‹ La pitié sous la terreurChapitre 31 sur 54 · ACTE III. —SCÈNE m · texte numérisé non relu

ACTE III. —SCÈNE m

nOBESPIERRB.

Ist-ce qu'il aurait peur? Non, il se croit puissant ;

l l'est , i'ùt-il coupable; et, s'il est innocent,

l doit du tribunal attendre la justice.

)e nos probes jurés puis-je entraver rotiice ,

loi , le juste ? Camille est assez défendu

,*ar tout ce qu'il a fait jadis!

LUCn.K.

Il est perdu , t'il est abandonné par ceux-là que naguère »ans sa feuille il vantait , comme toi , Robespierre.

ROBESPIERRE

l m'a loué peut-être? Eh! que m'importe à moi

'il faiblit, du pays s'il attaque la loi ,

i- des conspirateurs il a pris la défense,

'il fait dans les prisons descendre l'espérance ,

i des nécessités il blâme la rigueur

It des décrets récents inspire enfin l'horreur ?

.a Terreur en nos jours est sainte et légitime :

ton but est glorieux, l'entraver est un crime.

LUCILK.

Voilà donc ce que peut attendre l'amitié

De ce froid égoïste , fgnorant la pitié ,

De cet homme sans cœur, novateur sans entrailles ,

Qui fait , sans nul remords , appel aux funérailles ,

Les déchaîne à travers nos bourgs et nos cités ,

Et soumet à son joug toutes les volontés.

C'est le glaive , poussé par un instinct féroce ;

C'est l'absurde cruel, surmonté de l'atroce;

C'est la guerre aux vivants... Camille, c'est la mort!

La mort aussi pour moi ! ton sort sera mon sort !

ROBESPIERRE

Lucile, quel délire

LUCILE

Ah ! je saurai le suivre :

Si des juges vendus l'immolent , dois-je vivre ? La mort trace la voie où s'élance l'amour , Et , mon époux tombé , je briguerai mon tour ; FA tu t'applaudiras de la chute ; mais tremble , Tremble !... de nos vengeurs la cohorte s'assemble ,

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^'(îiiliardit et te cherche , et toi-môme , incertain , Pu te blesses au fer manœuvré par ta main. fin révohitions, rien comme un sang de femme M'est fertile : Lucrèce alluma cette flamme )ui dans Rome embrasa l'édifice des rois. Virginie , en mourant , fit triompher les lois. \u cœur vil de Marat s'ouvrant un sûr passage , Le poignard de Charlotte a glacé ton courage. Morte , redoute-moi , car nos mânes errants , Pour absoudre le ciel, renversent les tyrans, le te quitte , et je cours contre l'ami qui tue Tonner et soulever le peuple de la rue. Garde à toi !

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