CHANT TROISIEME
■DprAma ou jkdora lel 11
, « TorT se urnme en ré.o^U et » P«"*"^;
» tienees , dit le prince des orateW* n»"^ .
. .hTcl,., d.. p„.,.. J™. ,j^„ ,p« j,^
• lm„ .„ g,^, ma, >>li\. ,»* . tff^Ji, , ^'^'
• !• bo.cfe duprophèl, 3 , a»' Jl«* j.»»» "
i^S NOTES
» Seignetu*, a varié envers moi; et je lui ai dit : Je » ne serai plus votre pasteur. Que ce tfuidoit mou- » rir aille à la mort; que ce qui doit être retranché » soit retranché ,• et que ceux qui demeureront se » dévorent les uni les autres» » ( Zach. , ii , 9. )
BossuET. Oraison funèbre de la reine d^An^ gle terre.
2t (^ue rexemplc affreux de noi dWiiions, D'un salutaire effroi frappe lea nations.
n ne faut pas , sans doute , faire des récits et de» peintures de nos malheurs , un moyen de les renouyeler en réveillant les haines et les souvenirs de vengeance ; mais il ne faut pas non plus que les leçons du passé soient perdues pour Pavenir ; il faut que les vices et les crimes honteux soient flétris dans la postérité ; il faut que les vertus et les actions héroïques soient présentées à Padmiration des siècles par ceux qui en furent les témoins. Rien ne serait plus contraire à la morale publique , et plus funeste aux générations futures , que de laisser confondus , et de voir placés sur la même ligne , par les historiens et les poètes , la rébelUon et la fidélité , les victimes et les bourreaux.
3) PAGE 71 f VERS 30.
Ija hache est aan* repoa , la crainte sans espoir^ Le matin dit le* noms de» i^ctimee du «eir.
proclamaient dans tout Paris la, "^ . "■"""' 1
""lî :3, TEBS 8.
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iMomphe , et ïous m ' '"""■- ]''i éti port* en
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«K..,. ,ae ""l"» a. 1. .
qu^ils ont long-temps rampé devant le pouvoir qu'ils ont détruit. Cette pièce de vers était adressée à Louis ^y I ; elle fut envoyée à Tabbé Aubert , avec prière de la publier dans son jorn^nal. Ce estimable journaliste jugea les vers très-médiocres , et ne les fit point imprimer ; il les jeta dans un carton , où il avait coutume de reléguer toutes les pièces inutiles , et qu^il appelait plaisamment le cimetière des innocents. En 1^93 , il exhuma les vers de Foaquier de Tinville , et les portait toujours avec lui comme une carte de sûreté , bien décidé à les lire devant le tribunal révolutionnaire, s^il y était traduit. C^est de Pabbé Aubert lui-même que nous tenons cette pièce ; plusieurs personnes Pont vue entre ses mains , et peuvent en attester Tauthenticité.
f^efs que ton prie Messieurs les Rédacteurs du journal d'insérer dans leur feuille.
D^une profonde pais illat goûtioot les douceurs ,
Mâme ou mittcu des fureurs de la guerre.
Louis sut , en tout temps , la donner à uos c«surs. En l'accordant i la fière Angleterre,
Iionis admet ses ennemis
Au rang de ses enfants chéris.
Sous l'autorité paternelle
De ce prince , ami de la paix , lit France a pris une splendeur nouTclIe , Et notre amour égale ses bienfaits.
FouQvixB B« TXVTIX.1.B, abonné.
DU CHANT Iir. 179
Ces Ters poraraieni »ssurémfnt être meilleurs ; mais ils ne lussent point de doute sur lei sentiments que l'auteur sifait, ou qu'il feignait d'avoir; mais au reste toutes les époques de notre rcvohition oat ofiert de pareil j contrastes , de semblables contradicùans ; et ceux qui se sont njontrés les plus liolents dans iin parti , Sont presque toujours ceux-là mêmes qui ont ensuite affiché le plus d'enthoiisiasine pour le parti contraire.
