MONSIEUR DROUYN DE L H U Y S
EX-MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES MEMBRE DE L’iNSTITUT, PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ D’ACCLIMATATION
Monsieur le Président,
Veuillez me permettre de vous offrir la dédicace de cet ouvrage, dont vous m’avez facilité la publication par votre bienveillant appui.
Ce sera pour moi un faible témoignage de la reconnaissance que je dois à l’illustre protecteur qui m a ouvert la carrière consulaire, en même temps qu’un hommage naturel rendu à l’homme de bien, au patriote dévoué, au savant qui, tout en consacrant son existence aux intérêts de son pays, a contribué si largement aux progrès de l’humanité et de la science.
Agréez, Monsieur le Président, l’assurance de la très-haute considération avec laquelle j’ai 1 honneur d’être,
Votre très-humble et dévoué serviteur,
P. DABRY DE THIERSANT,
Consul de France,
AI embrc honoraire de la Société d'acclimatation.
AYANT-PROPOS
Lacépède, convoquant les naturalistes à l’exploitation au profit de l’humanité de toutes les richesses encore négligées de la nature, disait un jour à ses élèves : « Les sciences que vous cultivez vous imposent de grandes obligations vis-à-vis du corps social. Votre premier devoir est de diriger tous vos efforts vers l’accroissement du bonheur public. Un jour viendra où l’on ne se contentera pas d’acclimater dans sa patrie les meilleures espèces d’animaux et de plantes; on usera de toutes les ressources merveilleuses de l’art vétérinaire ou de la culture des végétaux pour en perfectionner les races, pour en améliorer les variétés... Ces animaux choisis avec convenance fourniront à ceux qui, dans de vastes manufactures ou dans des ateliers séparés, font fleurir des arts mécaniques, des poils plus déliés, des soies plus belles, des laines plus fines, des fourrures plus touffues, des duvets plus doux, des plumes plus éclatantes, des aigrettes plus élancées, des écailles plus transparentes... Des aliments aussi agréables que sains, perdant de leur cherté en devenant moins rares, couvriront alors la table du pauvre aussi bien que celle du riche... Les eaux qui circulent dans les lits de nos rivières, celles qui s’échappent dans nos ruisseaux ou qui se précipitent dans nos torrents, celles encore qui demeurent immobiles dans nos lacs, dans nos mares et jusque dans nos bassins et nos fontaines, ne montre-
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ront jdIlis leur dépopulation actuelle, mais paraîtront animées, comme celles de 1 industrieuse Chine, par des myriades d’individus, d’espèces de poissons propres à nourrir l’homme et les animaux qui lui sont utiles, ou à fertiliser les champs ingrats, en donnant, comme plusieurs centronotes et plusieurs gastérotées, un engrais abondant à l’agriculture... La science de la nature doit changer la face du globe. »
Soixante-treize ans se sont écoulés depuis que le digne élève de l’immortel Buffon formulait si éloquemment et avec tant cl élévation d esprit et de cœur ces vœux humanitaires et patriotiques. Combien, hélas! nous sommes encore loin de leur réalisation! Malgré les découvertes dont notre génération est si fière, les substances alimentaires ne suffisent toujours pas aux besoins des populations; les classes laborieuses, mal vêtues, souffrent encore de l’intempérie de nos climats; et nos fleuves, nos rivières, épuisés par l’imprévoyance d’une société oublieuse, à force d égoïsme, des premières lois de la nature, ainsi que des principes essentiels de l’économie domestique, attendent tristement leur restauration et leur repopulation. A qui en imputer la faute? La marche du progrès, toujours si lente, est en outre trop souvent arrêtée dans son essor par des obstacles plus forts que la volonté humaine. Ainsi, après les terribles calamités qui sont venues fondre sur notre pauvre France et qui nous accablent encore, pouvons-nous avoir dautre pensée que celle de notre délivrance et de notre reconstitution nationale? Rechercher les causes de nos désastres, réparer nos perles, guérir nos plaies, développer les ressources qui nous restent, utiliser celles dont nous n’avons pas su tirer parti jusqu’à ce jour, emprunter avec discernement, comme autrefois les Romains, aux autres peuples leurs meilleurs usages, et aux contrées étrangères les biens que la nature nous a refusés, tel est le but sacré vers lequel doivent actuellement tendre nos aspirations et nos efforts.
