ACTE IV. — SCfcNE Vf
SAINT-JIST.
voulons tout savoir , tout 1
TAPEDUR.
Fabre d'T^glantine u,pâle, faible, avait piteuse mine.
ippeaux était calme, et Westermann hautain ; ^ raillait sans merci Chabot , le capucin ; anquillement Lacroix causait avec Séchelle,
tous deux ont monté bravement à l'échelle. kis les plus scélérats , Desmoulins et Danton , mblaient deux échappés des murs de Charenton. imille est indigné qu'en ces mots on le berne : Procureur général , allume ta lanterne I » répond furieux : « Loin d'ici , vil troupeau Dont les ciseaux tondeurs ont écorché la peau ; Toi qui lèches le sang répandu par tes maîtres ; uToi qui , trompé par eux , regardes comme traîtres INous qui t'avons aimé , nous tes vrais défenseurs... ^On nous tue et tu ris 1 . . Qui donc aux oppresseurs [T'arracha?.. Dans tes bras tu serrais ton Camille appelant ton audace aux murs de la Bastille. Combien, pour t'éclairer, j'écrivis de journaux ! Tu n'as pas voulu croire à mes conseils loyaux
(( Quand j'ai dit: Plus de sang !— Cette ardeur fanatique « A tuer , à son tour tùra la République. « — Ah I tu ris aux éclats encor, las de bandits !.. » Et de rage en lambeaux il mettait ses habits.
Danton fiévreux , Danton , en paroles moins sage , Les yeux en feu , disait dans un long rabâchage : Quand ces frères Gain luttent d'assassinats, Toujours l'autorité reste aux plus scélérats. Je quitte sans regret le gâchis où nous sommes : Pas un d'eux ne s'entend à gouverner les hommes. Peut-être ils marcheraient encor, si moi, Danton, Je laissais en partant mes jambes à Couthon , A MaximiUen mes sources d'énergie , A ce Max , corps débile , inhabile à l'orgie , Et par tempérament fécond en lâchetés.
Il épure en espoir déjà les Comités ; Mais, honteux d'obéir à des nains de sa taille. Bientôt ils briseront ce roi de la canaille , De ces brutes criant , hurlant avec transport En voyant tête-à-tête un géant et la mort. Chante, peuple idiot: « Vivent les Républiques ! » La tienne expire , prends vite de ses reliques ! Garde-les , cache-les , et reconnais un jour Quels barbares en haine ont changé ton amour.
AOTK IV.— SCiNE VI. ft<H
ans l*idéal aussi j'ai taillé des programmes : ien ne vaut , rien ne vaut que le vin et les femmes, l'ai l'ait la République et voulu l'aftermir ; fe succombe à la tâche ; adieu î je vais dormir, Las , bien las ! — Aux niais je lègue l'espérance. — Pourquoi Camille et moi parlions-nous de clémence ? (mbécille, j'avais embrassé la pitié Tiomme un autel où tout pouvait être expié. l'eusse sauvé, je crois, jusques à Robespierre Que j'entraîne... ah ! qu'il reste en cette fondrière, liouvert de fange I . . Un jour , effroi de l'univers , Son nom seul fera tache aux noms des plus pervers. «
^t-à-coup il s'écrie : a 0 ma femme ! » et se dresse toute sa hauteur : « Danton , point de faiblesse ! » ,-il, « en paix on dort dans la nuit du tombeau. » is , impassible et fier , s' adressant au bourreau : •^ous sommes au spectacle et le peuple est en fête , îardiment fais ton œuvre, et montre-leur ma tête ; elle en vaut bien la peine. » Et , comme il avait dit , iixécuteur la montre et le peuple applaudit.
ROBESPIERRE à TAPEDUR.
tn ! va-t'en, laisse-nous. (A part.) QueWe page d'histoire I ïaut. ] Quoi ! tu n'es pas sorti? Qu'attends-tu ?
o02 LA PITIÉ SOUS LA TERREBR.
Parler m'altère.
TAPEDLR.
Mon pourboir(
SAIiNT-JUST.
Tiens ! tu l'as bien mérité.
Chauffe l'esprit public.
TAPEDUR.
Vive la liberté î