‹ La pitié sons la terreurChapitre 54 sur 83 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ROBESPIERRE, SAINT-JUST

KOBESPIEKRK.

La Gironde a péri; Duchesne et ses complices Ont payé leurs forfaits ; de nouveaux sacrifices S'imposent , malgré nous , au salut de l'État. Modérés, Indulgents infestent le Sénat, Et siègent au sommet de la sainte Montagne. Contre les Immoraux encore une campagne , Saint-Just: notre devoir, notre condition Sera l'écrasement de chaque faction.

Il en est une encor, la faction cynique Qui parle de clémence, et dont la politique, Osant nous entraver dans nos vastes desseins , Compte briser le char que dirigent nos mains.

Dans d'odieux journaux ils disent à la foule Qu'au gré des Comités iniques le sang coule , Que nous faisons le vide , et qu'enfin la Terreur Aura ses triumvirs et même un dictateur.

SAINT-JUST

On sait les trois : Couthon , Saint-Just et Robespierre ,

L'un à l'autre attachés , comme à son mur un lierre;

Le ciment qui les tient ne peut être abattu ,

Car c'est le fort ciment de l'austère vertu.

Oui, l'immoralité contre nous trois conspire;

Tout Indulgent s'avance à son but : il aspire

A miner sous nos pas l'État républicain.

La clémence hypocrite a pris un masque humain ;

Elle porte aux prisons la coupable espérance

D'un retour au passé que rêve sa démence.

Perfide , elle insinue , en un pamphlet frondeur,

Que le jour est venu d'enrayer la Terreur,

Comme si des richards l'infernale cohue

Ouvrait son héritage au peuple de la rue ! ■

Le peuple est opprimé , le peuple est malheureux ;

C'est à nous d'assurer son bonheur : tu le veux ,

Nous le voulons à trois , nous ses plus purs oracles ;

Eh bien! à nos efforts céderont les obstacles.

L'échafaud , pour un temps triste nécessité ,

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