‹ La pitié sons la terreurChapitre 55 sur 83 · ACTE III. — SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III. — SCÈNE I

Est le fatal outil de notre liberté ;

Il ne peut en chemin laisser œuvre si belle.

Et puis , est-il si pur le sang versé par elle ?

ROBESPIERRE

Contre nos grands projets qu'importent de vains cris ?

De nos accusateurs nul ne nous a compris ;

Mais la postérité , pesant le sacrifice ,

Doit rendre à nos travaux sa tardive justice.

L'heure presse , achevons l'ouvrage commencé :

Un complot nous menace et le piège est dressé;

Deux hommes, que j'aimais autant que ma famille,

Le factieux Danton , l'astucieux Camille

Conspirent au grand jour : mort aux conspirateurs !

SAINT-JUST

Ils ébranlent l'État par leurs journaux menteurs, Et font impudemment appel à l'indulgence.

F.ORESPIERRE.

Tout serait aujourd'hui perdu par la clémence. Toi qui sais à ton coin marquer les vérités, Porte enfin la lumière à l'œil des Comités, Déchire le rideau qui couvre encor des crimes , Et pousse nos amis aux rigueurs légitimes.

SAINT-JUST

La patrie en danger affermira ma voix; L'amour du bien public m'enflamme!.. Toutefois Une accusation doit prévoir la réplique ; Que dirai-je ?

ROBESPIERRE

Qu'il faut sauver la République.

Camille Desmoulins en son Vieux Corclelier L'attaque ; de la paix il montre l'olivier ; Par ses allusions il nous désigne ; il flatte , Il ranime l'espoir de tout aristocrate : Qu'il meure !

SAINT-.IUST.

Mais Danton , que dire contre lui ?

ROBESPIERRE

Qu'il fut à la patrie utile ; qu'aujourd'hui

Il en est le fléau. Tu doutes? tu balances?

Tiens {u lui donne un papier), ici j'ai noté toutes ses défaillances:

Cette pétition , piège du Champ-de-Mars ,

Sa mollesse au Dix-Août , et ses fréquents départs

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