CHANT
Vient charmer ces cactiols , dont l'aspect fait fre'rair , Dont les e'chos jamais n'ont appris qu'à gémir. Oubliant et )e monde et ses riantes scènes , Il marche environné du bmit aflreui des chaînes , De grilles , de vtrrous , de barreaux sans pitié, Que jamais n'a franchis la voix dfe l'amitié' ; Par cent degrés tournant ions des voûtes horribles, Plongciiisqnes au fond de ces cachots terribles, Habités par la mort , et pavés d'ossements , D'un funeste trépas funestes ntonuments ; Y mène le pardon , quelquefois la justice.
Et par un court trépas abrège un long supplice ; Prfte, en pleurant, l'oreilleaaxmauiqa'ilsoiit soufferts:
U'il ne peut les brisée , il allige leurs fers. Tantôt , pour adoucir la loi trop rigoureuse , Porteau pouvoirl'accent de leur voix û""^*""*"*"' Et, rompmit leurs liens pour d^-lie** ^^** Hms les Iwas de l'épouse il f «(v éV*^^ '
Le père à son enfant, l'enf^J^*^ ^,'V\ *^'*»-,e. Par lui, i'homme s'élève j»^^ kc<^ ^^j^eV^'^ivi Les séraphin» surpris dcfr, "^,rfî^ ^X»*^* -s-"**' Quel ange erre ici-bas ïoK^V?" , ** X^'^Cv^'^- Devantlui la mort fuit | X^e*" "A* c** V^''^' Et l'auge affreux rfu m^J A V ^> < * ^< *
5o LA PraÉ.
Reviens , il en est temps , reviens , cœur généreux : Le bonheur appartient à qui f^it des heureux ; Reviens dans ta .patrie , en une paix profonde ^ Goûter la liberté que tu donnais au monde :
Ton œil chez aucun peuple , au palais d'aucun roi , Wa. rien vu d'aussi rare et d'aussi grand que toi.
- Toutefois, quelques soins dont ses mains généreuses Aient tempéré l'horreur de ces maisons affreuses , Je m'éloigne , je vole aux asiles pieux , Des besoins , des douleurs abris religieux , Où la tendre Pitié , pour adoucir leurs peines y Joint les secours divins aux charités humaines* Elle-même en posa les sacrés fondements ; Mais de ces saints a])ris , ouvrage des vieux temps , Souvent la négligence ou l'iufame avarice A fait de tous les maux l'épouvantable hospice. Là , sont amoncelés , dans des murs dévorants , Les vivants sur les morts , les morts sur les mourants. ' Là , d'impures vapeurs la vie environnée , Par un air corrompu languit empoisonnée.
Là , le long de ces lits où gémit le malheur , Victime des secours plus que de la douleur , L'ignorance en courant fait sa ronde homicide; L'indifférence observe , et le hasard décide.
CHANT II. 5i
Mais la Piliiî revient acLcver ses travaux ,
Sépare les douleurs , et distingue les maux ;
Les recommande à l'art que sa boDte' ser.oude ;
Tantôt , les délivrant d'une vapeur immonde ,
Ouvre ces longs canaux , ces frais ventila leui-s ,
De l'air renouvelé puissants répara leiirsl
Par elle un ordre heureux conduit ici le lèie ;
La propreté soigneuse y préside avec elle.
La vie eA à l'abri du souffle de la mort ;
Grâce à ses soins pieux, sans terreur, sans remord,
L'agonie en ses bras plus doucement s'achève ;
L'heureux convalescent sur son lit se relève ,
Et revient , écliappc des horreurs du trépas,
B'un pied tremblant encor former ses jîremiers pas.
Les besoins , la douleur , la sanlé la bénissent -,
La terre est consolée, et les cieui appla^^'^**"'"
Que puissent à jamais les maux la pauvreté ,
Dans CCS asiles saints bénir la cliat»t^ ' 7
Mais quel ge'nie affreux de 1^ -p ç^© S ^^^
De la destruction le délire \, ao^î"^*'
Seproméneenioiislieux,e, ^m3* t,V^ VS-*'**^"
Tourmente les vivants, |^ ^^nj^*® ^^^^^-S--
Le berceau , le tombeau ^- 0^* \c'^rf>^'*'^''v-
Le temple sompliiem ^ \ ^^ > » e*
52 LA PITIÇ.
Tout subit sa fureur. Vous tombez avec eux ,
Des maux , de Findigence, 6 refuges pieux !