'1 ÏAM 5Î, Yïlis 18.
On suit qu'il n'était point de fête révolulionnaiie ou Ton ue chanUt des hymnes en l'honneur de U liàerté , de l'égalité , de la raiion , et de tonlea les divinités du jour. Mais , heureusement , il ne teste rien de- tontes cearapsodïea populaires , non plus que des monuments qui ont été élevés par les factions triomphantes. Il sem- We À l'observateur , que les pïrlia aient eu la conscien J.kurdm-é,. n,,Wcon„„él,i.pm.«n" 1" »■' ies mol^^eats d'un jour , qu^ paC ^"^ statues et ^^
o ont jamais m iuTum^e, . suï ^ eai^on. T*
i8o NOTES
Dans le procès de Carrier , on trouve cette déposition : Naudy dépose que, se ti'ouvant un jour chez Carrier «Tec quelques généraux ^ il enteùdit Grandmaison leur dii'e : « £n yoilà deux mille huit tents d^ex- 3> pédiés } et sur la demande de Pexplication de ce pro- •y pos , Carrier répondit : Quoi ! yous n^entendez pas c* » que cela yeut dire ? c^est que j^en ai fait descendre « deux mille huit cents dans la baignoire nationale. »
AtUeuri , la cruauté , fière d^un double outrage, Joint l'iniulte à la mort , lUronio à la rage.
Tout be^monde connaît le mot féroce de Dumas , président du tribunal réyolutionnaùre , qui, interrogeant une femme plus que sexagénaire , et ne pouyant en obtenir de réponse à cause de sa surdité , dit au greffier : c( Écriyez qu^elle a conspiré sourdement, » On se rappelle aussi la lâcheté de son confrère Coffinhal , qui , après ayoir prononcé la sentence de mort d^un maûtre en Tait d'armes , lui dit : Pare cette botte4ày si tu ,peux.
9) PAGB 74' ^'^s '3*
Et lubmergj , en riant de leur* civiquea nvutU, Lei deux Mxet uni* par un bymen affreux*
~ DU CBANT III. 181
. Curicr est accusé par Philippe Fronjolj Et plusieurs autres lémoids , d'avoir provoqué tes mariages républicains j qui consîataîeDt à auspmdre ^ pendant une demi-heure , un ieuDe booime avec une jeune femme , ilenr donner ensuite ^iQ coup de sabre sur la l^te , et a lis précipiter enfin dans l'eau.
Voici ce que dit à ce sujet l'accasateur public , dans sou exposé des crimes de Carrier et ses complices , le 16 octobre '794-
R Jamais la lime du temps n'efiacera l'empreinte dea
■ forfaits commis par ces hommes atroces; la Loire » roulera toujours des eaux ensanglantées , et le marin i> étranger n'abordera qu'en irembUat sur les cotes coo-
■ vertes des ossements des lictinie» égoif ées par la > barbarie , et que Us flots indignés aoront vonùs sur
. ■>) »1CB 7S, Vus a.
Qii. U foudriRi^ubU, •i<|ihI< bruMo-
Après le siège de Toulon, ^j «and nombre de citoyens de celte TÎUe lurent r^w j^i lia» P^»:* \ °^'^'
wjens ae cette Tiue lurent r^ij-. g^ W" "f — i
ordres étaient donnés de ij„^ „ûï. V m""^^-.^ ,
dép„.iFréron,quiassist»ir*^a*T ^v^^'^S^ \ \
se promena froidement su^ « -V^® A^***'* ' \
i8a NOTES
aperçu que quelques-unes des dictâmes avaient échappé ila mitraiUe , il s'écria tout haut : Que ceuxquine sont ^ pas morts se relèvent, Id république leur pardonne. Quelques-uns de ces malheureux se releyèrenf en effet, et Pordre fut sur-le-champ donné de les fusiller. La circonstance de ce massacre , qui est la moins connue , est peut-être celle qui mérite davantage de Tétre ; c^est que Partilierie qui futTinsti'umentde ces atrocités , étsût commandée par rusui*pateur du trône de Saint-Louis , alors chef de bataillon. La même scène , à quelques circonstances près , s'est répétée à Lyon , par ordre du comédien Collot d'Herbois.
