‹ La pitié sous la terreurChapitre 49 sur 54 · SCÈNE VIll · texte numérisé non relu

SCÈNE VIll

ROBESPIERRE. SAINT-JUST. AlGLEBOIS.

AIGLKBOIS.

'y voilà donc !

ROBESPIERRE

Qui vient dans notre solitude ?.

AlGLEBOIS.

.iglebois le captif, libre langue, main rude: ►emande aux Prussiens !

ROBESPitERRE.

Par quelle trahison .\iglebois sans mon ordre est-il hors de prison?

AIGLEBOIS.

J'échappe à mes geôliers : honte à qui se résigne!

De ton seuil interdit je brave la consigne ,

Et j'accours, sans souci de mes jours condamnés ,

T'épouvanter du cri de tant d'infortunés ,

Qui , tués par la loi dont tu fus le complice ,

Pour prix de leur torture appellent ton supplice.

La nation , muette en sa compression ,

N'attend que le signal de la réaction.

Tyran, c'est toi surtout qu'accuse la patrie.

N'as-tu pas érigé le meurtre en théorie ,

Mis à l'ordre du jour la Terreur , et proscrit

La divine Pitié?.. La France te maudit,

Et le ciel outragé prépare sa vengeance.

Je savoure en espoir ta prochaine impuissance.

Dans la Convention , qui t'aura délaissé ,

Je te vois , t'indignant contre un accueil glacé ,

Lire un arrêt de mort sur de pâles visages.

Dans leuirs propres périls s'ils puisent leurs courages

Si la peur arme enfin plus d'un lâche tribun ,

Si du salut privé naît le salut commun ,

Paris battra des mains à ta chute , et la France

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