‹ La place de la gastrectomie de gauche à droite dans le traitement des ulcères gastro-duodénauxChapitre 52 sur 68 · À. - LE GRAND CHOC AVEC COLLAPSUS CARDIO-VASCULAIRE · texte numérisé non relu

À. - LE GRAND CHOC AVEC COLLAPSUS CARDIO-VASCULAIRE

est exceptionnel.

Son tableau est trop connu pour que nous le décrivions.

Insistons seulement sur l’étude de la tension arté-

rielle qui indique une hypotension considérable.

La valeur de la différentielle tend au zéro.

Le traitement doit lutter :

1° Contre l'exhémie par une réhydratation abondante par voies sous-cutanées et surtout intra-veineuses. Nous employons surtout un sérum type Binet (bicarbonate de Na-hyposulfite Na et citrate diso-

dique), dit sérum £, de la facon suivante :

Dans une cupule stérile on mélange 750 cc. de sérum L, une ampoule de 10 ec. de citrate de soude et 250 cc. de sang d’un donneur du même groupe que l'opéré.

Ce mélange est ensuite transfusé-à l'aide de l'appareil de Jouvelet. |

Cette pratique a permis de surmonter des chocs très importants.

2° Contre le collapsus vasculaire par les analeptiques cardio-respiratoires et vasculaires : camphre, coramine, éphédrine, ouabaïne.

Un vagolytique tel que latropine est adjoint à l’'éphédrine.

L’infiltration sino-carotidienne a été rarement employée.

3° Contre la défaillance endocrinienne par les extraits cortico-surrénaux.

4 Contre l'anoxhémie et l'anoxie par l’inhalation

d'oxygène.

B. - UN CHOC PEU INTENSE est plus souvent rencontré. Il se décèle surtout par un pouls un peu rapide, une certaine pâleur et quelques vomissements. Mais surtout par une tension fortement pincée, dont la courbe s'infléchit sur la feuille de température.

Les extraits cortico-surrénaux et l’administration de sérum EL et chloruré remet#ront les choses en ordre.

COMPLICATIONS DIGESTIVES. — Normalement, l’opéré

emet ses gaz dans la nuit du deuxième au troisième

jours, tandis que les vomissements post-anesthésiques cessent au bout de quelques heures après l’intervention.

Parfois apparaît un certain degré d'’iléus paralytique dans les trente-six premières heures. Le début cst plus souvent insidieux. Il se développe un ballonnement sus-ombilical, les vomissements apparaissent généralement peu nombreux. |

La rechloruration est pratiquée par voie veineuse à raison de 20 à 30 grammes de sel par vingt-quatre heures en solution hypertonique.

La stase gastrique est combattue par un lavage gastrique ou, au besoin, par la mise en place d’une

sonde de Wangensteen. -

COMPLICATIONS PULMONAIRES. — Elles surviennent dans 5 % des cas. <

Normalement il existe le soir de l'intervention une diminution importante de l'amplitude respiratoire avec abolition du murmure vésiculaire aux deux bases. Cette complication mineure est atténuée par

l’infiltration novocaïnique de la paroi.

Les pneumopathies banales à type de bronchite ou de broncho-pneumonies ne semblent pas en rapport avec le mode d’anesthésie. Nous n’en avons relevé que huit cas.

Elles furent traitées par les moyens classiques auxquels furent adjoints les sulfamides ou même la pénicilline par voie sous-cutanée ou sous forme

d’aérosols.

Me VU

Elles furent cause de décès dans cinq Cas, notamment :

— chez un asthmatique.

—— chez deux malades à passé pulmonaire chargé,

L’atélectasie pulmonaire. — Elle apparaît entre le quatrième et le septième jours; nous en avons observé un cas décelé par un point de côté thoracique, un hémithorax immobile et rétracté avec abolition du murmure vésiculaire et des vibrations et déviation de la pointe cardiaque du côté malade.

L'inhalation de Carbogène est la meilleure thérapeutique.

L'infarctus. pulmonaire type Laënnec. — Il survient du cinquième au neuvième jours. Il est annoncé par:

— une diminution du temps de coagulation,

— un léger pincement de la tension différentielle,

— un réflexe oculo-cardiaque tendant vers la

vagotonie.

Ces signes précédent les accidents pulmonaires et iiposent dès leur lecture sur la feuille de température :

CONTRE LA VAGOTONIE : l'injection d’atropine et de sympathicomimétiques (éphédrine 16 cg.) ;

CONTRE L’HYPERCOAGULABILITÉ : l'administration soit de citrate disodique, soit mieux, de dérivés de la Coumarine et de bicarbonate de soude qui agira en même temps sur la baisse de la R. A. et renforce Vaction des sympathico-mimétiques. i

CONTRE LE PINCEMENT DE LA TENSION DIFFÉRENTIELLE : injection d'extraits cortico-surrénaux.

DDASS

St l'infarctus apparaît, le traitement est le même avec, en plus, la morphine pour lutter contre les douleurs; les injections intra-veineuses de novocaïne, et l'inhalation d'oxygène pour combattre la diminulion. de l’hématose.

Nous avons perdu deux opérés d'infarctus.

COMPLICATIONS PLEURALES. — Pleurésies séreuses : font souvent suite à un infarctus sous-cortical. L’épanchement se résorbe spontanément ou après une ou deux ponctions. Nous en avons rencontré un

cas.

Pleurésies purulentes : exceptionnelles, un seul des opérés a présenté cette complication qui, apparue insidieusement, résista à la thérapeutique en une période où la pénicilline n’était pas encore à notre

disposition.

ATONIE GASTRIQUE. — Parfois elle ne se décèle que par une évacuation retardée. Mais parfois elle des-

sine un tableau dramatique.

Nous avons observé un cas se présentant comme une sténose avec :

— intolérance, — vomissements, — ballonnement, __ atteinte de l’état général.

Le syndrome est le même, qu'il s'agisse d'un simple trouble fonctionnel ou qu’on ait affaire à une cténose mécanique due à une bouche trop rétrécie par le surjet ou à un étranglement du grêle dans

la brèche mésocolique ou, à une anse trop longue invaginée dans l’estomac.

S'agit-il d’une atonie gastrique fonctionnelle ou d'une sténose mécanique imposant une réintervention immédiate ?

Le diagnostic est très difficile. Seule l'épreuve du traitement anti-spasmodique donnera la clef du

mystère.

LES ULCUS PEPTIQUES POST-OPÉRATOIRES

C'est une redoutable complication de la gastroentérostomie et on pouvait espérer que la gastrectomie permettrait de l’éviter. Mais, dès 1922, Vox HABERER en signala le premier cas, et depuis ces ulcères gastro-jéjunaux ont suscité de nombreuses

publications.

La pathogénie a été mise au point par LERICHE dans son rapport au XL° Congrès chirurgical.

L’ulcus post-opératoire est essentiellement une maladie des -anastomoses faites sur des estomacs hyperacides. Il semble toujours conditionné par une hyperacidité du suc gastrique. Comme on ne sait jamais d'avance si une opération produira de l’anachlorhydrie, l’ulcus peptique est toujours possible après toute opération. D'après MORENO, qui a pratiqué quelques examens chimiques et réuni les travaux publiés, il n'y a que 70 % des gastrectomies de divers chirurgiens qui soient anachlorhydriques après repas d’épreuve. C’est le même chiffre qu'a trouvé Marx par l’épreuve à l'histamine. La discor- . dance qui existe entre la grande rareté des ulcères peptiques après gastrectomie et cette proportion de 30 % de chlorhydrie persistante après gastrectomie

est difficile à expliquer.

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