>0 PAGE 76, y sas 16.
Lamballe a «uccombéy'LainballeyVdont le séU A sa' reine, en mouranti est demeuré fidile; Bt ces cheveux si beaux , ce front si gracieux » Dans quel état , A ciel, oa les montre à ses yeux!
La princesse de LambaÙe avait été trop désignée aux bourreaux , pour leur échapper. Amie de la reine dans ses jours de bonheur , eDe fut aussi sa compagne fidèle dans ses longues calamités. Arrêtée dans la journée du 10 août 179a , elle fîit conduite à la prison du Temple y avec la famille royale. Heureuse de souffrir avec ses maîtres , eUe pouvait du moins contribuer à adoucir leurs maux , et elle était résignée à tous les sacrifices ; mais elle n'eut pas long-temps cette consolation ; au bout
CHANT m.
Je qnelqaes jours, on ïint l'aiTSiobcr des brss delara
■I dans la prison de la 13 poui' l'égorger , U
, ils parurent oublier im moment leur cruauté. lieutot, leTCDUS à eui-mémes, ils l'accablèrent clives ; et, pour la tourmenter encore davantage , ide Urebe. On veut i,Don,s'écrie-t-elle, mps , elle se sent dé' . c'est en ce mooient qa'elle est frappée. Son corps sanglant fut bientôt déthiré par ses meurtrier] , et sa tête fut portée au bout d'une pique , devant le Temple ourles assassins essaya' f^t, pai' leurs eris , d'attirer les regarda de la famille rojale. N'ayant pn y réussir, deuï d'entr'eui montèrent dans la prison , et s'adi-essant i, la reine , il lui dirent froidement : « Nous voulions te montrer la têt» " de la Lamballe » A ces mots la princesse tomba " évanouie. C'était tout ce que voulaient les assassms ; ils se reûrirent.
ils couvrirent d'opprobre le n qa'elle répète ces outrages, n P > jamais , jainais. » En même
faillir, ses yeux se ferment , l frappée. Son corps
Im ttH d'ut
Une même
"'*'ti.4,J«» *•"*''
acuon a pp
est vi,iMo^ 'tï.
, i84 NOTES
le sort des grands hommes , d^inspirer ou de rappeler les beaux vers.
N (3) PAGE 78, TEM a3.
J*«nt«nd« encoi ces voix, ces lanentablee veiz , Cet veiz 1 • Sauves la reine et le «ang de noi reis l m
L^auteur ne [se dissimule pas que ces vers ne soient encore une imitation.
»4) PAGE 79, VERÉ 34.
Au milieu de ^horrible phalange ^ Vient à pat leats ce char où brillent à>la-foi* Jie eaag des enpereure et celui de nos roii , Lnnt ce que le malheur offre de plue auguste , l>«« .nères la plus tAdroi et des rois le plus juste.
On peut lire les détails circonstanciés de cette affreuse journée , et de tous les malheurs qui ont accablé la reine Marie-Antoinette , dans Varticle que les auteurs de la Biographie universelle ont consacré à cette princesse.
l^) PAGE 81 , VERS 4-
Cependant) en approche , on découvre ces liens Oà Tairain reproduit son aïeul à ••• yeux.
DU CHANT III. i85
C'est la pUce de Louis XV , appelée depuis pUce de Il Concorde, dont il est ici queslioa. Aamilieu de cette place «Uitla aUtue équeitre daLoiûa XV. C'est là qu'au mariage de Louis XVI > on gi-ind nombre de persoDoeï (m'eut étiiuffécs d*Da la foule ionombrable qui se preilaic sur son passage. Cette même place a tu p^rir lei deux £poux sur l'jchafaud !....
