ACTB III. — SCÈNE VII
usque daiis les prisous leur audace conspire. § fonde en détruisant tout ce qui pourrait nuire. Ta molle politique , à toi , marche au rebours , Ct nous ramènerait aux bassesses des cours , ^ ces temps désastreux d'ignoble idolâtrie )ù l'affreux privilège opprimait la patrie : ^e relevons jamais l'édifice abattu , .^idèles aux devoirs de l'austère vertu.
DANTON
a vertu !... trop longtemps à sa voix solennelle , Dans ses égarements, mon âme fut rebelle ; Mais j'ai le sentiment vague de ses grandeurs : Vl travers les forfaits j'entrevois ses splendeurs, ilien dans les passions n'est égal à ses charmes , 3ui semblent embellis encore par ses larmes ; 21ar la vertu gémit et pleure à tes discours ; Uar, livrée aux horreurs, la France de nos jours L'émeut , et la pitié , qu'implorent les victimes , Demande au ciel vengeur la tin de tant de crimes.
ROBESPIERRE
est l'accusation sans nul déguisement , O'est Danton renégat , Danton qui se dément , Qui se repent, qui rompt avec la Répubhque.
478 LA PITIÉ sous LA TERRJBIIR.
DANTON
Non , je l'aime et propose un remède héroïque Pour la sauver : des lois , des décrets rassurants , Donnant aux accusés d'infaillibles garants , Rendant, pour affirmer la un de nos colères, Les pères à leurs lils , les filles à leurs mères.
ROBESPIERRK.
Rouvrant sans doute aussi la France aux émigrés I
Des renaissants abus restaurant les degrés !
Relevant les châteaux ! ramenant en cortèges
Les vieux droits des seigneurs et tous leurs privilèges !
Abandonnant la femme aux êtres dépravés
Qui stipulent un prix pour les maris sauvés !
Ruine de l'État que l'aliment du vice !
DANTON
Je ne suis pas un juste et j'aime la justice. Nous avons tous besoin d'expier nos erreurs : On nous pardonnera si nous séchons des pleurs.
ROBESPIERRE
Un repentir amer sied à l'âme coupable.