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LA PISCICULTURE CHEZ LES DIVERS PEUPLES

sensible sur la quantité du produit fourni par ces rivières, pour qu’on commence à s’en préoccuper et qu’on demande une protection efficace qui soit capable d arrêter le dépeuplement progressif des eaux.

Les écluses et barrages, construits en grand nombre, et que n’ont pu faire encore disparaître ni les efforts de la Société protectrice de la chasse et de la pêche, ni les dispositions de la législation nouvelle, qui doit assurer un sort plus prospère à la pêche, sont, avec les filets qui barrent le courant et empêchent le poisson de remonter jusqu’aux points où il doit frayer, les causes les plus graves de la diminution du poisson dans la rivière. Aussi a-t-on pensé à établir des passages ou des échelles pour le poisson , mais on s’est heurté contre le mauvais vouloir des meuniers et usiniers, qui prétendent que ces appareils les empêcheront d’avoir en tout temps l’eau nécessaire pour faire tourner leurs roues, et qui s’opposent obstinément à toutes les mesures prises en vue d’améliorer le rendement des eaux en poisson.

Jusqu’à présent, ces difficultés n’ont pu être surmontées.

Bien qu’en aient prétendu quelques personnes, qui affirment que la propagation artificielle du poisson sera absolument inutile pour le but qu’on se propose , il n’en est pas moins reconnu pâlies gens sérieux que l’éclosion artificielle doit fournir un appoint valable à la production annuelle du poisson, puisqu’elle permettra d’éviter, en grande partie, la mortalité qui sévit sur les œufs et les alevins, surtout à leur premier âge, causes qui sont assez puissantes pour décimer encore cette intéressante population.

Se basant sur les enseignements de la France (I) et les succès incontestables obtenus en Angleterre, en Irlande et en Ecosse, M. Knight demande l’application à la Nouvelle-Ecosse de la législation promulguée, dans ces dernières années, au Canada, et l’organisation de quelques éducations dans de petits cours d’eau qui sont des propriétés particulières et offrent les conditions les plus favorables au développement d’une si utile industrie.

D’autre part, la Société protectrice de la chasse et de la pêche appuie cette proposition et pense que le temps est proche où la culture du poisson occupera autant de bras et de capitaux que la culture du sol; car, dit-elle dans une de ses publications, on reconnaîtra bientôt que les eaux sont d’un plus grand rapport que les terres, et on leur accordera une protection égale à celle donnée, sans conteste, aux champs et aux prairies.

Dans 1 État actuel, la Nouvelle-Ecosse ne pense pas à acquérir des espèces étrangères, ce qui n’aurait aucun avantage bien marqué pour ses pêcheries; mais elle se borne à chercher, par la propagation artificielle, à augmenter le rendement de ses eaux en concentrant ses efforts sur les espèces qui les habitent naturellement, et à prévenir les fluctuations de produit obtenu, si fréquentes jusqu’ici et qui sont dues à diverses causes accidentelles.

Par un judicieux emploi de la pisciculture, elle peut rendre certaine son immigration annuelle de poissons, l’augmenter meme, et revenir à cette époque fortunée où les apprentis stipulaient dans leurs conventions (pi on ne leur ferait pas manger de saumon plus de deux fois par semaine.

des nasses à anguilles dans lesquelles les saumoneaux viennent se prendre en énormes quantités, tellement que l’on compte par boisseaux les poissons de cette espèce qu’on donne aux porcs.

(1) Gerbe, Pisciculture ( The River-Jislieries of Nova-Scotia , p. 72).

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PISCICULTURE FLUVIALE

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La Chine a raison d’être fière de son passé. Ses premiers législateurs furent des hommes éminemment remarquables, et le culte que leur ont voué les générations reconnaissantes s’explique plus aisément, quand on sait les immenses services qu’ils ont rendus à leur pays. Que de problèmes économiques ont été résolus par ces profonds penseurs, par ces vrais sages de l’antiquité! C’est à cette époque reculée , où nous étions encore plongés dans les ténèbres de l’ignorance et de la barbarie, que remonte l’origine de la pisciculture, c’est-à-dire l’art d’élever artificiellement des poissons, dans le but d’en assurer et d’en favoriser la reproduction constante et appropriée aux besoins du peuple.

