‹ La pisciculture dans les eaux doucesChapitre 84 sur 106 · C-» os -^ iO •* iO -th · texte numérisé non relu

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Ces bassins occupent ensemble une surface de 19,000 mètres carres. Tous sont alimentés par le réservoir du canal de l'Est.

Les espèces de poissons sur lesquelles on opère sont les suivantes : Truite commune, Saumon du Rhin, grande Truite des lacs, Omble-Chevalier, Salmo fontinalis et Salmo quinnat, Corégones (Fera ctMarœna).

Les résultats obtenus sont figurés dans le tableau ci-contre.

La dépense annuelle est d'environ î23,000 francs, dont 10,000 pour achat d'œufs et 1,'^,000 pour entretien de l'établissement, etc.

Comme on le voit, les résultats obtenus par les habiles directeurs de l'établissement, M. l'ingénieur en chef Denys et M. le sous-ingénieur Hausser, sont très satisfaisants \

Établissement d'Haybes (Ardoiiiics).

Cet établissement a été fondé par M. Leblanc et a donné de bons résultats. Il comprend : 1° un laboratoire destiné à l'éclosion des œufs; 2° plusieurs bassins d'alevinage; 3° deux étangs alimentés par des sources et un petit ruisseau. Le laboratoire est situé sur le ruisseau même; dans le cours de ce dernier, on a installé une sorte de barrage muni d'une ouverture où l'on a disposé une nasse". Les Truites, à l'époque du frai, remontent la rivière et viennent se prendre dans la nasse.

Les auges d'incubation sont construites en briques et en ciment et placées en gradins ; elles sont au nombre de vingt,

i. Les lignes qui précèdent étaient écrites lorsque s'est produit le terrible accident qui a détruit l'étahlisseniont de Bouzey. J'ai pensé cependant qu'il y avait quelque intérêt à conserver la description de l'établissement disparu. La disparition de l'établissement de pisciculture n'a certainement qu'une importance bien faible, si on la compare aux affreux mallu^urs qu'a entraînés la rupture de la digue. >Iais il n'en est pas moins vrai que c'est là une perte regrettable et qu'il faut espérer voir réparer dans un prochain avenir.

2. Brocchi, liapport sur le cours de pisciculture fait dans les Ardcnnes en 1889 (Bull. Min. de VAgr., n" 8, 1889).

260 LA PISCICI.LÏUIIK DANS LES KALX DOUCES.

dix de chaque côlé. Chaque auge contient une caisse en bois de même largeur, mais moins longue et moins haute qu'elle ; le fond en est garni de toile métallique.

Cette disposition fait de ces appareils de véritables auges californiennes. L'eau employée a une température de 9^ C. Les éclosions ont lieu en quarante-cinq jours pour la Truite ordinaire, en trente-deux jours pour la Truite arc-en-ciel.

Établissement de Seriuaize (Marne).

Au commencement de 1885, on établit à Sermaize, sous la direction de M. Urbain, conducteur principal des ponts et chaussées, un petit établissement de pisciculture.

On installa sur un déversoir superficiel du ruisseau des Fontaines de Remennecourt un bassin en charpente couvert dans lequel on fait passer un courant d'eau filtrée que l'on règle à volonté. Ce bassin est destiné à recevoir des boîtes dont le fond et les côtés sont garnis de toile métallique, et dans lesquelles on place des claies à baguettes de verre pour recevoir les œufs à faire éclore. Ce petit bassin, construit presque sans frais, permettrait d'y faire éclore plus de deux cent mille œufs et d'y élever, pendant environ deux mois, les alevins obtenus. En outre, près de la maison éclusière, on a établi une rigole alimentée par l'eau du canal pour l'incubation des œufs de poissons autres que ceux de la famille des Salmonidés.

En 1889, cet établissement si simple avait donné des résultats : la Saulx, l'Ornain et d'autres cours d'eau semblaient s'être repeuplés en Truites ^

Établissement de Saint-Bon (Haute-Marne).

Cet établissement a été fondé en 1883, à l'École pratique d'agriculture de Saint-Bon, située près des sources de la Biaise,

1. Urbain, Note sur les travaux de pisciculture, etc. (Bull. S. d'Aquic, 1. 1, p. 54).

l'un des principaux affluents de la IMarne. Le laboratoire, alimenté par de l'eau de source*, contient une série de petites auges, les unes en tôle galvanisée et munies de claies en verre, les autres en bois carbonisé, sont simplement à moitié remplies de gravier; il est à noter que chaque auge en sapin carbonisé revient à 2 francs seulement.

Ce laboratoire permet l'incubation de 20,000 œufs à la fois. Depuis I88/1, ce petit établissement a jeté dans la Biaise une quantité totale de JO/i,GOO alevins, dont ;^5 pour 100 environ semblent s'être bien développés. Ces alevins sont conservés dans les auges aussi longtemps que possible, puis ils sont transportés à la rivière et déposés sur une frayère artificielle établie aux sources mêmes de la Biaise.

Établissement de Bessemont (Aisne).

