SCENE IV
ROBESPIERRE. SAINT-JUST. CORNÉLIE
SAINT-JUST
Chacun fait avec zèle Son devoir ; à l'envi chacun de dévoûment Rivalise , et le drame est à son dénoûment. Quel procès ! trois grands jours l'émeute menaçante Roulait .près du palais sa horde rugissante ; Puis elle s'arrêtait , elle écoutait ; Danton Semblait faire sonner la conque d'un Triton ; Sa voix allait se perdre au quai de la Ferraille. C'étaient les chocs , les cris heurtés d'une bataille. A ses juges parlant avec fiel et hauteur , Il voulait d'accusé se faire accusateur , Jetait avec audace un voile sur ses vices , Et fier il relevait l'éclat de ses services : « Ami de Dumouriez , par d'Orléans trahi , <( Sans relâche à l'honneur il avait obéi , « Ministre dévoué , sublime politique , « Fondateur presque seul de notre République , « Morte dans les excès dont il portait le deuil. »