‹ La pitié: poëmeChapitre 19 sur 23 · DD CHAUT III · texte numérisé non relu

DD CHAUT III

lODJours les bonnenra les phis distinguai Martyrs de la Foi, par M. A. Guillon , Pie yi). «Home , dit H. d'Anribe»!

dus ces temps déssstieui, d'avoir reçu des princesses ipiî ne cessent de l'édifierj de )eiir ame au-dessus des plus cruels iii une charité sans bornes pour les iafong de leui' bai'baie patrie ; par leur conslan aux desseins toujours adorables de b p:

surtool pa.r celte émlnente piélé qui fii> et les vœux de la capitale du monde chr^ Nous avons sous les jeui plusieurs letU entier de" !a main de M—. Adélaïde , M. l'abbé d'Auribeaude sacorrespondsT derniers jours. Elles respirent encore, revers , la plus aimable gidié , l'amour le

UQ goût particulier pour la langue latine , délices , la piété la plus éclaifée , le plus pour les Français fidèles , enBn la>R<>ui

!t de leur

l'oyamne.

ao2 NOTES

nommé Simon , cordonnier : ce Simon , aidé de sa femme , «forçait son élèye à chanter la Carmagnole et d^antres couplets infâmes. Ce malheureux enfant a-vait une figure céleste ^ mais il avait le dos courbé dans les Qemiers moments de sa vie , et il avait perdu presque toutes ses facultés morales ; le seul sentiment qui lui restât était la reconnaissance , non pas pour le bien qu^on lui faisait , mais pour le mal qu^on ne lui faisait pas. Sans prononcer une seule parole , il se précipitait au-devant de ses gardiens , leur serrait les mains , et baisait le pan de leur habit.

Après la retraite de Simon, quif ut rappelé , en janvier 1794, au conseil de la Commune , deux hommes , ou plutôt deux dogues de cette Commune , veillaient jour et nuit autour de la chambre du fils de Louis XY I. Dès que le jour cessait, on lui ordonnait de se coucher, parce qu^on ne voulait pas lui donner de lumièr^ Quelques temps après , lorsqu^il était plongé dans son premier sommeil , un de ces cerbères , craignant que le diable ou lés aristocrates ne Feussent enlevé i travers les voûtes de sa prison , lui criait d'une voix efiroyable : « Capet ! où est-tu ? dors-tu ? — Me voilà , disait- » Penfant moitié endormi , et tout tremblant. — Viens » ici , que je te voie. » Ëtle petit malheureux d^accourir tout suant et tout nu : « Me voilà ; que voulez-vous ? » — Te voir j va , retourne te coucher : housse / » — Dedx ou trois heures après , Pauti'e brigand recommençait le même manège , et le pauvre enfant était obligé d^obéiré

liU CHANT 111. io3

Pour peindre nec exactitude l'élit «ffieui dans lequel (ut plongé ce niïUieareui prince , noua ne pouvons pas empninLer de couleurs plus ïrijes ni plus touclaalei que celles dont s'est servie son anj^ste sœur. i|l^ta!t,dit cette prince ssE , dans un lit qu'on n'avait l' pas remué depoU plus de six mois , et qu'il n'avait •pins la force de Taire. Les puces et les punaises le I couvraient ; son linge et sa personne en étaient > pleins. On ne l'a pas changé de chemise ni de bas , • peadanl plus d'un an ! Ses.ordores restaient dans la ' chambre , personne ne les a emportées pendant tout ' ce tempB. Sa fenêtre , fermée en dedans avec des veiToui , n'était jamais ouverte et l'on ne pouvait " tenir dans cette chambre , à cause de l'odeur infecte. > ( Hiai. de la Captivité de Louii XVI et de lafa- " «tille rojrule , pag. aaS. )

Il est mort couvert d'ulcirea. On crut dans le temps ïu'il avait été empoisonné ; et c'est encore aujourd'hui l'opimon la plus générale. Ce qu'il y a de certân , c'est 9u'on avait offert , sous Robespierre , une somme de •:«« mille écus à un apothicaire de Paris, pour avoir le

■etd'iuipoÎ8onlentetefficace.Apr**^*9*'"™"^°'' léouté . nomm.' R-;„.i -.., ^ .-..lier au conûté de

dépmé , nommé Brival , osa repTOC^"' " « puLUo d'avoir cominis h^J.o'^V *" "'""" "

'• -' -"—>ir oublié celui-là, époque, le dép,

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2o4 NOTES

)» comoient on fait tomber la tête des rois j mais ils 7» igndrent comment on élève leurs enfants. »

Pour préparer la nouvelle de sa mort dans Popinion publique , et pom* la rendre excusable aux yeuX des républicains , on répandit que ce malheureux enfant s^était évadé , qu^on Pavait vu sur le boqlevard j^ cela fut même dit au milieu de la Convention ^ et les régicides parurent très-effrayés de cette nouvelle , quMls savaient bien être fausse.

Le fils de Louis XVI mourut peu de temps après ?

3^) PAGE 96, VBR8 24.

Ah ! ménages son «ma, et de tôuC son malheur, N'allés pas tout d*un coup accabler sa douleur !

La fille de Louis XVI ignorait la mort de sa mère , et celles de sa tante et de son frère , lorsqu'elle sortit du Temple.

»*) PAGE 97 , VERS aa.

Oo a ru des enfants sHmmoIer pour leurs pères , Des frères disputer le trépas à leurs frères.

