‹ La pitié sons la terreurChapitre 12 sur 83 · PREFACE. XVII · texte numérisé non relu

PREFACE. XVII

couvrir les Girondins contre ses attaques, et comme si la Révolution datait de son entrée aux affaires !

« C'est ainsi encore qu'il tua Hébert et Ghaumette, au nom de la liberté des cultes, lui qui méditait déjà la fête à l'Être suprême. — C'est ainsi qu'd se montra un des plus impitoyables partisans de la Terreur, lui qui avait écrit sous la Constituante « qu'il valait mieux faire grâce à cent coupables que punir un seul innocent. » — C'est ainsi qu'il eut l'impudeur d'accuser les Girondins d'avoir affranchi les noirs dans l'intention formelle de détruire les colonies , lui qui avait poussé ce cri frénétique : « Périssent les colonies plutôt qu'un principe ! » — C'est ainsi enfin, qu'après avoir dénoncé comme imprudente leur fameuse déclaration de guerre « à tous les tyrans, » il les blâma plus tard d'avoir oublié de consacrer dans leur projet de constitution « le droit des nations à une mutuelle assistance, et les bases de l'éternelle alliance des peuples contre les tyrans ; » et par une dernière contradiction flétrit, après leur mort, leur politique compromettante et leurs provocations qui , selon lui, avaient eu pour but de brouiller la France avec toute l'Europe.

« La duplicité qu'attestent ces artifices et mille autres encore moins connus, la cruauté froide, implacable, l'affreuse hypocrisie dont il fit preuve, surtout envers Danton et Camille son ami d'enfance , à qui il ne fit jamais meilleur visage que la veille du jour où il l'envoya au supplice, les lâches calomnies, les défis railleurs dont il se plaisait à poursuivre ses ennemis après leur défaite, et jusque dans leur tombeau, ne laissent rien subsister, il faut bien le dire, du lauréat doucereux de l'Académie des Rosatis , de ce Robespierre sentimental et élégiaque que des fables trop complaisantes nous ont montré victime résignée du bien public, immolant à des devoirs austères son humanité naturelle, versant des larmes amères sur le sang qu'il était forcé de répandre , et sans cesse comprimant son cœur pour

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