ACTF. III. — SCÈNE VII. 47Î
le soulève le poids du remords qui t'accable ; i est lourd , écrasant pour toi , l'homme hautain , \u l'ond aristocrate et faux républicain, ^aisse-nous donc planer aux régions sereines Jue ne connaissent pas les âmes incertaines. D'une cause perdue on peut être avocat; h^ais-toi payer : sans toi nous sauverons l'Etat.
DANTON
Par vous il est perdu! [-.'éclipse de vos phares t'hait la nuit ; le vaisseau sur des côtes barbares iSe brise , et de ses flancs , par l'orage outragés , S'abîment dans les flots les pauvres. naufragés.
-ROBESPIERRE
Ces phrases de rhéteur colorent ta rancune; Réserve leur éclat aux effets de tribune.
DANTON
A-li ! tu railles Danton , Danton calomnié ; Danton tardivement conquis à la pitié ; Danton qui , retrouvant sa primitive audace , Te pénètre , t'impose et te regarde en face , Et te dit hardiment ce qu'aucun ne t'a dit :
Énergumène étroit et peureux , sec esprit , Copiste de Rousseau que tu n'as pu comprendre , Tu ne sais rien qu'agir en dessous et qu'attendre. En toi sens dépravé , perfide intention , Entêtement du prêtre en sa religion, Fanatisme fermant le cœur à tout murmure. Ahl parfois le bourreau s'émeut, jamais l'augure. — Augure de qui croit à ton apostolat , Tue , et ne laisse pas dormir l'assassinat ; Tue avec calme ou rage , et porte l'épouvante Au comble... je prévois la fin de la tourmente , Ta chute ! elle absoudra le ciel ; tu tomberas , Monstre !
ROBESPIERRE
Ce n'est pas toi du moins qui le verras