‹ La pitié sous la terreurChapitre 26 sur 54 · ROBESPIERRE, SAINT-JUST · texte numérisé non relu

ROBESPIERRE, SAINT-JUST

KOBESPIERKE.

La Gironde a péri ; Duchesne et ses complices Ont payé leurs forfaits ; de nouveaux sacritices S'imposent , malgré nous , au salut de l'État. 'Modérés, Indulgents infestent le Sénat, Et siègent au sommet de la sainte Montagne. Contre les Immoraux encore une campagne , Saint-Just: notre devoir, notre condition Sera l'écrasement de chaque faction.

Il en est une encor , la faction cynique Qui parle de clémence , et dont la politique , Osant nous entraver dans nos vastes desseins , Compte briser le char que dirigent nos mains.

Dans d'odieux journaux ils disent à la foule Qu'au gré des Comités iniques le sang coule , Que nous faisons le vide , et qu'enfin la Terreur Aura ses triumvirs et même un dictateur.

SAINT-JUST

On sait les trois : Couthon , Saint-Just et Robespierre , L'un à l'autre attachés , comme à son mur un lierre ; Le ciment qui les tient ne peut être abattu , Car c'est le fort ciment de l'austère vertu. Oui , l'immoralité contre nous trois conspire ; Tout Indulgent s'avance à son but : il aspire A miner sous nos pas l'État républicain. La clémence hypocrite a pris un masque humain ; Elle porte aux prisons la coupable espérance D'un retour au passé que rêve sa démence. Perfide , elle insinue , en un pamphlet frondeur , Que le jour est venu d'enrayer la Terreur, Comme si des richards l'infernale cohue Ouvrait son héritage au peuple de la rue ! ^

Le peuple est opprimé , le peuple est malheureux ; C'est à nous d'assurer son bonheur : tu le veux , Nous le voulons à trois , nous ses plus purs oracles ; Eh bien! à nos efforts céderont les obstacles. L'échafaud , pour un temps triste nécessité ,

Page 1