‹ La pitié: poëmeChapitre 8 sur 23 · CHANT · texte numérisé non relu

CHANT

Vient charmer ces cactiols , dont l'aspect fait fre'rair , Dont les e'chos jamais n'ont appris qu'à gémir. Oubliant et )e monde et ses riantes scènes , Il marche environné du bmit aflreui des chaînes , De grilles , de vtrrous , de barreaux sans pitié, Que jamais n'a franchis la voix dfe l'amitié' ; Par cent degrés tournant ions des voûtes horribles, Plongciiisqnes au fond de ces cachots terribles, Habités par la mort , et pavés d'ossements , D'un funeste trépas funestes ntonuments ; Y mène le pardon , quelquefois la justice.

Et par un court trépas abrège un long supplice ; Prfte, en pleurant, l'oreilleaaxmauiqa'ilsoiit soufferts:

U'il ne peut les brisée , il allige leurs fers. Tantôt , pour adoucir la loi trop rigoureuse , Porteau pouvoirl'accent de leur voix û""^*""*"*"' Et, rompmit leurs liens pour d^-lie** ^^** Hms les Iwas de l'épouse il f «(v éV*^^ '

Le père à son enfant, l'enf^J^*^ ^,'V\ *^'*»-,e. Par lui, i'homme s'élève j»^^ kc<^ ^^j^eV^'^ivi Les séraphin» surpris dcfr, "^,rfî^ ^X»*^* -s-"**' Quel ange erre ici-bas ïoK^V?" , ** X^'^Cv^'^- Devantlui la mort fuit | X^e*" "A* c** V^''^' Et l'auge affreux rfu m^J A V ^> < * ^< *

5o LA PraÉ.

Reviens , il en est temps , reviens , cœur généreux : Le bonheur appartient à qui f^it des heureux ; Reviens dans ta .patrie , en une paix profonde ^ Goûter la liberté que tu donnais au monde :

Ton œil chez aucun peuple , au palais d'aucun roi , Wa. rien vu d'aussi rare et d'aussi grand que toi.

- Toutefois, quelques soins dont ses mains généreuses Aient tempéré l'horreur de ces maisons affreuses , Je m'éloigne , je vole aux asiles pieux , Des besoins , des douleurs abris religieux , Où la tendre Pitié , pour adoucir leurs peines y Joint les secours divins aux charités humaines* Elle-même en posa les sacrés fondements ; Mais de ces saints a])ris , ouvrage des vieux temps , Souvent la négligence ou l'iufame avarice A fait de tous les maux l'épouvantable hospice. Là , sont amoncelés , dans des murs dévorants , Les vivants sur les morts , les morts sur les mourants. ' Là , d'impures vapeurs la vie environnée , Par un air corrompu languit empoisonnée.

Là , le long de ces lits où gémit le malheur , Victime des secours plus que de la douleur , L'ignorance en courant fait sa ronde homicide; L'indifférence observe , et le hasard décide.

CHANT II. 5i

Mais la Piliiî revient acLcver ses travaux ,

Sépare les douleurs , et distingue les maux ;

Les recommande à l'art que sa boDte' ser.oude ;

Tantôt , les délivrant d'une vapeur immonde ,

Ouvre ces longs canaux , ces frais ventila leui-s ,

De l'air renouvelé puissants répara leiirsl

Par elle un ordre heureux conduit ici le lèie ;

La propreté soigneuse y préside avec elle.

La vie eA à l'abri du souffle de la mort ;

Grâce à ses soins pieux, sans terreur, sans remord,

L'agonie en ses bras plus doucement s'achève ;

L'heureux convalescent sur son lit se relève ,

Et revient , écliappc des horreurs du trépas,

B'un pied tremblant encor former ses jîremiers pas.

Les besoins , la douleur , la sanlé la bénissent -,

La terre est consolée, et les cieui appla^^'^**"'"

Que puissent à jamais les maux la pauvreté ,

Dans CCS asiles saints bénir la cliat»t^ ' 7

Mais quel ge'nie affreux de 1^ -p ç^© S ^^^

De la destruction le délire \, ao^î"^*'

Seproméneenioiislieux,e, ^m3* t,V^ VS-*'**^"

Tourmente les vivants, |^ ^^nj^*® ^^^^^-S--

Le berceau , le tombeau ^- 0^* \c'^rf>^'*'^''v-

Le temple sompliiem ^ \ ^^ > » e*

52 LA PITIÇ.

Tout subit sa fureur. Vous tombez avec eux ,

Des maux , de Findigence, 6 refuges pieux !