Parmi des traits sans nombre de générosité ; on peut cUer celui lie LoiseroUes,, qui. mourut volontaii*ement pour son fils condamné par le tribunal révolutionnaire

DU CHANT III. ao5

5 , et celui de nudemoiaelle' d« MailU , qui a pour sa beUe-Bœur.

Mademoiselle de Sombreuil ac précipïla au travera dea bonrreaui pour sauver son père. Ce héroïsme de la piété filiale désarma les assassins , et M- de Som' brenil fat reconduit par eui en triomphe. MademoistUe Gazôtte parvint aussi à sinTcr son pèie , tiiUard octogénaire ; mai» M. Cazotte fut ensuite lecooduit en prison , et la jusûce de ce temps-là fut moins compatissante que les assassins des prisons : il péiit sur l'échafaud. On pourrait citer plusieurs autres exemples de ce mélange de barbaiie et d'humanité paimi les agents subalternes de la réTolation. Nous lenfoyons Ici le lecteur i VAgonie de trente-huit fceu<*i «« Saint-Miard , aux Hémoifes ^* ^'"'^ ' "^ *^*'" BertTvnd-MoUville , etc

2o6 NOTES

Madame du Barry , arrÎTëe au pied de Véchafaud , jeta un cri d^ejQTroi. Son courage Tabandonna entièrement , et elle s^écria doulom*easement : Monsieur le Bourreau , encore un moment. Madame du Bany a été la seule femme qui ait montré cette faiblesse ; toutes les autres ont fait preuve d^une résignation héroïque. Parmi celles qui ont honoré leur mort par un courage plus qu%umain , on peut citer les carmélites de Royal-Lieu , près de Compiègne : elles furent condamnées toutes ensemble par le ti'ibunal révolutionnaire. Enchaînées sur la fatale charette , et conduites à travers un peuple furieux , elles chantaient le Salue regina , avec la même tranquillité que si elles avaient encore été dans leur église. Lorsqu'une d'elles fut montée à Péchafaud , les autres continuèrent leurs chants religieux ; et ce concert céleste ne fut interrompu que lorsque Tabbesse , qui fut exécutée la dernière , succomba sous la hache du bourreau. Le courage sublime de ces religieuses avait tellement frappé * et attendit le peuple , que dès ee moment il cessa d'applaudir aux exécutions , et peu à peu l'esprit populaire se dûrigea vers des sentiments d'humanité.

>9) PAGE 99 y VERS 6.

Tarante I qu» te rentcet MsaMtn Ckreuche 1 A trahir ton amie il reut forcer.ta bouche.

« La princesse de Tarante , dit M. de Berti'and-Mo*

■ lenlle , sa ttuTa k force ^héroïsme. Tradiùte devant

■ les jugcs-boaircMix dn a septembre , après «voir H attendu son toar pendant quarante heures , sans fer- » mer l'œil , lu milieu des cria des Ticllmes qu'on im-

s de celles qui allient être ly» toute son énergie , lors- !• qu'elle Tit que Us interrogatoires qu'on lui faisait « Bobir tendaient i obtenir d'elle des déclarations qui » inculpassent la reine. EUe réfuta si Tlctorieusement " toutes les calomnies surlesquelles elle était lnterro|;^e, " que l'âpinioD de tout l'auditoire , hauleroent pronon- T cée , força ses juges à la déclarer innocente. »

Tr™t*4wii habitants de Verdo» furent "»*"**J' P-ri, et ingés par ie tribunal ré^'''-^'"''-^-Z'Ze« «crimes , se trouvaient de^ft»*"* '.rie Crosse, a autre tort que n'avoir Dni..j Jo« fleot* aMi"»*"

.,™ , «0.. j..;^^^, isfi^ .» <':.,■»"-

2o8 NOTES DU CHANT III.

bourreaux eux-mêmes. Elles étaient accusées d^aymr prêté de Pargent aux émigrés. Fouquier-TinTÎlle leur fit insinuer ({uVlle n^ayaient qu^à nier le fait , et qu'elles obtiendraient leur liberté.. Bien persuadées d^ avoir fait une bonne action , elles refusèrent de se prêter à un désaveu y leur miort fut un des crimes, de cette époque révolutionnaire , qui excita le plus dUndignation , et qui prépara la cbute des tyrans..

Sophie Tadiouillot , fille de Tancien procureur du roi au baiUage de Verdun , et Barbe Henri , fille d'un président an même tribunal , furent aussi comprises dans cette horrible procédure* Comme eUes avaient à peine quatorze ans , elles ne furent point condamnées à mort , mais seulement k une exposition de six heures sur la place publique , et à vingt années de détention à la Salpétrière. L^odieux de ce jugement révolta le parti modéré de la Convention , qui parvînt ensuite à s'emparer de Tantorité. Après la chute dte Robespierre ,. ces deux jeunes infortunées furent rendues à la liberté.

^0 PAGE lOO , VERS II.

ïtoin les)ardint de Flore, et Timpur Tirolt Par ie« bals scandaleux trop long-tempt aTill, Où d'infâmea beautés , dans leur profane danse ^ Aux mânes de sou maître insultaient en cadence.!

Le jardin de .Tivoli qui appartenait à M. Boutin y décapité sous lé règne de la terreur *. il est devenu depuis la révolution un lieu de fêtes et de danses pubUr>qaes. -

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