•*) PAUE 8a, VEB» ao.
Après le inalbeaTeux lojage de Varennes , la captivité de la famille royale duu le cbliteaD des Thuileries , fut absolue et sans le moindre d^giûse- . ment. Les augustes prisonnier» ne purent plus se promener dans le jardin , qu'à des heurei réglées et entourés de nombreux auneillans. Comme le public en était exclu lors que cette promenade aiait lien , on entendit souvent les gardes nationaux qui étaient cbargés de l'expulser , dire grossièrement; icHetirei-ious, -onva/ÂcAerleroi. u
M. de Lafayelte stûi fait laetue 4""» ^ cWmb»" i concLer de la reine , mé[j,ç i)aA ^ t™*' **"
factionnaires qui n'élaicni , ï Ae teWje çi
que par soldat i
i86 NOTES
josqu^à s^asseoir sur le lit de cette prince&se y et voti' loir entrer en conversation avec elle.
'7) PAGE 83, VBBS 8.
£h bien ! tous , qii^offcBsait ta puiaMBca ■uprème } Des honneurs outrageants de ton vain diadème ^ Yenes , que tardcz-Tous de dépouiller son front. Termines , il eat temps , cet éclatant aflh>nt.
L^as S emblée , dite constituante, avait dépouillé le trône de toute splendeur , de toute dignité , de tout ce qui agit sur Timagination des peuples ; elle avait tenu le roi dans une captivité honteuse , et brisé tons les liens qui attachent le peuple à son souverain.- La royauté avait été avilie et rendue odieuse^ il ne restait plus qu^un pais à faire pour mettre le comble à tant d^attentats j rassemblée qui la suivit s^en chargea : elle commença par la journée du ao juin , et celle du lo août consomma les désastres de la France.
>8) PAGE 83, VBis ao.
Hélas! toujours trompé , mais espérant toujours^ l/ouis à Met tyrans Tient confier êc» jours. . On l'insulte , on l'outrage ; et des décrets funestes De son titre rejrat ont déchiré le» refetea.
A Piipproche des brigands qui venaient forcer son
DU CHANT m. 181
pliait , rinlartanj monarque , conduit par de perRdes conseils , s'était retira , avec toute sa famille , dans le sein de rassemblée. Celle-ci, incertaine encore du succès de la joiu-aée , lembla respecter ses augustes lictimes. Le roi se plaça à c&té du président. Mais cette pTemière impreasion dura peu. Un député fit l'observatioD ironique et barbare , que l'assemblée ne pouvait délibérer en présence du roi. Louis iiit obligé de descendre du fauteuil qu'il occupait à côté du président ; on le piaf a , lui elsa famille , dans une logé de joumalittes , derrière le bureau. Cest là qu'il tut condamné a déTorer pendant trois jours lea plus sanglant* outrages dont jamia le cieuc.d'mi homme ait été abreuvé. C'est U qu'il entendit Vergniaud lire , et l'asaemt^e adopter sur-Je-cHunp , le décret qui portait la suspension et soQ emprisonnement avec toute sa famille.
Ancien palais des rois d'Angletene , oùCliarles I". resta long -temps prisonnUt «* i'oî^ >* a"'*'^ V"" monter sur l'échafaud. l,\„r.- \r^tiae deUmort de ce pru.ce est rehg.eusement T^ef*^ ^ 2 A A To^B con.n.e un jour de jein« ^^^O^^J AoO^*«*^\^^
i«8 NOTES
U France célèbre aussi le 21 janyier , par des prière» et des cérémonies religieuses et expiatoires.
