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certaine quantité de poissons, et, de plus, il rend de véritables services au point de vue pédagogique. Les élèves de l'École d'agriculture du Paraclet visitent chaque année l'établissement, et de nombreux propriétaires viennent également y demander des conseils pratiques.
Établissement de Gouville (Seine-Inférieure).
L'établissement de Gouville a été fondé par M. de Germiny, assisté de M. d'Halloy, dans la vallée de Fontaine-le-Bourg. L'établissement est alimenté par les eaux de la rivière de Cailly, dont la source se trouve à 2 ou 3 kilomètres de la propriété.
Cette eau, après avoir été filtrée, pénètre dans le laboratoire servant à l'incubation des œufs artificiellement fécondés. Les appareils d'incubation employés à Gouville sont des auges du système dit de Goste. Ces auges sont en ciment et ont 0™,50 de longueur, 0'",/iO de largeur et 0",2() de profondeur. Elles sont munies de claies à baguettes de verre. Après résorption de la vésicule, les alevins sont placés dans des bassins d'alevinage creusés dans le sol. Ces bassins, vastes, mais peu profonds, sont reliés entre eux par un ruisseau d'eau courante; chacun d'eux peut être isolé des autres par un système de vannes.
Lorsque les poissons sont arrivés à une taille suffisante, ils sont amenés dans un grand étang par un canal communiquant avec les bassins dont je viens de parler.
Cet établissement a donné de très beaux résultats.
Établissement d'Imbleville (Seine-Inférieure).
Cet établissement, propriété de M. de Folleville, est situé à Imbleville, canton de Tôtes, sur les bords de la Saâne, petit fleuve qui va se jeter dans la Manche. Cet établissement présente quelques particularités intéressantes. C'est ainsi que, bien
que la Saâne traverse le parc même et que les eaux en soient fraîches et limpides, M. de Follcville n'a voulu employer pour son établissement ([ue les eaux d'une source abondante dont il est propriétaire. L'établissement comprend : l"" un étang E,
Fijr. 119. — Etablissement d'Iinblovillc.
(fig. 119) qui entoure presque complètement le château servant d'habitation ; 2"" un ruisseau r amenant les eaux de la source dont j'ai parlé tout à l'heure; 3'* une rigole fraijère /'alimentée par cette même eau ; /i° une échelle à poissons s permettant aux Truites de la Saàne de gagner la rigole frayôre; 5" des bassins h b destinés à l'incubation et à l'éclosion des œufs fécondés, et dans lesquels les alevins sont conservés pendant un certain temps.
Voici maintenant comment sont disposées ces diverses parties :
Le ruisseau r amenant les eaux de la source traverse la Saâne sur un pont-aqueduc p et va se jeter dans l'étang E, après avoir formé une rigole frayère /*. Cette rigole est en communication avec la Saâne par une échelle à poissons s qui permet aux Truites de gagner la frayère. De plus, l'étang reçoit les eaux de la source c qui passe sous le lit de la Saâne. Les eaux ainsi captées forment des jets d'eau avant de rejoindre l'étang. Quant aux bassins d'alevinage et d'éclosion b b, ils sont aussi alimentés par les eaux de source qui y sont amenées par un conduit souterrain g. Il est à remarquer que l'établissement d'Imbleville n'a pas de laboratoire; les opérations de fécondation, d'éclosion se font en plein air, sur les bords de l'étang. A l'époque où il convient de procéder à la fécondation des œufs, on se procure facilement des reproducteurs ; en effet, en ce moment, les Truites de l'étang remontent dans la rigole frayère; quelques-unes viennent de la Saâne par l'échelle signalée. La fécondation des œufs ayant été opérée, ces derniers sont placés sur des tamis, sortes de boîtes en toile métallique recouvertes d'une couche de minium.
Ces espèces d'auges, de grandes dimensions, présentent à leur centre un petit tube pour l'échappement de l'air. Les pisciculteurs d'Imbleville pensent que ce petit tube empêche la formation des globules d'air, qu'ils considèrent comme nuisibles à l'évolution des œufs.
Ces auges chargées d'œufs sont placées dans les rigoles d'éclosion, rigoles alimentées par l'eau courante.
