‹ La Place de l'Étoile et l'Arc de Triomphe; la construction de l'Arc de Triomphe et ses ornements; les événements historiques--appendices et tablesChapitre 4 sur 23 · UN MOT SUR LES ARCS DE TRIOMPHE · texte numérisé non relu

UN MOT SUR LES ARCS DE TRIOMPHE

Les arcs de triomphe sont des monuments de civilisation romaine. Les uns, tardifs, sont ceux qui lurent construits en matières durables. Les Romains avaient Vusage lorsqu'ils accordaient les honneurs du triomphe à un chef, d'élever sur le pont triomphal un portique en bois surmonté d'une plate-forme ou tribune où se tenaient des musiciens et des hommes porteurs de trophées. « Les faces principales étaient ornées des images ou attributs des villes conquises, des nations vaincues, des dépouilles de Vennemi et de peintures représentant des batailles. On y suspendait des guirlandes de fleurs et de feuillages, et une victoire ailée descendait de la voûte pour poser une couronne sur la tête du vainqueur au moment de son passage ».

Alors ces édifices n'avaient que la durée de la cérémonie. Mais plus tard, les richesses, le goût des arts, le désir surtout de perpétuer certaines souvenirs ou quelques noms glorieux, firent élever des monuments ou le marbrée le disputait à la pierre et où la sculpture s'étalait largement.

a Les premiers arcs ne consistaient qu'en une arcade de plein cintre, appuyée sur deux pieds droits, comme fut celui qu'on éleva à Ventrée de la voie sacrée au censeur Fabius après sa victoire sur les Allobroges ; il était surmonté de la statue du triomphateur. Plus tard on les enrichit de pilastres, de colonnes portant un entablement, quelquefois même formant avant-corps avec ou sans fronton.

<( Souvent il y avait une grande arcade flanquée de deux portes carrées, ou trois arcades de même dimension ; mais on parut s'arrêter selon les lois du goût et de la convenance, à une grande arcade pour le passage du triomphateur et à deux petites pour son cortège.

<( Les viïhes donnèrent souvent à leurs portes la figure d'arcs triomphaux, tels que ceux de Vérone ».

Ces monuments devinrent nombreux et les modernes en ont ajouté beaucoup encore à ceux qui nous sont restés de l'antiquité.

Voici les principaux :

L'arc de Constantin d Rome érigé a l'occasion, de sa victoire sur Maxence.

L'arc de Septime Sévère, élevé vers 260 par Marc-Aurèle-Victor.

L arc de Titus, érigé à Rome à l'occasion des victoires remportées par Titus en Judée.

L'Arc des Orfèvres, Rome.

L'Arc de Bénévent, élevé à Trajan.

L'Arc d'Ancone.

L'Arc de Rimini, regardé comme le plus an-

tien élevé par les Romains. Il était dédié à Auguste.

L'Arc de Suze, au pied du Mont-Cenis.

L'Italie moderne possède Varc triomphal élevé au roi Alphonse à Naples ; celui de Palladio, à Vicence.

On cite des arcs à Berlin, en Grèce, en Istrie, en Dalmalie. En Espagne on en remarque à Mérida, à San Yago, à Alcantara, MaHorel Dura, Cabanès, etc.

Les Chinois ont aussi celui de Paï-le-ou.

En France ces arcs sont nombreux, surtout dans le Midi si longtemps dominé par les Romains. Arles, Carpentras, Autun, Cavaillon, Saint-Rémi ont des arcs de triomphe et Von cite entre tous celui d'Orange érigé en V honneur de Marius à Voccasion de sa victoire sur les Cimbres, les Teutons et les Ambrons.

On remarque à Marseille Varc de triomphe portant Vinscription : « A la République. Marseille reconnaissante. »

Il y a encore Varc en ruines de Reims qui paraît avoir été élevé à Jules César, sous Auguste, pour sa conquête des Gaules.

Paris possède les portes Saint-Denis et Saint- Martin élevées à la gloire de Louis XIV. Le premier est de François Blondel (1), le deuxième de Pierre Rullet{2), son élève. L'arc du Carrousel construit par Percier (3) et Fontaine^), de 1806 à

(1) Architecte, né à Ribemont (1617-1686).

(2) Architecte, né à Paris (1639-1716). On lui doit l'Eglise Saint-Thomas d'Aquin .

(3) Percier, Charles, né et mort à Paris (1761-1838), rem porta le premier prix de Rome en 1786.

(4) Architecte, né à Pontôisî (1762-1853).

1809, qui ne devait pas sortir de la cour des Tuileries put lui servir de porte d'honneur.

C'est alors que Napoléon voulut qu'on éleva un arc triomphal qui remporterait par les dimensions, les ornements, remplacement, l'entourage, sur tous les monuments de ce genre construits et il créa VArc de Triomphe de l'Etoile.

Cet Arc a été très critiqué. Le style a-t-on dit, manque d'unité. L'ensemble est Romain, l'ornementation est grecque. La base serait trop sévère, trop lourde pour la partie supérieure qui est délicatement ornée. Et l'on a dit : « Le couronnement dentelé qui sert de balustre et d'acrotère à la terrasse, ce couronnement est mesquin ; Vattique et tout l'entablement le sont également. La corniche manque d'ampleur et die saillie ; elle n'est pas dans la proportion des autres membres de Védilice. La frise où cheminent les armées est trop étroite. L'architecte n'a pas calculé ses dimensions en raison de la hauteur du monument... »

Il n'a cependant pas été permis de faire plus grand que ce monument qui, soit par ses dimensions, soit par ses ornements, rappelle l'épopée glorieuse de nos armées, et se trouve par sa situation être la Porte Triomphale de la capitale

G. DUCHESNE, Mai 1907.

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