Cet établissement, fondé par M. de Marcillac, à Bessemont, près de Villers-Cotterets (Aisne), présente un véritable intérêt. M. Raveret-AVattel, qui l'a visité, a fourni des renseignements sur cette installation ^.

Le laboratoire est alimenté par une eau de très bonne qualité. Les appareils adoptés sont ceux dits de Coste, légèrement modifiés. On enlève les alevins de ces auges fort peu de temps après leur naissance, et on les place dans des petits bassins en briques et en ciment, ou dans des aquariums en verre gaufré avec ossature en fers cornières.

Quant à la nourriture des alevins, M. de IMarcillac n'emploie que de la rate. Dans les premiers jours, de la rate de veau; un peu plus tard, de la rate de bœuf ou de mouton. !\lais cet aliment est donné cuit. Voici comment on opère, d'après M. Ra-

1. Daguin et Bardits, Ui IHsciculture à l'École pratique d'agriculture de Saint- Bon {Bull. S. C. d'Aquic, t. V, p. 52).

2. HaveretWattel, Une visite à l'établissement de pisciculture de Bcssêtnont, janvier 1893 {Revue Se. uat. appliq.).

veret-Wattel : « Pour le petit poisson qui commence à peine à manger, on fait seulement bouillir la rate pendant quelques instants, puis on la réduit en une bouillie fine soigneusement débarrassée de toute parcelle de la membrane extérieure. Plus tard, on prépare l'aliment avec moins de soin. » Les poissons plus gros sont nourris avec de la viande de cheval. Les alevins âgés de trois mois sont placés dans un bassin d'élevage ayant liO mètres de longueur sur 4 ou 5 mètres de largeur. Ce long bassin est fort peu profond à l'une de ses extrémités (0'",i5 de profondeur) ; à l'autre extrémité, la profondeur de l'eau atteint 0"',80 et même 1 mètre. Placés dans la partie la moins profonde, les alevins, peu à peu, gagnent l'autre extrémité du bassin.

Du bassin d'élevage les Truitelles passent dans un bassin de 40 ares.

L'établissement dispose encore d'un étang de 90 ares et de plusieurs autres pièces d'eau.

M. de Marcillac a eu l'excellente idée de faire transporter ses Truites vivantes dans le magasin de vente, à Paris, et les poissons acquièrent ainsi une plus-value.

Établissement d'Amiens (Somme).

Cet établissement a été fondé, en 1886, par M. Lefebvre, en pleine ville d'Amiens. En principe, je considère comme une condition fâcheuse l'installation d'un établissement de pisciculture dans l'intérieur d'une ville, surtout lorsque l'on ne peut compter que sur l'eau de concession. Mais cette réserve nécessaire une fois faite, il est juste de reconnaître que M. Lefebvre, grâce à des dispositions fort ingénieuses, a tiré le meilleur parti possible de l'espace restreint dont il pouvait disposer.

11 a, en somme, pu établir un établissement complet, c'est-à-dire dans lequel peuvent être exécutées toutes les opérations de pisciculture : fécondation des œufs, éclosion, élevage des alevins, etc.

KTAIiLISSKMKNTS DK IMSCICC LT U KK EN FllANCK. 26.5

Laboratoire. — Le laboratoire comprend une pièce de 16 mètres carrés environ. Sur les parois latérales de cette pièce se trouvent fixées des tablettes destinées à recevoir les auges d'incubation. Ces auges sont en fonte émaillée et munies de claies en baguettes de verre pour recevoir les œufs; ce sont, en résumé, des auges du système Coste. Après la résorption de la vésicule ombilicale, les alevins sont placés dans un des trois aquariums de l'établissement. Deux de ces réservoirs sont comme encastrés dans une des parois du laboratoire ; ils sont placés sur une sorte de chemin de fer, disposition qui permet de les avancer ou de les reculer, et facilite, par suite, les manipulations nécessaires.

Chaque aquarium est alimenté d'eau par un tuyau de fond percé de trous nombreux. Quant au trop-plein, il est formé par un tuyau portant à sa partie supérieure un cylindre dont le fond est percé de trous; de cette manière, l'eau peut s'échapper sans que les alevins courent le risque d'être entraînés au dehors ^ Lorsque les alevins ont acquis une taille plus considérable, ils sont transportés dans une série de bassins d'alevinage situés dans le jardin.

Lorsque j'ai eu à m'occuper de l'alimentation des alevins, j'ai rappelé la manière de procéder de M. Lefebvre pour l'obtention des Daphnies - ; je n'y reviendrai pas ici, disant seulement que lorsque les jeunes poissons sont devenus d'une taille suffisante, ils sont nourris à l'aide de vers (yV«Ï6), abondants dans la vase des mares qui se trouvent aux environs de la ville. Plus tard encore, les poissons sont nourris avec de la viande de cheval hachée. Trois bassins viennent compléter l'établissement. Ces bassins, d'une profondeur moyenne de 0"',/iO, sont plantés d'herbes aquatiques et communiquent entre eux par des canaux souterrains.

L'établissement d'Amiens fournit à son propriétaire une

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