VI PRÉFACE
agir sur l'opinion et la soumettre à de pernicieuses influences.
Qu'on révise les procès ; mais qu'on le fasse avec bonne foi. Est-il donc dans l'intérêt d'un parti , en France , qu'un piédestal de trois énormes volumes porte la statuette de Robespierre sur une planche de bibliothèque ? La liberté n'a-t-elle rien à craindre de ces apothéoses en l'honneur de Marat , de Cou thon, de Billaut-Varennes, de Saint- Just, de Danton' de Barrère et de tant d'autres ?
Qu'on révise les procès ; mais qu'on ne porte pas dans l'instruction le dessein arrêté de casser tous les jugements. On ne sait pas tout le tort qu'on fait à la cause de la Révolution en exaltant outre mesure les hommes dont les excès la déshonorent. On entrave le présent par de coupables apologies du passé ; en essayant de justifier l'échafaud, on inspire la peur, et, sans qu'on s'en doute , on prépare les esprits à de lâches soumissions au despotisme.
L'étude historique (La Pitié sous la Terreur) que nous avons composée au printemps de 1867 s'appuie sur les documents les plus authentiques. Il nous serait facile d'étayer de citations la plupart de nos vers , sauf à reconnaître que l'un des hommes que nous mettons en scène, le citoyen Saint-Just, avait plus de valeur que Robespierre, qu'il était d'une trempe