Après l'éclosion, les alevins y sont également laissés pendant environ deux mois. Puis on les transporte dans la rigole frayère. Un grand nombre sont ainsi jetés dans la Saâne.
Tel est cet établissement digne d'attirer l'attention et qui existe depuis de longues années. Il fut en effet fondé en 1853 par M. de Folleville père.
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Établissement du Nid-du-Verdier (Seine-Inférioure).
Cet établissement a été créé par le département de la Seine- Inférieure, avec le concours des Ministères de Tagriculture et des travaux publics. Il est situé près de Fécamp et a été placé sous l'habile direction de M. Raveret-Wattel, dont j'ai eu si souvent à citer les travaux.
Les constructions comprennent : i" un bâtiment d'exploitation à deux étages présentant deux grandes .salles de près de 20 mètres de long sur 10 mètres de large, plus une autre pièce et un petit bâtiment annexe; 2" une maison d'habitation comprenant le logement du garde, plus un cabinet de travail et deux pièces de service pour le directeur.
Plusieurs sources prennent naissance sur la propriété même et founiissent une eau abondante, très pure, fraîche en été, légèrement calcaire.
Laboratoire d*éclosion, — Ce laboratoire mesure JO mètres de long sur 4™, 50 de large, a L'ancien canal d'amenée de l'eauS transformé en réservoir d'alimentation, est coupé par des diaphragmes en toile métallique qui arrêtent les corps flottants et pourraient au besoin recevoir des lés de flanelle, afin de constituer un filtre « américain y). Des conduites en plomb partant du réservoir courent horizontalement le long des murs, à l'intérieur du laboratoire, à deux mètres environ du sol et distribuent l'eau par de nombreux robinets aux appareils d'incubation". »
Ces appareils sont constitués par de longues auges en bois, garnies intérieurement de zinc et formant ruisseau ; les œufs y sont mis en incubation sur des claies à baguettes de verre portées sur des pieds qui portent sur le fond môme des auges ; ces
1. L'établissement a été installé sur l'emplacement d'un ancien moulin à tan.
2. Raveret-Wattel, la Station aquicole du Nid du Vcrdier, 1894, p. 2.
'2()8 LA PISCICULTURK DANS LKS K A Ij X DOLCP^S.
dernières, supportées par des tréteaux en fer, sont à un mètre du sol, ce qui permet d'opérer facilement les manœuvres nécessaires. On se sert également pour l'incubation des œufs de petits augets en tôle émaillée pouvant recevoir chacun de 1,200 à 1,500 œufs et qui peuvent être placés sur gradins. Ils sont établis sur le principe des appareils américains, c'est-à-dire à courant ascendant.
L'usage des pinces pour le triage des œufs est ici remplacé par remplois d'une pipette particulière. C'est un petit tube en verre terminé par une demi-sphère creuse sur laquelle est étendue une mince feuille de caoutchouc; le canal intérieur de ce tube est légèrement évasé en entonnoir à son extrémité libre. « Pour se servir de l'instrument, on appuie légèrement avec le pouce sur le caoutchouc et on applique la partie évasée du tube sur l'œuf qu'on veut saisir; puis on cesse d'appuyer sur le caoutchouc; la pression de l'air colle l'œuf au fond de l'entonnoir, et il est facile de le retirer sans déranger aucun des œufs voisins ^ »
Sous les appareils d'éclosion on a construit des bacs en ciment alimentés d'eau courante, bassins qui sont utilisés pour entreposer les reproducteurs ou pour parquer momentanément les alevins. Dans une salle contiguë, on remise le matériel d'exploitation, et c'est là où se trouve installé un hache-viande du système dit enterprise qui fonctionne de la façon la plus satisfaisante.
Les bassins d'alevinage consistent surtout en cressonnières que j'ai eu occasion de décrire plus haut, ainsi que les boîtes spéciales où sont placés les alevins ^
L'établissement fournit une grande quantité de poissons pour le repeuplement des cours d'eau, mais ces poissons ne sont livrés que lorsqu'ils ont atteint une taille relativement considérable. J'ai insisté déjà sur l'avantage que présente cette ma-