EU: 7 NE
D'autre part, les liquides duodénaux exercent un pouvoir tampon sur le taux de l'acidité gastrique. Ce pouvoir est presque nul chez l’ulcéreux.
Par ailleurs, il secrète une toxine par l’intermédiaire des glandes de BRUNNER qui à l'état normal entre dans diverses combinaisons chimiques et est détoxiquée par le foie, elle augmente le tonus et le péristatisme intestinal, provoque de l’asthénie et une congestion splanchnique.
Quand il existe de la stase duodénale, donc une gêne dans l’élimination de la toxine, il existe souvent un ulcère. SLOAN a rapporté 54 cas où une opération libérant la stase a permis la guérison d’un ulcère. Des cas identiques ont été rapportés par M. Duvar, par KELLOG...
Chez plus de la moitié des malades de BERGERET vpérés pour stase, existait un ulcus.
Chez les gastro-entérostomisés, le reflux et la stase dans l’anse afférente semblent conditionner la persistance de l’ulcus duodénal ou l'apparition de l’ulcus peptique.
Des travaux récents de SANDWELL, de Bray et Ivy ont permis d’isoier dans les urines de sujets normaux, trois principes ulcéreux:
— l'urogastrone qui à la dose de 35 milligrammes inhibe la secrétion gastrique produite par l'histamine ;
— un facteur inhibiteur de la motilité gastrique ;
-— un dernier facteur qui empêche l'apparition de l'ulcère créé par la méthode de Mann, Wüic-
DT
LIAMSON. Ce facteur est absent dans l’urine des ulcéreux. | HILLEMAND et BERGERET en concluent que le duodénum agit sur la secrétion gastrique par voie humorale et par voie directe, exactement comme la région antro-pylorique ;
— qu'il secrète une substance toxique ;
— qu'il existe enfin un principe anti-ulcéreux dont l’action s'oppose à l’action des glandes de BRUNNER, il pourrait même neutraliser la toxine duodénale.
Par ailleurs ELLIOT a montré que la tétrohydro B napthylamine, proche de la toxine duodénale, détermine l'apparition régulière d’ulcères G.D. |
Partant de ces données, les mêmes auteurs émettent l'hypothèse suivante :
Un fait psychique ou émotionnel, une fatigue physique, certains excès (alcool, tabac), déclancheraient par l'intermédiaire du système vago-sympathique une augmentation massive de la toxine duodénale qui dépasserait la possibilité de neutralisation du facteur ‘anti-ulcéreux. C2lui-ci disparaît des urines. La toxine interviendrait sur les fibres splanchiques.
En même temps la secrétion chlorhydro-peptique est augmentée par perturbation de la secrétion des glandes duodénales et antrales. Il en résulte un ulcère ei sa localisation s'explique par l’action corrosive du suc gastrique sur les zones alcalines mal protégées par le mucus.
Puis l’organisme renforce ses moyens de défense, le facteur anti-ulcéreux reparaît, la guérison est
ee URAUZ
obtenue ; mais pour la même cause, les mêmes phénomènes pourront se reproduire et des lésions dégénératives des nerfs pourront déterminer la chronicité.
Telle est cette nouvelle théorie pathogénique qui s'appuie sur de nombreux travaux. Ajoutons que BER- GERET a guéri un ulcère peptique par simple exérèse du bulbe duodénal, ce qui condamnerait la gastrectomie pour exclusion, mais ce cas demande à être vérifié par de nouvelles observations.