Cet art, qui est basé sur la connaissance parfaite des mœurs des poissons et des caractères physiologiques particuliers à chaque espèce, exige par-dessus tout une grande expérience pratique. Les pisciculteurs chinois ont classé les poissons d’eau douce en deux familles principales auxquelles ils ont donné le nom de Kia-yu , poissons domestiques, et de Fê-yu, poissons sauvages. Les poissons domestiques comprenant quatre espèces : Vong-yu (Hypophthalmichthys, Simoni), Pe-lien-tsee-yu (Hypophthalmichthys, Dabryi), Tsm-yu (Leuciscus idellus), Hoên-yu (Leuciscus æthiops), sont les seuls, avec la carpe et l’ophicéphale, qu’on élève dans les viviers. Les poissons sauvages, dont le nombre est considérable et auxquels on reproche ou la voracité, ou le défaut de taille, ou la lenteur du développement, ou l’impossibilité de vivre dans des eaux stagnantes, servent au repeuplement des cours d’eau devenus stériles ou ne donnant plus que des produits insignifiants.

La plupart de ces poissons frayent , en général, du 5 avril au 1er juin. A cette époque, lorsqu’il pleut, ou bien lorsqu’à un vent assez fort et à une ondée d’orage succède un temps calme et serein , on peut apercevoir à la surface des eaux des milliers de poissons, qui nagent en décrivant deux par deux les figures les plus fantasques, puis tout à coup plongent et disparaissent. — Ce phénomène, que les pêcheurs observent avec beaucoup d’attention, est un indice certain que les femelles des poissons ne tarderont point à déposer leurs œufs, soit sur les plantes aquatiques, soit dans des trous plus ou moins profonds au milieu des eaux vives et courantes. Pour reconnaître ces trous, des pêcheurs plongent et cherchent avec la main les endroits où se développe un peu de chaleur , puis au moyen d’un petit filet à mailles très-serrées, ils recueillent le frai qu’ils mettent dans de petits cuviers de bois contenant cinq centimètres d’eau environ. — Ces cuviers sont ensuite exposés dans un lieu frais, ombragé, mais ou les rayons du soleil peuvent pénétrer. Aussitôt que 1 éclosion a eu lieu, les alevins sont versés dans un autre vase rempli de quinze centimètres d’eau que l’on a soin d’agiter pendant quelque temps avant de s’en servir. Ces vases doivent être couverts d’une toile légère : l’eau en est changée cinq fois par jour, s’il fait trèschaud, ou bien trois fois seulement si la température n’est pas trop élevée; on se sert pour cette opération d’un filet de gaze très-fine nommé Kie-kao (Voir la figure 4, planche XXXIV). — Nous

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dirons plus loin comment les alevins sont nourris et soignés jusqu’au moment où ils sont mis dans le réservoir disposé pour les recevoir.

Dans l’ouest de la Chine , au Sse-tchuen , à l’époque du frai , on place dans les rivières et sur les bords des grands ruisseaux de la paille, des herbes et de petites branches d’arbre (1 . — Chaque jour on enlève les œufs, que l’on porte au marché, où ils sont vendus à vil prix. — On les fait ensuite éclore dans une rizière bien exposée, ou dans un vase de terre de forme tronc-conique. Les alevins sont transportés dans une autre rizière où il n'y a pas de poisson adulte et où ils sont nourris jusqu’à ce qu’ils aient atteint 2 ou 3 centimètres. On leur donne alors la liberté. Les rizières inférieures sont empoissonnées par les alevins des rizières supérieures, dont une partie gagne les cours d eau voisins (2).

