ACTE III.— SCÈNE I
Ipoiir Arcis , concertés avec la tyrannie ■Qui payait le repos où dormait son génie ; Ses amitiés avec Mirabeau , d'Orléans, Brissot ; son calme alors que grondaient les volcans ; Son mépris de Marat, ses liaisons coupables Avec un Dumouriez , ses liaines implacables Contre les plus grands noms de nos deux Comités; Dans la Convention ses discours emportés , Roulant avec fracas , comme un bruit de tonnerre , En do mâles débuts... finissant terre à terre ;
: Son immoralité , ses délirants festins Avec Lacroix , Hérault , et B'abre , et Desmoulins. Malheur ! car ils savaient , tous ces hommes obliques , Que les seules vertus fondent les républiques.
SAINT-JUST
11 suffit ! la mesure est comblée , et Danton Ne peut, dans sa révolte , aspirer au pardon. C'est atïreux une lutte à mort entre des frères!.. Mais il est des devoirs impérieux , austères , Que les grands citoyens sont tenus d'accepter : Ce qui sert la patrie , il faut l'exécuter ; Il faut briser robslacle aussitôt qu'il se dresse , Accuser fièrement et frapper sans faiblesse.
Maître , j'ai comme toi la résolution : J'irai des Comités à la Convention Lire un ferme discours , plein de patriotisme ; J'irai des Jacobins enflammer le civisme , Et Camille , et Danton , et tous leurs adhérents , Aux malheurs du pays lâches indifférents , Connaîtront le danger de marcher en arrière Et d'enfoncer le char dans son antique ornière. Ma parole est un glaive ; elle cloue au poteau A.vec le calme froid du juge et du bourreau. Qui donc m'opposerait l'obstacle d'une tête ? A l'heure où le devoir parle , rien ne m'arrête. Je vais me recueilhr , et l'accusation Demain sera portée à la Convention.
Tu viendras ?
ROBESPIRRRE.
J'y serai : que tout œil se dessille î Et surtout point de grâce à Danton , à Camille !
ACTl iil.->sci:NE II. 46B