Où des saints fondateurs la charité sublime

Consacrait la richesse^ ou rachetait le crime.

Je ne vois plus ces sceurs , dont les soins délicals

Appaisaient la souffrance, ou charmaient le tre'pas; C ^

Qui, pour le malheur seul connaissant la tendresse ,

Aux besoins du vieil âge immolaient leur jeunesse.

Leurs toits hospitaliers sont fermes aux douleurs ,

Et la tendre Pitié s'enfuit les yeux en pleurs.

Le pauvre , des bienfaits voit la source tarie ,

Et Tenfant vient mourir sur le «euiMe la vie.

Mais , quel secours nouveau, céleste , inespéré,

A l'exil indigent ouvre un port assuré ?

Salut , ô Sommcrstown , abri cher à la France !

Là , le malheur encor bénit la providence ;

Là • nos fiers vétérans retrouvent le repos ,

Et le héros instruit les enfants des héros :

Là y près d'un Dieu sévère éclate un Dieu propice.

Quel riche bienfaisant a fondé cet hospice ?

A la voix de Garrou le luxe s'attendiit>

Sa vertu les soutient , et son nom les nourrit. ^ ^

Par lui , pour l'indigent , la douce bienfaisance

Trouve le superflu , même dans l'indigence ;

Et y parmi les bannis , ses pieuses moissons De l'avare opulence ont surpasse' les donsi

Et vous , sexe charmant ^ nourri dans les datées; Que vous faites à Dieu dé touchants sâcrifîbeil ! Votre zèle pieux donne l'exemple à tous , Affronte les dangers , surmonte les dégoûts , Visite des siouffraiits lés detaèàres obscures , Vient soigner unfe plaie ou fermer des blessUres , De cette même main dont Amour eût fait cboix Pour tresser sa éourônne, ou remplir son carquois. La foi , rhtimanitd sont partout .sur vos traces } Et le lit de dotilcur est vetfl^ par les Grâces. Mais quels accents plaintifs ont frappe mes esprits ? J'entends , je reconnais vos lamentables cris , Enfants infortunes , famille illégitime, Que le crime a fait naître , et qu'imrtiola Je crime. Ah I si les sages mémie'ont pleure quelquefois L'enfant ne' soiis le dais , dans la pourpre des rois, Et si , pour lui, du sort ils ont craint les in)vuès , Qui ^ eut voir sans pitié ces frêles créatures , Ces enfants de l'Amour, que 1^ \ionte 3^1?^*^^^^^^^ * De leur mè* e jamais ils n'auj^^. ' * xjXi sou^^s •, ils n'auront point leur patt ' v.^^^^^^^ ^' ^ ^^^^' Loin d'eux ces noms si dovw ^ cCP^^ ^^ ^^

CiOudamnes eu naissant , dans leur triste abandon ,

Ils ont reçu le jour , sans recevoir un nom.

D'autres, de leurs aïeux recueillent Theritage :

Votre pitié , voilà leur unique partage !

Que dis-je? A leur naissance, incertains d'un berceau.

D'un goutte de lait , d'un abri , d'un lambeau

Qui de leurs membres nus écarte la froidure !

Ali ! que la Pitié parle où se tait la Nature !

Ne la refusez pas à ces infortunés ,

Menacés de mourir au moment qu'ils sont nés.

Nos frères dans le ciel , ils sont ce que nous sommes ^

Peut-être ces enfants nous cachent de grands hommes.

De l'intérêt public écoutez donc la voix.

Du sage agriculteur voyez les doux emplois ;

De l'orme adolescent il soigne la jeunesse ,

Du chçne décrépit rajeunit la vieillesse.

C'est peu : si quelqu'arbuStc, à ses regai^ds offert,

Languit abandonné dans le vallon désert ,

Aux arbres , de son clos enfants héréditaires ,

Il aime à réunir ces tiges étrangères ;

£t la plante orpheline , en ^n nouveau selour ,

Avec ses plants chéiis partage son amour.

Sages législateurs , voilà votre modèle.

Remplacez pax* vos soins la pitié maternelle ^

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