XVI PRÉFACE
sent ces imprécations? au ministère girondin trois jours avant sa chute. Il disait du ministère de Roland : « que c'était un monstre qui , par l'excessive étendue de ses attributions , était prêt à dévorer la République naissante , » lui , le futur dictateur du Comité de salut public. Et lorsque les Girondins invoquaient l'appel au peuple, il les rappelait aux principes du gouvernement représentatif, aux dangers de remettre cette décision aux multitudes ignorantes, lui, l'apôtre de la législation directe. « Fuyez, s'écriait-il en toute occasion, fuyez la manie de trop gouverner — divisez le pouvoir — il y a oppression contre le corps social lorsqu'un seul membre est opprimé — la défiance contre le pouvoir n'est pas un droit, elle est un devoir, etc. »
« Le lendemain delà victoire, son langage change tout à coup. Peu de jours après la défaite des Girondins, les débris du côté droit refusent de voter la nouvelle déclaration des droits qui était en grande partie son ouvrage : « J'aime à croire , dit-il insolemment , que s'ils ne se lèvent point avec nous , c'est plutôt parce qu'ils sont paralytiques que mauvais citoyens ! » Il accuse à son tour « ces hommes qui réclament perpétuellement contre ceux qui sont à la tête du gouvernement. » — « On nous dénonce, ajoutait-il, si nous passons dans l'Europe pour des imbéciles ou des traîtres , croyez-vous qu'on respectera la Convention qui nous a choisis ? » Et lors de l'emprisonnement de Danton : « On veut nous faire craindre que les détenus ne soient opprimés , on se défie donc des hommes qui ont obtenu votre confiance ? »
« C'est alors qu'il inventa son ingénieuse distinction entre le gouvernement révolutionnaire et le gouvernement constitutionnel : « Sous celui-ci, dit-il, il suffit de protéger les citoyens contre la puissance publique ; sous le premier , il faut proléger la puissance publique contre les factieux. » Comme si cette distinction n'avait, pas dû