**») PAGE 86 , VBas 2.
D^autrei du jour fatal retraceront l*iinag« ^ Dant ce Taate Parit, le calme du cercueil; Let citoyens, caché* dans 'leurs maisont en deuii, Croyant sur eux du ciel Toir tomber la rengeance.
Lorsque le roi sortit du Temple , Paris ressemblait k une vaste solitude ; les rues étaient désertes , et Ton ne rencontrait que des piquets ou des patrouilles armées. Un ordre sévère avait prescrit de fermer les croisées. Un temps nébuleux , un brouillard froid , ajoutaient à la tristesse , à Pinquiétude générale. Le . roi seul , dans ce moment , assis à coté de Tillusti'e abbé de Fiimont , allait avec calme à la mort ; il ne s'occupait plus que de son salut , et son visage annonçait toute la résignation et la sérénité de son ame.
a») PAGB 87 , VERS 19.
Ah ! eonhten ses malhen^ se sent appesantis!
Elle n'a plus d'époux , et tremble pour un fils.
Tous le$ détails relatifs aux malheurs de la famille royale se trouvent rassemblés avec beaucoup de soîa
DU CHiNT m. 189
et d'ezkctitude dani unïoliiine imprinii , en 1816, sous ee titre : Histoin complitt de la captivité de Louis XKI, et de la famille royale. Sous empranleroin leni qui regardent plu» paiticuliërement U reine , de l'uticle qui » éti consaci-* ■■ cette princesse , dans U Biographie mÙTerïelle.
tt Le fidile Oérj a donné un récit aiusi simple que touchant de TeotreTue où la famille loyale confondit pour la dernière fois ses larmes et ses douleurs.
» Rentrées dans leur cacj^t , les augustes prisonnières n''eu.i'ent plus de témoins de leurs soufliances. Mais uDc d'entre elles a pa survlire à tant de inani } et c'est par son témoignage , publié vingt-cinq ans aprè» les événemens , que nous connûssons les détails qui
» La reîne n'eut pas la force de déshabiller son n a ■ ainsi qu'eDe le fûsut tous les soirs ; eUe se ieW »<>"*• y«tne sur son lit; et onl'entenait loutclaniûttceniliUt de troiA et de douleur. A sii henies on "ni onyw porte , et demander un livre pouv 1" «"sse ' ^
princesses crurent qu'on «Mt le» f»'" ^'""° '" ' i eUes eo conservèrent l'eipé.^e^ ^ î""''" "" "T^Z" ^' les cri, d« la populace vin^^leUï "ïî""" L„ iea crime était «.nsonm,;. L=. .«e d=«^^ "^ «u-
tiU de denllpcreD. ^^"^..i^^^^^^^^^^ ite les ™nnicip.uïde V;^ ^C» ^oV**^*"^ ' Xox.vÈ» içu les de™iè„s p.rû^^\^9«^ *>*'!1.*^- ^' ''"*'Iv =^n .(poui : mais déjà i?H ^ g * . e«*<.w.»^*''"^^ 4elat«nd™.,edumi/V > V^-X^-.^
peut être comparé au supplice de tous les instants , qae ces personnages féroces avaient si long-temps fait souffrir à la reine. Après de tels maux y tous les autres étaient supportables ; et Marie -Antoinette éprouva réllement un peu de soulagement dans sa nouvelle prison. Le concierge Richard et sa femme lui donnèrent «quelques marques de respect et de zèle ; et Michonis , que Texcès de ses matix avait également attendri y chercha aussi à les adoucir.. Cet administrateur des prisons amena un jour dans son cachot le chevalier de RougeviUe , qui le compromit en essayant de remettre un billet à la reine. Michonis expia cette imprudence sur réchafaud ; et le chevalier y eût certainement péri lui-même , sUl n^eût réussi à s'échapper. Le concierge perdit son emploi , et fut long-temps en arrestation : on resserra la reine plus étroitement , et deux gendarmes fîirent chargés de la garder à vue nuit et jour. Ils n'étaient séparés d'elle que par \m paravent ; et ils ne s'éloignaient pas , même lorsqu'elle changeait de vêtements. Cependant le concierge Bault et sa femme , qui avaient succédé à Richard , montraient aussi quelque sensibilité pour des maux que rien désormais ne pouvait adoucir. Cette tendre mère pleurait sans cesse , appelant ses enfants , invoquant la nftrt , et s'y préparant par des prières. Le 3 septembre , deux membres du comité de sûreté-générale vinrent lui faire subir un interrogatoire ; et dans le même temps d'autres commissaires se rendirant à la prisoti du Temple , pour y interroger M«*. Elisabeth et les deux enfants de Marie-
DU CHABT 1
Aoloiaette. Ces commiasaires éti ■t Chaumeue. I.a posUrilé âur* | de cet interTOgatoire ; et nomrecueilli tous les tjmoigiugea , n devant cette horrible peni^e.
