HISTORIQUE
L'idée d'utiliser l’or dans le traitement de la tuberculose pulmonaire est très ancienne. Dès le dix-septième siècle, Paracelse préconisait ce médicament dans la cachexie des phtisiques.
Mais ce n’est qu'avec les travaux d’Ehrlich sur le traitement chimique des maladies parasitaires que fut ouverte la chrysothérapie moderne. Cet auteur démontra, en effet, les propriétés antiseptiques du cyanure d’or qui, ën vitro, arrête le développement du bacille de Koch. En 1913, Bruck et Gluck publièrent un important mémoire sur le cyanure d’or et de potassium. Un certain nombre d’auteurs expérimentèrent ce produit, mais sa grande toxicité ne permit pas d’en généraliser l’emploi.
Dès 1845, deux chimistes français, Fordos et Gelis, avaient découvert le thiosulfate d’or et de sodium sous une forme brute et, en 1907, Gilbert et Deval en avaient entrepris l’étude expérimentale. Ce fut M6llgaard qui parvint à l'obtenir à l’état d'extrême pureté, par la méthode des cristallisations successives, et c’est sur lui que se fixa le choix de l’auteur danois. Ce biologiste, poursuivant une série d’études sur la tubercu-
lose des bovidés, traite un certain nombre d'animaux avec ce produit qui, infiniment moins toxique, peut être injecté impunément à des animaux tuberculeux, particulièrement à des veaux. Il enraye alors le développement de la tuberculose expérimentale.
Le 28 octobre 1924, Môligaard communique à la Société danoise de Médecine interne, les résultats que lui avaient permis d’obtenir quatre années d’expérimentation et présenta sous le nom de « Sanocrysine » le nouveau remède comme destructeur du bacille de Koch et modificateur du tissu tuberculeux.
Cette communication suscita un très grand intérêt et entraîna immédiatement une double série de recherches expérimentales et cliniques.
Madsens et Morch vérifièrent qu’en effet, ce médicament s’oppose au développement de la tuberculose expérimentale et présentèrent une série d’animaux qui, comparés à des témoins, étaient restés manifestement indemnes.
Au point de vue clinique, Knud Secher présente en même temps, à la même société, plusieurs malades, dont l’état avait été nettement amélioré par la nouvelle méthode. Knud Faber, utilisant à son tour le médicament, déclarait qu'aucun traitement de la tuberculose ne lui avait paru aussi efficace.
Dès cette époque, la sanocrysine connut une grande vogue et fut largement expérimentée dans de nombreux pays. Introduite en France par L. Bernard, elle fut l’objet de nombreuses et sérieuses recherches. En 1926, elle fut soumise à une commission d’enquête à
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la Société d'Etudes scientifiques sur la Tuberculose, qui entendit les rapports de L. Bernard, de F. Bezançon, de E. Rist, de E. Sergent. D’une façon générale, les conclusions de cette enquête ne furent pas très favorables au nouveau médicament. Seul, L. Bernard se montra partisan de la méthode, dont il demeura jusqu’à sa mort un des plus ardents défenseurs.
Cependant, à l'enthousiasme des premiers moments succédèrent la méfiance et le scepticisme chez la plupart des auteurs. C’est alors que F. Dumarest et H. Mollard s’attachèrent à modifier la posologie et préconisérent la méthode des doses faibles, estimant que la médication ainsi administrée était efficace et cessait d’être dangereuse. Ils introduisirent dans cette thérapeutique la notion féconde de l’auro-tolérance et de l’auro-résistance. L’aurothérapie entra alors dans la pratique médicale courante.
En 1932, elle fut une des questions mises à l’ordre du jour de la VIII Conférence internationale de la Tuberculose, à La Haye. Elle y fut l’objet de nombreux rapports et d’une importante discussion. Le rapport général du professeur Sayé se montra d’un optimisme extrême, l’auteur affirmant que la méthode «ouvre des perspectives de guérison insoupçonnées ». Des opinions souvent incertaines et contradictoires qui furent exprimées, il est difficile de dégager une doctrine. Certains insistèrent sur l’inefficacité du médicament et sur ses dangers ; d’autres se montrèrent nettement favorables; le plus grand nom-
bre fit de sérieuses réserves.
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ES Depuis ces débats, se dessine, parmi les phtisiologues, une réaction contre l’abus des sels d’or dans le traitement de la tuberculose pulmonaire. Au cours “ de ces dernières années, ce mouvement n’a fait que H: as s’accentuer, et, si quelques-uns lui accordent encore
e leur crédit, la plupart tendent à restreindre l’emploi | des sels d’or et à leur donner la place limitée qu’ils : méritent. Parmi les publications les plus récentes, nous citerons celles du professeur Sergent, de E. Rist, n°: du professeur Castaigne, de R. Benda, de P. Bour- PE geois, de U. Guinard, de M. Nouvion, de A. Dufourt, ES de R. Burnand, de P. Veran, etc...
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