‹ La pitié sons la terreurChapitre 79 sur 83 · ACTE IV. — SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV. — SCÈNE VI

« Dans l'idéal aussi j'ai taillé des programmes :

« Rien ne vaut , rien ne vaut que le vin et les femmes.

« J'ai fait la République et voulu l'affermir ;

« Je succombe à la tâche ; adieu ! je vais dormir,

« Las , bien las ! — Aux niais je lègue l'espérance. —

« Pourquoi Camille et moi parlions-nous de clémence ?

« Imbécille, j'avais embrassé la pitié

« Comme un autel où tout pouvait être expié.

« J'eusse sauvé, je crois, jusques à Robespierre

« Que j'entraîne... ah ! qu'il reste en cette fondrière,

« Couvert de fange !.. Un jour, effroi de l'univers,

« Son nom seul fera tache aux noms des plus pervers. »

Tout-â-coup il s'écrie : « 0 ma femme ! » et se dresse De toute sa hauteur : « Danton , point de faiblesse ! » Dit-il, « en paix on dort dans la nuit du tombeau. » Puis , impassible et fier , s'adressant au bourreau : « Nous sommes au spectacle et le peuple est en fête , « Hardiment fais ton œuvre, et montre-leur ma tête ; « Elle en vaut bien la peine. » Et, comme il avait dit, L'exécuteur la montre et le peuple applaudit.

ROBESPIERRE à TAPEDUR.

Bien ! va-t'en, laisse-nous. (A part.) Quelle page d'histoire! (Haut.) Quoi! tu n'es pas sorti . Qu'attends-tu?

TAPEDUR.

Mon pourboire.

Parler m'altère.

SAINT-JUST

Tiens ! tu l'as bien mérité.

Chauffe l'esprit public.

TAPEDUR.

Vive la liberté

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