ul,e 3 octobre, BiBiod-Vuet ' ttibunal révolutionnaire de a'oceap' interruption du procèi Je la vei du même mois , le comité de gali pièces ik l'accmatenr-pnblic , en 1 seconder son %kU. Le lendema fbt interrogée Becrïtemcnt duu ui plusieurs témoins l'cMeodirent apercevoir. K C'est vouS , lui dit li » qui avez, appris à Louis Capet , ■ don avec laquelle il a trompé le » pondît la reine , le peuple a ité G Il ni par mon mari , ni par moi. — »!cessë , dit chcore le président , K la liberté. Vous vouHez remon
11 cadavres des patriotes Nou» I
u que le bonheur de l> France r^] » n'avions pas besoin de retnoàiev
» Le i4 octobre, elle sang. Paraù les junij s^ t*Wl peintre , un taiDenr , un ^^^ ^«^y^-»' liles juges de l'augustç^Kj* , «•tion fut digne d'un ,'»U'^S*
i94 NOTES
» Brunehaut et des Frédégonde , dit Fonquier-Tin- )/ ville , Marie-Antoinette a été le fléau et la sangsue » des Français. » H l'accusa ensuite d^ayoir correspondu avec son frère , Vhomme qualifié roi de Bo" hème et de Hongrie ; d'avoir décidé le roi à faire apposer son veto aux salutaires décrets rendus contre les ci-devant princes , frères de Louis Capet, et les émigrés , contre cette horde de prêtres fanatiques répandue dans toute la France ; d^avoir médité ef combiné V horrible conspiration du lo août ^ d^ avoir mordu des balles pour encourager les Suisses , etc. Cet assemblage honteux d'iniquités et de mensonges fut terminé par la monstrueuse accusation dont Hébert et ses ignobles collègues étaient allés chercher le témoignage au Temple. Cet homme rapporta , dans les term^ies plus grossiers , ses horribles questions faites à des enfants : il dénatura levais réponses ; enfin il porta le dernier coup à la tendi'esse d'une mère , çn l'accusant d'avoir elle-même attenté à la pudeur , à la vie de ses propres enfants. La reine , contenant d'abord son indignation, s'abstint de répondre : mais un des jurés l'ayant interpellée sur les mêmes faits , elle se retourna vers le public , et prononça avec dignité ces paroles remarquables : « Si je n'ai pas répondu , c'est que la » nature se refuse à une pareille accusation faite k une » mère. J'en appelle à toutes celles qui sont ici , et je » leur demande si cela est possible. » Ce mouvement fut sublime : il produisit un grand effet ; et le prési* dent , qui s'en aperçut , se hâta de passer à d'autres
„ . DU CB.4NT m
P'~k„ i t „,„ j' 'p"l «""'"■ °° <»"* r.- T» elle .Tait m*, . „„ „ ' '* """nW de souli„„
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P" ""> moment de V n " ' '''"«""^ *'*^'''"« ''•™'
•"eJote d'une malanf"!)' ""J""' ^■'"e-te™ps , eUe était
""-■«ctère ; as voui* "'* *°" oourage et son grand °* ''« lui laissèrent •"".'"^fi""' "^ *''"' «ccablemem ; r""^«non„^t„„V^"'^ le temps de pvendre «ne Woo une soifarJe te ^'''^U^aotattin'^e* Ae 1» ^c"s- ^W' personne „v7 . ' % Aeioa"** ™ "*"" *'*"" ' «econde fcV - çj h • eQc e» àsmuià» une
'«««e de céder il^Sï^^ttCf ' etvA»^°«« ' -ï^ ™' ^^