Dans la province du Hounan, les pisciculteurs recueillent les œufs de poissons (yu-tsee) , que l’on ne peut se procurer, dit-on, que dans le district de Ivi-ngan-hien, qui est arrosé par une rivière, le Siang-kiang, large à peu près comme la Seine, et dont les eaux coulent du sud au nord après être sorties des montagnes du Kouang-si. Les bords de cette rivière, de Pa-fang à Heng.-cbanhien, sont tapissés de roches et de très-grosses pierres. C’est dans cet espace de 30 lieues environ, qu’à l’époque du frai, les pisciculteurs viennent tendre leurs filets (keou-tsée) (V. pl. XXXIV, fig. 1), sorte de nappe en urtica nivea, à mailles extrêmement fines, mesurant de 20 à 25 pieds de longueur sur 15 à 1 8 pieds de largeur, et que l’on attache à deux pièces de bois formant un angle dont 1 ouverture est égale à la largeur du filet. Ces deux pièces de bois sont encastrées dans un petit radeau en bambou, sur lequel s’élève une cabane pour le pêcheur. Devant le filet, et quelquefois sur les côtés, sont fixées des boîtes carrées en urtica nivea (yu-yang-siang) (pl. XXXV. fig. 2), ayant 3 à 4 pieds de côté et destinées à recevoir les œufs que le pêcheur recueille à l’aide d’un havenau en urtica nivea, emmanché d’un long bambou. Lorsqu’à la suite des pluies ou de la ionte des neiges , les eaux jaunes du Siang-kiang descendent avec une rapidité torrentueuse, c’est un curieux spectacle de voir cette multitude de pêcheurs armés de leur keoutsee et occupés sans cesse à changer l’eau du filet pour la verser dans la boite. Après quelques heures de travail, ils remplissent une assiette d’eau puisée dans la boîte et examinent si elle contient une quantité d’œufs suffisante; ils remplacent alors la boite par une autre de même forme. Les œufs sont transportés au moyen de paniers ( yu-yang-lo ) (pl. XXXV, fig. 1) dans des bassins ou ils sont conservés dans de grandes boîtes en urtica nivea, semblables à celles que nous avons décrites. Les alevins, une fois éclos, sont nourris pendant plusieurs jours avec des eaux grasses, de l’eau de fumier (excréments liquides), qu’on leur distribue trois fois par jour. Quelques pisciculteurs leur donnent également du jaune d’œuf (1) (non cuit et battu) de poule et de cane,

(1) Dans le Hou-pe, on dispose également dans les lacs de la paille, des herbes et des branches d’arbi-e, sur lesquels les poissons viennent déposer leurs œufs.

(2) D’après le Nong-pou-sse-chou , autrefois, dans certaines provinces, les pisciculteurs examinaient les endroits des fleuves, rivières et lacs où les poissons venaient déposer leurs œufs, et lorsqu’ils supposaient que la fécondation était opérée, ils transportaient la terre qui recélait ces précieux dépôts dans leurs étangs ou viviers et attendaient que l’éclosion se fit naturellement.

(3) Dans la province du Iiiang-si, près du lac Po-yang , beaucoup de pisciculteurs recueillent les œufs ( yu-miao ) et les font éclore artificiellement dans des vases dont l’eau est renouvelée trois fois par jour. Après une dizaine de jours, si la température est favorable, l’éclosion commence. On verse alors sur la graine, trois fois par jour, un peu de jaune d’œuf de poule non cuit et bien battu, et qui sert de nourriture aux alevins

mais cet aliment offre de très-graves inconvénients; il est, d’après le dire de la plupart des éleveurs, trop froid et nuisible à la reproduction des espèces. Lorsque les alevins sont un peu plus gros, on leur distribue une pâte faite avec des haricots ( lou-tcou ( phaseolus ) écrasés et cuits dans l’eau, ou bien du résidu de graines de sésame écrasées ou pilées pour faire de l’huile. Le son d’orge est également très-bon. Dès que les pisciculteurs peuvent distinguer les espèces sauvages des poissons domestiques, ils ne conservent que ceux-ci et se débarrassent des autres. Quelquesuns élèvent, en même temps que des poissons domestiques, des carpes et des ophicéphales, dont la chair est excellente et dont la nourriture consiste principalement en mollusques, larves, etc.