Parmi les questions économiques dont la solution importe le plus dans ce moment se trouve en première ligne celle de l’alimentation publique. Jean-
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ni
Jacques Rousseau a dit avec raison qu’on pouvait juger du caractère dune nation par la nourriture dont elle fait le plus souvent usage. Cest en maintenant une juste pondération dans la consommation des produits des trois règnes de la nature, sans négliger de varier les rations alimentaires autant que possible reconnues équivalentes entre elles, que Ion parvient à réunir les meilleures chances pour entretenir l’état normal de la santé, pour augmenter les forces et accroître la vie moyenne des populations. Les recherches expérimentales des chimistes et des physiologistes sont parvenues à découvrir que les substances destinées à 1 homme ne peuvent être à la lois salubres et complètement réparatrices, si elles ne renferment, dans une juste mesure, les quantités de carbone et d’azote nécessaires à chacun, suivant 1 âge ou les habitudes de 1 individu. Les chairs des animaux comestibles, et principalement les viandes de boucherie, qui contiennent le plus de matières azotées, sont éminemment propres à développer nos organes comme à réparer les pertes quiis subissent. Malheureusement leur production en France est loin d’être assez abondante, et nos habitants des villes aussi bien que ceux des campagnes en supportent les tristes conséquences. La dernière guerre, ainsi que les épizooties qui ont atteint notre bétail, nont fait qu’empirer cet état de choses, qui est digne de toute la sollicitude du gouvernement et de ceux qui se préoccupent de l’avenir de notre pays. Les encouragements accordés annuellement à la reproduction, à l’élevage et à 1 engraissement de nos bestiaux, sont certainement d’excellents stimulants et de très-sages mesures. Mais il serait bien à désirer, en même temps, qu’on pût introduire dans nos régions quelques espèces nouvelles différentes de celles que nous connaissons et que nous avons soumises à notre joug. Les efforts tentés dans ce sens par la Société d’acclimatation n’ont pas donné jusqu’à ce jour les résultats que Ion espérait; ce n’est pas une raison, comme le soutenait sans ce.-se 1 illustre et regretté Isidore-Geoffroy Saint-Hilaire, pour nous décourager. Ces entreprises ne réussissent le plus souvent que par une persévérance sans fin. Que dessais
n’ont pas abouti parce qu’ils ont été abandonnés trop tôt! Ce qui! v a de certain,
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c’est que la moisson est à peine commencée et que plus de la moitié du globe reste à exploiter.
Il est une contrée surtout qui mérite plus que toute autre de fixer notre attention : c’est la Chine, qui, après avoir été le berceau de la civilisation, est devenue le lieu des principales domestications. Nous lui sommes déjà redevables des plus grands bienfaits. Nos animaux les plus utiles, nos oiseaux les plus beaux et les plus délicats, nos fleurs les plus odorantes, nos fruits les plus savoureux, nos agents thérapeutiques les plus estimés, sont originaires de cette partie du monde, où sont nés aussi les arts mécaniques et industriels. Pourquoi ne lui demanderions-nous pas encore quelques-uns de ses produits alimentaires qui, depuis trente-cinq siècles, ont servi à faire vivre, malgré les conditions les plus défavorables, la plus nombreuse de toutes les populations?
