‹ La Place de l'Étoile et l'Arc de Triomphe; la construction de l'Arc de Triomphe et ses ornements; les événements historiques--appendices et tablesChapitre 17 sur 23 · PREFET DE LA SEINE · texte numérisé non relu

PREFET DE LA SEINE

« Monseigneur, nos vœux vous suivirent à vo

tre départ, nos acclamations vous attendaient à votre heureux retour. Depuis trente ans, le nom de guerre netait qu'un cri d'eîfroi, qu'un signal de calamité pour les peuples ; la population des Etats envahis comme celle des Etats conquérants se précipitant l'une sur l'autre, offrait aux yeux du sage un spectacle lamentable. Aujourd'hui la guerre relève les nations abattues. Sur tous les points d'un vaste empire elle apparaît humaine, protectrice et généreuse. Guerrier sans peur, conquérant sans vengeance, votre vaillante épée, à la voix d'un puissant monarque, vient de consacrer le noble et légitime emploi de la valeur et des armes. Les trophées de la guerre devenus la consolation d'un peuple opprimé ; le volcan des révolutions fermé pour jamais ; la réconciliation de notre patrie remontée aux yeux du monde ; la victoire rendue à nos marins comme à nos guerriers ; la gloire de tous les enfants de France confondue en un nouveau faisceau ; les noms de Logrono, de Lorca, de Pampelune, Lïado et de Llers, ceux du Trocadéro et de Sainti-Pietri unis désormais à ces noms célèbres dont votre famille toute française adopte la gloire. Tels sont, monseigneur les résultats de cette mémorable campagne, telle est l'œuvre que vous avez accomplie. Entrez dans ces murs, ils sont pleins de vos aïeux, dont la magnifique couronne se pare en ce jour d'un si beau fleuron ; la grande cité retentit de louanges et d'allégresse, elle est fière de recevoir ses guerriers ; ses avenues sont remplies d'un peuple immense qui sourit à nos nouveaux triomphes ; plus loin, sous les antiques

voûtes de son palais sacré, un père, un roi, veut placer sur votre front une couronne de lauriers ; déjà son cœur tressaille à l'approche de celui qu'il nomme la joie de sa vieillesse el la gloire de la France : c'est dans ses bras que vous recevrez le double prix de la sagesse politique et de la valeur guerrière. Vive le duc d'Angoulême ! »

Le prince a écouté avec beaucoup de bonté ce discours, et ôtant son chapeau pour obtenir le silence et faire cesser un moment les acclamations qui retentissaient au loin, il s'est penché sur son cheval et a répondu :

<( Je suis bien sensible aux félicitations que vous m'exprimez au nom de la ville de Paris. Je suis heureux d'avoir rempli la mission que le roi m'avait donné, d'avoir rétabli la paix, et d'avoir montré qu'on peut tout faire à la tête d'une armée française ».

Les acclamations ont recommencé avec un nouvel enthousiasme et le prince, après avoir donné des marques de la plus touchante affabilité, a repris la marche du cortège.

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