ACTE III. — SCÈNK lli. AUl
l.VCM.K.
To demander asile.
HOBKSIMBRRE.
elqu'un oserait-il mettre ta sûreté péril? n'es-tu pas femme d'un député? ^on pamphlet ironique exhale la menace... }u'importe?... Comment va ton cher petit Horace'* Ct ta mère ?
LUCILE
Très-bien : moi seule à la douleur e ne puis me soustraire ; après tant de bonheur , 3'aiïreux pressentiments ont causé mes alarmes ; e tremble pour Camille, et je verse des larmes, ^.mi a'enfance, toi, toi seul peux le sauver. Tu sais , à tes côtés , comme il a su braver ■^a haine des partis ; tu connais son courage.
ROBESPIERRE
L'innocent peut toujours tenir tête à l'orage. Pourquoi s'inquiéter? qui le trouble aujourd'hui?
LUCILE
Tout s'il est accusé , rien s'il a ton appui.
ROBESPIERRE
Ne suis-je pas toujours l'ami de la famille ?
LUCILE
Ah I quand j'unis mon sort h celui de Camille , Tu fus un des témoins de ce jour fortuné.
ROBESPIERRE
Je me souviens qu'alors tu m'as enrubanné; Nous allâmes, joyeux, chez le maire en carrosse ; Je fis même , je fis une chanson de noce.
LUCILE
Horace vint au monde et tu chantas encor. A peine il a trois ans, protège mon trésor. Dérobe à tout péril une tête si chère , Et veille, surtout veille au salut de son père.