Les premiers législateurs chinois furent en vérité des hommes bien remarquables, et quand on sait tout ce qu’ils ont lait pour leur pays, on ne s’étonne plus qu’on leur ait bâti des temples splendides et qu’on les ait élevés au rang des génies protecteurs. Les problèmes qu’ils avaient à résoudre étaient loin d’être faciles. Quand on songe que les moindres erreurs économiques peuvent compromettre une nation, qu’est-ce donc quand il s’agit d établir des principes et de poser des règles invariables pour assurer l’existence de plusieurs centaines de millions d hommes, obligés de subsister dans 1 isolement sur une surface limitée, et exposés, comme tous les autres mortels, à ces coups du sort qui déjouent les calculs les plus savants, les combinaisons les plus sages? La méthode analytique fut celle qu employèrent ces profonds penseurs. Après avoir étudié avec l’esprit d observation inhérent à leur race tout ce qui vole dans l'air, tout ce qui nage dans l’eau, tout ce qui se trouve dans le sein ou à la surface de la terre, ils choisirent dans les règnes organiques ce qu’ils crurent de plus propre à la nourriture de 1 homme, et enseignèrent au peuple les moyens d exploiter ces sources précieuses sans jamais les épuiser. Parmi les espèces végétales ou animales adoptées pour base de l’alimentation publique, le riz et le poisson
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furent classés en première ligne, et afin de faciliter la culture de la reine des céréales orientales, on défricha les forêts, on ouvrit les fleuves, on creusa des lacs, des étangs, et au moyen de canaux d irrigation, chefs-d’œuvre de patience et de travail, on donna aux champs, aux vallées, aux montagnes, l’âme qui leur manquait. Ce système hydraulique, le plus admirable, le plus complet qui ait jamais été conçu et exécuté, eut le double avantage de mettre sous la main des cultivateurs l’élément qui leur était nécessaire, et de favoriser la production animale en augmentant le domaine des colonies aquatiques, dont la prodigieuse fécondité semble défier les espaces.
C’est aux Chinois que revient l’honneur d’avoir créé l’aquiculture, c’est-à-dire l’art de faire produire à l’eau tout ce qu’elle peut fournir d’utile à l’homme et de profitable à l’agriculture. Ce sont eux également qui ont inventé la pisciculture ou l’élevage artificiel des poissons domestiques. Au milieu des espèces si variées qui peuplent leurs eaux fluviales, ils ont su en distinguer un certain nombre auxquelles, en raison de leurs caractères physiologiques, de leur conformation et de leurs instincts, ils ont cru devoir donner le nom de poissons de la famille ( kia-yu ). Ces espèces, que I on retrouve dans les viviers de toutes les fermes, appartiennent au genre Cyprin. Elles sont herbivores, grossissent plus rapidement que les autres, atteignent en quelques mois des dimensions considérables, peuvent naître, se développer et se reproduire dans les eaux stagnantes, et présentent une chair aussi saine qu’agréable au goût. Leur origine est encore inconnue. Les ouvrages d ichthyologie chinoise disent qu’elle sont toujours existé dans les grands fleuves de l’empire, où, suivant l’expression des pécheurs, elles sont aussi nombreuses que les étoiles au firmament. Ce n’est que peu à peu qu elles ont été introduites dans les rivières, lacs, étangs, canaux et réservoirs de toute sorte. Pour ensemencer leurs viviers, les pisciculteurs n’ont pas recours comme nous à la fécondation artificielle, qu’ils ne connaissent que très-imparfaitement, et à laquelle ils attribuent à tort ou à raison l’inconvénient de produire des sujets prédisposés à une prompte dégénérescence. Ils préfèrent, à
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1 époque de la fraie, recueillir soit les œufs quils font éclore, ou bien encore capturer les alevins quand leclosion s’est opérée naturellement. Les procédés employés ensuite pour élever les poissons domestiques sont aussi simples que pratiques : on les nourrit avec des herbes aquatiques qu’on leur distribue à certaines heures de la journée. C est en assistant à ce curieux et intéressant spectacle, dans la province de Ilou-pe, que m’est venue pour la première lois, en 1862, la pensée de faire connaître et d appliquer à nos contrées ce mode de culture si parfait et si productif. Seulement, une difficulté me préoccupait alors, .le craignais que des animaux aussi délicats ne fussent point assez robustes pour supporter les fatigues d’un voyage de cinq mille lieues, à travers un Océan soumis constamment aux caprices des vents et des tempêtes. Le premier essai que je tentai lorsque je revins en France, en 1868, me prouva que j’avais eu tort de douter de leur force de vitalité. Le transport s’effectua aussi bien que possible; des macropodes sont arrivés depuis en très-bon état, et tout permet d’espérer aujourd’hui que, grâce à l’initiative de la Société d’acclimatation, nos eaux fluviales et nos viviers 11e tarderont pas à être peuplés de ces hôtes nouveaux qui sont destinés à suppléer largement à l’insuffisance de nos ressources alimentaires.