vemept semonce , menacé ; il gUrdit même son emplok Tout cela paraîtrait incroyable aujourd'hui , si les juges ou les bourreaux eux-mêmes n'avaient pas été les historiens de leurs turpitudes. Ces détails sont exti'aits des Pièces officielles , ou du Moniteur ; et Ton sait que les séances de cet horrible procès y ont cependant été altérées dans les parties qui pouvaient le plus intéresser en faveur de la victime. Telles qu'on les lit encore , elle y paraît sublime ; toutes ses réponses sont simples , précises , pleines de calme et de noblesse.
«( La terreur était à son comble dans toute la France : personne n'avait osé se présenter pour défendre lareine; et le ti'ibunal nomma d'office MM. Tronçon-du'-Goudray et Chauveau Lagarde , qui remplirent celte périlleuse fonction avec tout le courage et le dévoûment que permettaient les circonstances , et persuadés , comme ils Pétaient , de l'inutiUté de leur ministère. Marie- Antoiftette fut condamnée à l'unanimité ; elle entendit son Arrêt de mort , sans montrer aucun effroi , le i6 octobre '79^ 9 À quatre heures du matin. Rentrée dans sa prison , elle écrivit à M*"*. Elisabeth cette lettre si touchante , ou sa tendre inquiiétude pour ses enfants et pour ses amis se montre si vive ,«où sa belle ame se déploie avec tant de grandeur , mais que sa sœur ne devait jamais lire. Un prêtre constitutionnel s'étant présenté pour lui offrir les derniers secours de la religion , elle refusa de l'entendre ] et lorsque les bourreaux entrèrent , cet homme lui ayant dit : voilà le moment de demander pardon à Pieu.... <c De mes fautes |
>ric'
S reprit-elle ; niais de mes crimes f je n?en ai point » conunis. » A onze heures , elle sortit de la Conciergerie , yétue de blanc , témoigna quelque étonnement de ce qu^on ne la conduisait pas au supplice connne Louis XVI , dans une -voiture fermée , et monta dans 1
on tombereau avec Texécuteur et le prêtre constitutionnel. EUe avait elle-même coupé ses cheveux j ses > mains étaient liées derrière le dos* Son dernier vœu , ainsi qu^elle venait dcTécrire à M*"*. Élisabelli , était de mourir avec autant de fermeté que son époux : ainsi elle recueillit toutes ses forces ; et peut-être que , dans le plus grand éclat de sa puissance , elle n^ avait pas montré autant de grandeur et de majesté.
» La garde nationale formait une double haie sur son passage ^ l'aiTnée révolutionnaire suivait , et un infâme histrion précédait le cortège , exhortant le peuple à applaudir à la. justice nationale. Cette exhortation ne fut que trop entendue ; et Tinexorable histoire dira qa^en ce jour les habitans de Paris méritèrent , les uns parleur faiblesse , les autres parleur cruauté^les dures apostroplies que leur a adressées DeliUe. Le cortège prit le chemin le plus long , passa dans les rues les plus populeuses , et fut plus de deux heures avant d'arriver %
au lieu du supplice. Partout sur son passage en entendit des cris féroces et des injures dégoûtantes. Les marches du grand escalier de S^iînt-^®^^ étaient couvertes de spectatem'S : ils Appl^^» -oi avec fureur , lorsque la fatale chairette passa d t etï* ®^ voulant mieux
contempler les traits de IJ^^^'^e , i\s^*î^^«^^ arrèiei:.