Où des saints fondateurs la charité sublime
Consacrait la richesse^ ou rachetait le crime.
Je ne vois plus ces sceurs , dont les soins délicals
Appaisaient la souffrance, ou charmaient le tre'pas; C ^
Qui, pour le malheur seul connaissant la tendresse ,
Aux besoins du vieil âge immolaient leur jeunesse.
Leurs toits hospitaliers sont fermes aux douleurs ,
Et la tendre Pitié s'enfuit les yeux en pleurs.
Le pauvre , des bienfaits voit la source tarie ,
Et Tenfant vient mourir sur le «euiMe la vie.
Mais , quel secours nouveau, céleste , inespéré,
A l'exil indigent ouvre un port assuré ?
Salut , ô Sommcrstown , abri cher à la France !
Là , le malheur encor bénit la providence ;
Là • nos fiers vétérans retrouvent le repos ,
Et le héros instruit les enfants des héros :
Là y près d'un Dieu sévère éclate un Dieu propice.
Quel riche bienfaisant a fondé cet hospice ?
A la voix de Garrou le luxe s'attendiit>
Sa vertu les soutient , et son nom les nourrit. ^ ^
Par lui , pour l'indigent , la douce bienfaisance
Trouve le superflu , même dans l'indigence ;
Et y parmi les bannis , ses pieuses moissons De l'avare opulence ont surpasse' les donsi
Et vous , sexe charmant ^ nourri dans les datées; Que vous faites à Dieu dé touchants sâcrifîbeil ! Votre zèle pieux donne l'exemple à tous , Affronte les dangers , surmonte les dégoûts , Visite des siouffraiits lés detaèàres obscures , Vient soigner unfe plaie ou fermer des blessUres , De cette même main dont Amour eût fait cboix Pour tresser sa éourônne, ou remplir son carquois. La foi , rhtimanitd sont partout .sur vos traces } Et le lit de dotilcur est vetfl^ par les Grâces. Mais quels accents plaintifs ont frappe mes esprits ? J'entends , je reconnais vos lamentables cris , Enfants infortunes , famille illégitime, Que le crime a fait naître , et qu'imrtiola Je crime. Ah I si les sages mémie'ont pleure quelquefois L'enfant ne' soiis le dais , dans la pourpre des rois, Et si , pour lui, du sort ils ont craint les in)vuès , Qui ^ eut voir sans pitié ces frêles créatures , Ces enfants de l'Amour, que 1^ \ionte 3^1?^*^^^^^^^ * De leur mè* e jamais ils n'auj^^. ' * xjXi sou^^s •, ils n'auront point leur patt ' v.^^^^^^^ ^' ^ ^^^^' Loin d'eux ces noms si dovw ^ cCP^^ ^^ ^^
CiOudamnes eu naissant , dans leur triste abandon ,
Ils ont reçu le jour , sans recevoir un nom.
D'autres, de leurs aïeux recueillent Theritage :
Votre pitié , voilà leur unique partage !
Que dis-je? A leur naissance, incertains d'un berceau.
D'un goutte de lait , d'un abri , d'un lambeau
Qui de leurs membres nus écarte la froidure !
Ali ! que la Pitié parle où se tait la Nature !
Ne la refusez pas à ces infortunés ,
Menacés de mourir au moment qu'ils sont nés.
Nos frères dans le ciel , ils sont ce que nous sommes ^
Peut-être ces enfants nous cachent de grands hommes.
De l'intérêt public écoutez donc la voix.
Du sage agriculteur voyez les doux emplois ;
De l'orme adolescent il soigne la jeunesse ,
Du chçne décrépit rajeunit la vieillesse.
C'est peu : si quelqu'arbuStc, à ses regai^ds offert,
Languit abandonné dans le vallon désert ,
Aux arbres , de son clos enfants héréditaires ,
Il aime à réunir ces tiges étrangères ;
£t la plante orpheline , en ^n nouveau selour ,
Avec ses plants chéiis partage son amour.
Sages législateurs , voilà votre modèle.
Remplacez pax* vos soins la pitié maternelle ^