U11 autre emprunt que nous devrions bien faire à l’extrême Orient, et que je ne saurais trop recommander, c’est 1 adoption des dispositions que les législateurs chinois ont prises depuis un temps très-reculé pour protéger les habitants des eaux contre la rapacité de leurs ennemis et pour assurer leur reproduction ou développer leur propagation. Les droits de la nature, les privilèges de 1 État et les intérêts des particuliers sont garantis à la fois par ces sages et prévoyantes mesures, qui sont basées sur les vrais principes de la liberté et de la justice. Un mandarin de Han-keou, fils d’un pêcheur, et devenu par son travail membre de l’Académie des Ilan-lin, que je consultai un jour sur l’origine de cette admirable organisation, me répondit que nul 11e le savait, mais que l’histoire avait conservé le souvenir de deux traits de mœurs qui prouvent que les règlements sur
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la pêche remontent à une époque très-ancienne. « il y a environ trois mille quatre-vingt-quatorze ans, ajouta-t-il, un souverain de la dynastie des Tcheou avait formulé le désir d’assister avec l’impératrice à une partie de pêche. On était alors à la quatrième lune, c’est-à-dire lorsque les poissons frayent. Un de ses premiers ministres, Tchang-sy-pe, se jeta à ses genoux et lui observa respectueusement qu’il allait violer une des lois essentielles du royaume, et qu un pareil exemple pourrait amener la ruine de l’alimentation publique. — Cela est juste, lui répliqua l’empereur; celui à qui le Ciel a confié le gouvernement d’un peuple doit conformer sa conduite aux droites règles de la raison, et veiller sans cesse sur les intérêts des populations; autrement il n’est pas digne de régner.
» Un autre souverain de la même dynastie s’amusait un jour à pêcher dans un des viviers du palais. On entrait alors dans la cinquième lune. Lorsqu il vint pour lever son filet, il aperçut un de ses minisires, nommé Ly-ke, qui le coupait tranquillement en morceaux. — Que fais-tu donc? lui cria 1 empereur, stupéfait de tant d’audace et furieux. — Je remplis mon devoir, lui répondit froidement Ly-ke; nous devons tous obéissance à la foi que vous m’avez chargé de faire exécuter. L empereur lui fit un riche présent, et ordonna que les morceaux de son filet restassent suspendus dans une partie apparente du palais, pour servir d’exemple aux générations futures.»