tg8 NOTES
La patience et la résignaûon de Marie-Ântoînelte de purent tenir à ce dernier outrage ; elle leTa les épaules , et tourna le dos à ce vil peuple» LVchafaud était dressé sur la place Louis XV , au même lien qui , neuf mois auparavant , avait été arrosé du sang de Louis XVI. Marie-Antoinette y monta d^un pas ferme et assuré. Ce dernier moment fut digne de sa vie tout entière. Suivant Tusage barbare de ce temps-U , sa tête fut présentée à la populace par le bourreau , aux cris de viue la République ! Son corps , porté an cimetière de la Madeleine , et mis dans la même fosse que celiû du roi , fut aussi couvert de chaux vive pour que tontes les traces en disparussent. » ( Biographie universelle , tofm. XXVII , pag. 85 et suiv. )
Et toi qni , p*rimi aon*, prolongeant ta miafers ,
Ne Tivaia ici-baa que pour pleurer un frire ^ D*an frère rertiieux , 6 digne el tendre Mour !
Madame Elisabeth , sœur de Louis XVI , fut immolée «m* Téchafaud révolutionnaire , le 10 mai 1794 } sept mois après que la reine eût péri. Aucun des forfaits de la révolution n^est moins excusable que celui-là. M"**. Elisabeth n^était connue que par sa bonté et ses vertus ; et sa condanmation ne put pas même être éublie sur le» prétextes bamuuix dont on se servait alors. Cette pria*
DU CHAH ciste fut jugée ei conduite »
dans une charette , avec one f qui furent exécutes avant elle reaui aient voiJn rendre plui mentà de la plm innocente f Mourir la dernière de sa far va traocher la tête de tons se:
QuriHaplgaDUndlUTi
taineblean et à A ma j-le-Dn< ■lors i Renne , où le cardit do France , et le pape Pie les égards dm à leur ran.
pawèreni plusieurs maé^g do r„pe« et de h vrfné„
piété et leur
nobie p.
de cette
TÎIle
en ,;9, s« rend;
ebirent
eDe
•à le ro
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reine ^
le respect et tout Tintërét qu^ils devaient à d'^august^ parentes. Ces princesses passèrent environ deux ans dans la charmante habitation royale de Gaserte \ et elles en fui'ent encore expulsées par les Français , a^u. commencement de 1799* Obligées alors de se rendre par mer à Trieste , elles coururent de grands dangers , et elles eurent beaucoup à souffrir. M*»».. Victoire mourut des suites de ces fatigues , quelques jours après son débarquement à Trieste, le 8 juin 1799, etM"*«* Adélaïde la suivit dans la tombe le 18 février 1800. Ces deux princesses furent inhumées dans la cathédrale de Trieste. Leurs restes ont été apportés en France et déposés au caveau royal de Saint-Denis , dans le mois de janvier 1817.
Voy. Les Mémoires pour servir à V histoire de la pers^ution française , recueillis par les ordres de' pie VI i et dédiés à sa sainteté, par M. Tabbé 4^Hesmivy - d^Auribeau , Rome 1794» et surtout les Extraits des divers écrits du même , imprimés en Toscane , en i8i4* Bien différents des ouvrages , plus romanesques qu^historiques , que Ton s^est peimis de publier sur un si grave sujet, ceux-ci renferment un grand nombre d^ anecdotes intéressantes , et. des détails d^ autant plus précieux, que Tautem*, dont la plume, toujours fidèle , est digne de toute confiance , eut le bonheur. d^éti*e connu de ces princesses , dès Tépoque où elles daignèrent agréer la dédicace de la traduction française dePOraison funèbre de Louis XVI , prononcée en leur présence , et celle de Pie YI , qui leur rendit