Dans le Ilou-pe, le Kiang-si, le Ngan-hoey, les pêcheurs ne recueillent point les œufs de poissons, mais seulement les alevins après leur éclosion. On se sert, à cet effet, d’un filet, hia-ken (V. pl. XXXIV, fig. 2), composé d’une nappe en urtica nivea , à mailles très-serrées, mesurant 15 à 16 pieds de longueur et 7 à 8 pieds de largeur. Une des extrémités est terminée par une manche de 30 à 35 centimètres de longueur et de 8 à 10 centimètres de diamètre. Le filet est attaché à deux bambous placés obliquement, ayant 20 pieds de longueur et 8 à 10 centimètres de grosseur. Aux points de jonction sont fixés deux autres bambous un peu moins forts, qui servent à tenir écarté le filet que des poids de 1 livre 1/2 à 2 livres maintiennent dans l’eau à une profondeur de 2 pieds à 2 pieds 1/2. La manche pénètre dans un autre filet en urtica nivea , qui a la forme d’une boîte sans couvercle, mesurant 30 centimètres de hauteur, 18 de largeur et 22 de longueur. Des bambous liés aux deux faces (supérieure et inférieure), qu ils dépassent de 10 centimètres, font que le filet reste à la surface de l’eau. Le ken se tend à une distance de 4 à 10 mètres du rivage, suivant la profondeur de beau. Les endroits où il y a un contre-courant sont préférables. A l’époque de la fraye, on dispose un, deux, trois, quatre de ces filets à côté l’un de l’autre. Un assez gros bambou qui est tenu au rivage par deux cordes, et qui est amarré aux bois des filets, empêche le courant de les entraîner. On les laisse ainsi nuit et jour. De quart d’heure en quart d’heure, si l’alevin donne, comme par exemple après les temps d’orage, on visite la boîte dans laquelle il vient tomber après avoir traversé le filet. Lorsque la boîte est suffisamment remplie, on la vide avec une cuiller de bois. Un baril reçoit les alevins, qui sont ensuite passés au crible, puis déposés dans une autre boîte ( yu-yang-siang ) en urtica nivea, semblable à celle des ken, mais de dimensions sept ou huit fois plus considérables et que bon attache près du rivage à deux poteaux enfoncés solidement dans beau. Les alevins ressemblent alors à des fils de 5 à 6 millimètres de longueur. Malgré leur exiguïté, les pêcheurs savent distinguer les espèces.

Houen-yu (1) et tsin-yu (2) se reconnaissent facilement par leur couleur noirâtre et par leur immobilité au milieu des autres alevins. — Vong -y u (3) a le corsage noirâtre, les yeux brillants, la tête assez grosse. — Pe-lien-tsee-yu (4) ne diffère du yong-iyu que par le corps, qui est plus <• blanc. Ces deux espèces sont toujours en mouvement. — Mien-yu (5), grosse tête avec deux

pendant un mois environ. On leur donne ensuite de la pâte faite avec de la farine de haricots et des jaunes d’œuf.

(1) Houen-yu, Leuciscus æthiops.

(2) Tsin-yu , Leuciscus idellus.

(3) Yoncj-yu, Hypophthalmichthys (Simoni).

(4) Pe-lien-tsee-yu, Hypophthalmichthys (Dabryi).

(5) Nien-yu, Silurus xanthosteus.

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barbes, queue assez longue. — Ly-yu (1) comme Yony-yu, seulement couleur un peu plus noi râtre et terne. — Houany-yu (2), tête longue, bouche petite. — Ou-yu (3), très-petit, très-noir, faisant bande à part. — Houey-yu (4), corps blanc, brillant. — Pao-liou-yu (5) ressemble à un morceau de peau. — Houany-chany-yu (6), tête noire, queue courte. — Kan-yu (7), corps plus grand que les autres, tête plus petite. — Houany-liny-yu (8), petites taches sur le corps. — Les autres espèces d’alevins ne sont pas reconnaissables.

Les alevins sont conservés dans le fdet nommé yu-yany-siany , jusqu’à ce qu’ils soient vendus à des marchands qui, à l’époque de la ponte, arrivent de toutes les provinces voisines, soit à pied, portant deux grands paniers sur leurs épaules, soit dans des bateaux chargés de vases de terre disposés en étagère.

Nous avons vu cette année dans une crique, à cinq ly de Kieou-kiang, plus de quatrevingts jonques, dont quelques-unes jaugeaient au moins cent tonneaux, attendant à l’ancre que leur chargement d’alevins fût complet. Ces jonques venaient du Kiang-si, du Ngan-hoey, du Kiang-sou et du Chan-tong. Il en est de même sur tout le parcours du fleuve jusqu’au Sse-tchuen. Audessous de Kieou-kiang, les pêcheurs prétendent que les eaux du Yang-see-kiang commencent à se ressentir du voisinage de la mer et que les alevins ne dépassent pas cette barrière naturelle.

