CHANT DEUXIÈME
MiiMTEMAdT , ô Pitic! redoaUe de courage!
D'un sort plus rigoureux je Tais peindre Vim»B^- Au sein de ses amis, auprèsde ses pare»** » -t»i>4* Lesplaisirssontplusdoux,etle8malhe*^"!^^ Quelle douleur résiste aux soinj tf \iOC ^*'^ ^^-j Aux souris dWe épouse , aux \^ ^e» *'' '^^^ et^^ Je chante l'homme en proie ^ «û!^^ Vi
Qui , loin de ses amis et d^^ ^^ «V*' <>.«s?' ■* ' Perdant de ses foyers I«d.çj^^\^^ ^«^ ^.
Atiend ou la justice ou Ig J^^ ^ -.0^
Viens donc , ô ma Déesse ! entrons dans ee séjour , Où l'homme, dans les fers , languit privé du jour. Hélas ! tandis qu'auprès de leurs jeunes compagnes, Dans les riches cités, danMes vertes campagnes, Ses amis d'autrefois amusent leurs loisirs , Lorsque , donnant à tous le signal des plaisirs ," L'airam retentissant et Taiguilte muette^ Du temps qui la conduit vagabonde interprète , Marquent au laboqreur la fin de ses travaux , Aux mineurs harassés une trêve à leurs maux , Appellent chaque soir la jeunesse folâtre Aux délices du bal , aux^ompes du théâtre, Ou , d'un moment plus cher annoaçant le retour , De l'heure fortunée avertissent l'amour \ Le temps , par la dàulcàr > lui mesiM*c le& heures. Réduit , pouv seulfrlabir , dans ces noires demeures , A lire quelques.mots. , où jd'f lUrjes., avant loi ^ Sur ces tenibftes murs. ont ^race leur«niiui, Il est seul ! dans un long «t lugubre silence, Pour lui le jour s'achève , et iejovr recommence ; Pour lui plçs de beaux jours , doruisseaux, de gazon : Cette voûte est son ciel , ces murs ^on ho^rizon. Son regard, élevé vers le flambeau céleste.
Vient mourir dans la nuit de son cachot funeste;
lUeii n'^aie à s» yeus sa mocae obscurité ; Ou si , par des barreaux avares de clarté , Un faible jour se glissé en ces antres funytres, Il redouble pour lui les horreurs des te'nèlfres ; Et , le cœur consumé d'un regret sans espoir , Il chercbe la lumière , et gémit de la voir.
Toutefois, en ces lieux plus d'une cause amt^nc Les malheureifx captifs géroissant 'dans leur cbaîne< D'un créancier cruel \oiitt infortuaé.
L'un dans ec noir séjour soupire emprisonné.
Ah ! rendeï-le à son (ils , à sa femme chérie : Votre luxe d'un jour pcui suffire à sa vie.
ï>ieu vous voit ; le malheur vous bénit ; et ses vœux Du fond de sou cachot vont retentir aux cieux. Non loin est un mortel que la me'IancoUe Ou l'aiïreux désespoir a frappé de folie ' PouvcK-vous , sans pitié pour son mall>^"' afi»*"*^ ' Gomme un vil crin)înel traiter ^^ aylt«'*^*'* " S'il-est infortuné, faut-il être k , -s'î Il est , qui le croirait? de CCS ^'^ »-«»'"^ Qui, pa«- les lo^gs cav,mA\^\\<&^ *t***^' Achèvent d'étouffer un resiç ^ V -^^ •' -^ Dont la feinte piiié, qu'u^ , "^ ^^ . ,cf* ^* D'unparenlre[egués'assu(^^\\ ^ ^.^''
Et , de leur sang qui crie étouffant la douleur^ Calcule la misère ^ et jouit du malheur.
Ah ! si le Ciela mis la pitié' dans votre ame , Pour ces infortunes ma Muse Ta réclame.
Adoucissons leur sort , traitons avec bonté' Ces malheureux bannis de la société ; De ces mânes exclus des scènes de la vie . Laissons errer en paix la libre fantaisie ; Par de durs traitements ne l'effarouchons pas ; Que des objets riants se montrent sur leurs pas ; £ntourons-les de fleurs ; que le cours des fontaines Roule , noureau Léthé^ l'heureux oubli des peines ;. Et, dans des prés fleuris y §ous des ombrages verts , Offrons-leur TÉlysée , et non pas les Enfers.
Le crime même enfin a des droits sur notre ame : Souvent , pour expier un attentat infâme , Des pensers généreux le funeste abandon , Pour remonter vers eux , n'attend que le pardon ; Et 9 le vice , épuré par un remords stiblime , A nos cœurs étonnés sait arracher l'estime. Relevez y s'il se peut, son courage abattu :
Le remords quelquefois fait mieux que la vertu. Eh ! qui ne connaît pas le consolant spectacle Qu'étale des bandits ce vaste réceptacle ,
Celle Botaoy bay, sentined'Albioa, (' Où le Tol , la rapine et la sédition En foule sont vomis ; et , purgeant l'Angleterre , Dans leur exil lointain vont féconder la terre. Là , l'indulgente loi , de sujets dai^reux Fait d'habiles colons, des citoyens heureux ; Sourit au repentir , cscîlc l'indiistrie , Leur rend la liberté , des mœurs , une patrie. Je vois de toutes paris les marais desséchés , Les déserts embellis j et les bois défrichés. Imitez cet exemple : à leur prison stérile Enlevez ces brigands , rendez leur pcincjilile; Et , qu'arrachant aux fers le remords vertueux , Le pardon change en biens des maux infructueux; Ou , s'il faut par sa mort que le crime s'expie , Ah I préparez sou cœur. Sur cette tète impie Que la grâce divine épauche ses [résors , Et sauve au moins son ame en nous livrant s»» ««*«*• Dieu lui-même en pitîé prend déj^ j idVl»* ' Dieu chérit la vertu , mais mom, * ^^ \e «'^'^''' Par la terre proscrit , son refuj, ^ ■^- ^Ji,
Quels qu'ils soient, n'allez pj^^ ^^ >* gpN ^ Dans IcfatalsqouroiilaloiV^^ V'î^ 'Vi
Aggraver leurs malheurs d'iij^ », .^cO^
Rendre leurs fers plus lourds , et sans ne'cessité Joindre la solitude à la captivité- Dans ce triste abandon , où lui-même s'abhorre , Par ses pensers cruels le malbeur se dévore.
Ah ! laissez arriver ses chers consolateurs, Et que des pleurs du moins répondent à ses pleurs ! La justice est coupable alors qu'elle est cruelle. Ton ame le connut , ce noble et tendre zèle , Howard ! dpnt le nom seul console les prisons. C ^ Qu'on ne me vante plus les malheurs vagabonds De ce roi voyageur , père de Télémaqbe , Cherchant pendant dix ans son invisible Ithaque. Avec un but plus noble, un cœur plus courageux. Sur les monts escarpés , sui'les flots orageux^ Dans les sables brûlants , vers la zone inféconde , Où languit la nature aux limites du monde , Aux lieux où du croissant on adore les lois , Aux lieux où triompha l'étendard de la croix , Partout où l'on connaît le malheur et les larmes ,
Suivant d'un doux penchant les invincibles charmes, Le magnanime Howard parcourt trente climats.
Est-ce la gloire 6u l'or qui conduisent ses pas ? Hélas ! dans la prison , triste sœiir de la tombe , Sa main vient soutenir le malheur qui succombe ,