Quelle différence, hélas! avec ce qui se passe dans nos pays, où, dans notre ignorance et notre imprévoyance, nous ne respectons rien, nous abusons de tout et nous nous faisons plus que jamais un jeu de détruire follement ce qui est indispensable aux besoins de notre existence. Si nos bois sont dépeuplés, s ils sont tristes et silencieux, si nos récoltes sont ravagées par des insectes dévastateurs, enfin si nos eaux sont devenues presque stériles, ce n est la faute ni de la nature ni du Créateur. Aucune contrée n’est mieux arrosée que la France, qui comprend, d’après Rauch, plus de douze mille lieues de rivières et de fleuves, cinq cent mille lieues de ruisseaux, plus une superficie considérable de canaux, lacs, étangs et bassins de toute grandeur. D’un autre côté, les espèces qui vivent
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dans ces eaux produisent individuellement chaque année des centaines de mille et même des millions d’œufs et d alevins dont la majeure partie ne peut malheureusement jamais parvenir à l’âge adulte, par suite de la guerre insensée que nous leur faisons, concurremment avec les espèces les plus voraces et les plus nuisibles. N’accusons donc que nous-mêmes et notre misérable égoïsme. Le jour où les inventions modernes ont relié plus étroitement les villes aux campagnes, les animaux de nos champs, de nos forêts, de nos rivières, n’ont plus eu ni trêve ni merci; et quand, désespérée, 1 agriculture a voulu réclamer en leur faveur la protection des lois, les braconniers, les maraudeurs et tous ces communeux malfaisants que 1 on trouve partout où il y a quelque pillage à exercer, ont protesté, en déclarant que, puisquil était permis de nier publiquement l’Être suprême et le droit sacré de la propriété, ils étaient bien libres, de par le suffrage universel, de s’approprier des biens qui ont été créés pour servir à l’usage de tous les hommes sans distinction. Ces doctrines audacieuses, encouragées par
notre organisation politique, ont prévalu; les agents chargés de veiller à la conservation du gibier et préposés à la police des eaux ont du s’abstenir de poursuivre les délinquants, et l’œuvre de la destruction a continué impunément jusqu’à ce jour.
Il est cependant temps d’en finir avec des illégalités aussi contraires aux intérêts généraux. La justice est le premier besoin des peuples et la sauvegarde des gouvernements. De deux choses l’une : ou notre législation sur la pêche et la chasse est bonne, ce dont il est permis de douter, et doit être appliquée rigoureusement, ou elle est incomplète, défectueuse et incompatible avec nos institui ions et nos aspirations nouvelles. Dans ce cas, il est indispensable quelle soit étudiée plus mûrement, et que chacun s’y conforme dès qu elle aura été fixée par les mandataires de la nation.
Plus un pays, disent les Chinois, produit de poissons, plus il produit d’hommes. Ce proverbe oriental est justifié par le développement extraordinaire de la population dans le Célesle-Empirc et par les propriétés nutritives, plastiques et pro-
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lifiques que la science a reconnues dans la plupart des animaux aquatiques.
Hâtons-nous de suivre l’exemple du peuple le plus industrieux de 1 univers, et tâchons d’appliquer avec discernement à nos contrées le résultat de son expérience séculaire. Cest afin de faciliter la solution de cette question, à laquelle sont liées la force et la prospérité de notre patrie bien-aimée, que je me suis décidé à publier dès à présent, avec l’assistance du gouvernement et de la Société d’acclimatation, Ja première partie de cet ouvrage, qui comprend :
i° Une Introduction très-intéressante sur la Pisciculture chez les divers peuples , par le Dr J. L. Soubeiran;
2° Une Histoire abrégée de la pisciculture et de la pêche en Chine;
3° Un Atlas de 5i planches gravées représentant i3o instruments de pisciculture et engins de pêche et quelques espèces nouvelles de poissons qui ont été recueillies par mes soins dans les eaux marines ou fluviales de l’extrême Orient, et dont plusieurs ont été déjà décrites sur ma demande par MM. Duméril, Blecker et Guichenot.
La description des autres espèces paraîtra dans la deuxième partie de cet ouvrage, qui contiendra également celle des 85o espèces que j’ai rapportées à mon dernier voyage, et auxquelles j’espère pouvoir en joindre un plus grand nombre encore. Je n’ai point la prétention d’achever la faune ichthyologique de la Chine; mais plein de confiance dans l’aide et l’appui des savants qui m’ont promis leur bienveillant concours, je poursuivrai mon œuvre aussi longtemps que je le pourrai; et si je ne parviens pas à atteindre le but que je me suis proposé, je m’en consolerai en pensant que j’aurai procuré au Muséum de mon pays quelques richesses de plus, que les jalons que j’ai posés serviront à d’autres; enfin, comme la dit Virgile, qu’un seul ne saurait tout faire : Omnia non possumus omnes.