PREFACE. VII
plus énergique , et que , s'il s'inspira de ses notes pour quelques-uns de ses discours , s'il parut quelquefois n'être que l'un de ses séides, il faut l'attribuer à sa politique personnelle : il seconda Robespierre dont l'influence était favorable à ses vues ; sans Robespierre, il n'eût pas moins marché à son but , but chimérique , révélé par son livre posthume : Fragments d'institutions républicaines.
Quel que soit, du reste, le jugement que l'on porte sur Saint-Jus t et sur Robespierre, l'union de ces chefs déterminés accéléra la chute de leur parti ; leur système froidement raisonné , atroce , impitoyable , fut la ruine de la République. Et lorsque, en 1847 , de jeunes écrivains , aussi remarquables par leur bonne foi que par leur inexpérience , ont imprimé : qu' « il faut rentrer dans les traditions de Piobespierre » , nous avons reculé d'horreur. Autant qu'un autre , cependant , nous respectons les convictions républicaines ; mais nous ne saurions pactiser avec les hommes de sang ; ami de la liberté , nous gémissons des coups auxquels l'expose la licence , et nous regardons comme ses tyranniques ennemis les apologistes de l'échafaud.
Pour faire entrer immédiatement nos lecteurs dans l'ordre d'idées qui, à des nuances près, étaient les nôtres , bien des années avant que