Le commerce d’alevins est assez important. A Kieou-kiang seulement, il s’en vend annuellement pour plus de 2,000,000 de francs. Les pêcheurs qui se livrent à cette industrie payent au trésor une redevance de 0 fr. 90 à 1 fr. 80 par ken , suivant les localités. Un ken coûte avec les bambous de 30 à 36 francs et peut durer dix ans, en le réparant quand c’est nécessaire. Vingt ken produisent , année moyenne, 100 tiao ou 600 francs de bénéfices nets. Généralement ces 20 ken appartiennent à quatre associés, propriétaires de deux barques nommées koua-tsee. A Kieou-kiang, les pêcheurs d’alevins sont organisés en sociétés composées de huit associés possédant 30 ken.

Les alevins sont vendus au tan , dont le prix moyen est de 2 à 3,000 sapèques (8 à 10 francs). Chaque tan représente 2 bols pleins d’alevins qu’on verse dans deux paniers ( yu-yany-lo . V. la figure 1, planche XXXV) ayant 12 à 14 pouces de profondeur, 10 pouces de diamètre à l’orifice et 7 pouces à la base, et qui sont enduits à l’intérieur d’huile d elœococca verniciflua. On les remplit d’eau jusqu’à 4 pouces de l’ouverture.

Les soins journaliers et la nourriture à donner aux alevins dans les paniers sont les mêmes que pour les alevins après leur éclosion. Nous ajouterons seulement qu’en prévision des pertes occasionnées pendant le trajet, qui peut être de quarante à cinquante jours, il faut avoir bien soin d’enlever les morts, afin de ne pas compromettre l’existence des vivants. Les alevins qui proviennent du frai recueilli dans les eaux staynantes , et que l’on a fait éclore artificiellement, ne peuvent, dit-on, supporter un transport de plus de 300 ly ou 30 lieues.

(î) Ly-yu, Cyprinus obesus.

(2) Houany-yu, Acipenser Babryanus.

(3) Ou-yu, Ophicephalus.

(4) Houey-yu, Àdelapeltis angusiieeps.

(5) Pao-hou-yu , Coïlia.

(6) Houany-chany-yu , Bagrus calvarius.

(7) Kan-yu, Elopichthys bambusa.

(8) Houany-liny-yu , Barbus.

A leur arrivée à destination, les alevins sont vendus tels qu’ils ont été achetés , c’est-à-dire poissons domestiques et autres, indistinctement, pour le repeuplement des lacs, étangs et petits cours d’eau dans lesquels on verse chaque année environ sept à huit paniers ( yu-yang-lo ) d’alevins par pièce d’eau de dix Ig ou une lieue de périmètre. Les fermiers généraux, comme nous le verrons plus loin, sont chargés de l’exécution de cette excellente mesure.

Lorsque les marchands d’alevins ont vendu la quantité nécessaire pour l’alimentation et le repeuplement des grandes pièces d’eau, ils déposent les autres alevins dans un réservoir fait, autant que possible, en terre argileuse, bien battue et tassée de manière à ne pas laisser la plus petite fente. La profondeur du réservoir est d’un pied et demi environ; sa surface d’un meou ou un meou et demi (1 meou, 59 ares 25 centiares); 9 à 10 pouces d’eau sont suffisants. Pendant l’été, un toit en nattes supporté par des bambous garantit les alevins des rayons du soleil. La nourriture journalière consiste dans un quart de cliên (1 chên , 1 litre 31) de lou-teou ( phaseolus ) cuits dans beau et réduits en pâte. Après dix jours, on remplace les haricots ( phaseolus ) par du maping ou résidu de graines de sésame pilées ou écrasées. Lorsque les alevins ont atteint 1 pouce et demi ou 2 pouces de longueur, on en fait le triage et on les vend à ceux qui veulent ensemencer leurs viviers. Voici le prix des quatre espèces de poissons domestiques, au printemps de

cette année, dans la Chine centrale :

Pe-lien-tsee-yu, le cent . . 0 fr. 90

T s in- y u I

v > Leuciscvs dubius, le cent. . 0 60

1 sao-yu j

Yong-yu, le cent . . . 1 80

Ly-yu (carpe), le mille . 0 30

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