse, et la substance même de la glande est constituée par un tissu particulier ou siroma. C'est à l'intérieur de ce stroma que les œufs prennent naissance. Le nombre des œufs chez les poissons osseux est parfois véritablement énorme. On compte plus de 300,000 œufs dans )es ovaires d'une grosse carpe, 100,000 chez la perche, 1GG,000 chez le brochet, plus d'un million chez l'esturgeon, neuf millions chez la morue.

Ici comme chez tous les animaux d'ailleurs, le nombre d'œufs est en rapport avec les chances de destruction auxquelles ils sont exposés. La coque, ou mieux lacflp.su/ede l'œuf, présente une structure assez compliquée. 8a substance est souvent traversée par une multitude de canalicules extrêmement lins, ce qui donne à l'œuf une apparence ponctuée (ex. : œufs de Saumon, de Fera, etc.). Dans d'autres cas, cette surface de l'œuf est comme hérissée de bâtonnets d'une extrême petitesse. Celte capsule de l'œuf se formant dans l'ovaire même S on s'est demandé longtemps comment la fécondation pouvait se produire; en d'autres termes, comment le spermatozoïde pouvait arriver à la surface du vitellus. Cette difficulté n'existe plus depuis que Doyère a découvert un petit orifice ou micropyle permettant le passage de l'élément fécondant.

1. Plusieurs embryologistes la considèrent comme une production du vitellus.

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Chez les Pla^iostomcs, nous avons vu ffuo l'envoloppo (Je l'œuf se forme dans l'oviducte. I^'œuf prend parfois alors une singulière apparence. Chez les raies, par exemple, il est quadrilatère, bombé et terminé à chaque pointe par un long appendice contourné.

Appareil mâle. — L'appareil mâle ressemble beaucoup extérieurement à l'appareil femelle. Chez les Cyclostomes, les testicules n'ont pas de canaux évacuateurs; le sperme ou laitance tombe dans la cavité péritonéale et s'échappe par les pores péritonéaux.

Chez les poissons osseux, l'appareil mâle est plus parfait que l'appareil femelle et les testicules sont pourvus de canaux évacuateurs. Ainsi chez les Salmonidés on ne trouve pas d'oviductes, tandis qu'il y a des canaux déférents chez le mâle. Cette différence s'explique d'ailleurs facilement. Les femelles doivent simplement laisser tomber les œufs sur le sable, tandis que la laitance doit être projetée avec une certaine force pour assurer la fécondation. La forme des testicules est très variable. Chez les Plagiostomes, ils sont aplatis, tandis que chez les poissons osseux ils sont très gros, bosselés et présentent de nombreux lobules. Ces glandes sont recouvertes par le péritoine qui leur forme un ligament supérieur.

Chez presque tous les poissons osseux et chez les Plagiostomes, l'évacuation de la laitance se fait à l'intérieur même de la glande. Celle-ci est en effet creusée de cavités communiquant avec le dehors. En s'anastomosant, ces cavités finissent par former un canal excréteur qui se réunit presque toujours à son congénère et va déboucher, soit dans les voies urinaires, soit directement en dehors, en avant de l'anus, comme xhez'la Carpe, par exemple. La structure du canal déférent des poissons osseux est très simple. On peut cependant observer quelquefois une sorte d'élargissement subterminal formant réservoir et de petites glandes accessoires. Mais chez les Plagiostomes, la structure de l'appareil évacuateur se complique davantage.

On peut alors distinguer un ('pididyme, un réservoir terminal, des glandes accessoires et même un appareil copulateur.

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