‹ La place de la gastrectomie de gauche à droite dans le traitement des ulcères gastro-duodénauxChapitre 53 sur 68 · A. OUR · texte numérisé non relu

A. OUR

Peut-être faut-il faire jouer un rôle à l'existence d'ilots aberrants de muqueuse antrale dans le fundus ou incriminer les phases psychiques et intestinales de la sécrétion.

En effet l’ulcus peptique apparaît incontestablement comme une lésion due à l’action d'un suc acide sur une muqueuse non protégée (LERICHE) ; uleère siégeant sur une anastomose ou sur l’anse efférente, ulcère le plus souvent jéjunal, il apparaît sur une muqueuse qui n’a pas le mucus de protection qué fabrique normalement la région alcaline antropyloro-duodénale.

L’estomac se protège contre l’acidité par une abondante sécrétion de mucus qui, en milieu alcalin, à l'état de dissolution, fait un enduit isolant. Quand un trouble d’ordre circulatoire survient qui aboutit à une gastro-duodénite et à une diminution de la qualité du mucus, la muqueuse duodéno-antrale différentiée en vue de la protection par le mucus, subit une métaplasie régressive vers le type intesünal et c’est sur cette muqueuse que l'ulcère dit spontané apparaît en milieu fait pour l’alcalinité.

Toute anastomose gastrique crée en somme une véritable hétérotypie intestinale, elle met au contact d'un suc généralement hyperacide une paroi non préparée pour résister, par une couche de mucus isolant, au contact caustique de l'acide.

D’après CADE, le pourtour d’une anastomose en milieu fundique perd peu à peu ses caractères de muqueuse sécrétrice du suc gastrique pour prendre

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ceux de la muqueuse du type dexpulsion : après toute opération pour ulcus, la muqueuse du voisinage de la bouche ou de la muqueuse jéjunale est attaquée, corrodée comme l’est la muqueuse de l'estomac atteint de gastrite atrophique. Hyperacidité et muqueuse non protégée permettent la récidive de la maladie causale sur ce point faible opératoirement créé.

Il apparaît clairement combien est importante la résection créatrice d’anachlorhydrié.

Insistons sur l'étendue de l’exérèse qui doit être pratiquée afin d'obtenir l’anachlorhydrie. En effet le rôle de la muqueuse pylorique passe au premier plan.

ADRIANOPOULOS, sur 496 résections avec conservation du pylore, note: ;

— 12 ulcus peptiques, soit 2,4 % ; sur 356 avec pylorectomie, un seul, soit 0,28 %.

Le mode de rétablissement de la continuité digestive après résection ne permet pas, à coup sûr, d'éviter cette complication.

D'ALLAINES et MIALARET, après PEAN, ne rencontrent pas d’U. P.

Mais LLiucra, élève de FIoLLE, signale, d'après des statistiques argentines, 12 U. P., après PEAN, sur 37 gastrectomies.

GUTIERREZ en cite deux cas.

CAMES un cas.

A Lyon, PEYCELON, un cas.

DESJACQUES et MONTEL, un cas après Koches.

SANTY également.

Le Polya ou le Finsterer sont grevés de mêmes pourcentages.

Le traitement en. cas de gastrectomie, jugée insuflisante, est toujours difficile. Il faut libérer la bouche, reséquer l’ulcère et reséquer une manchette de plusieurs centimètres d’estomac.

On doit prescrire tous les procédés d'implantation en Y, mais il n'y a pas d'intérêt à utiliser un autre procédé d’anastomose que celui qui avait été réalisé dans l'opération primitive.

BALFOUR, MOYNIHAN, LECÈNE, GOSSET, LERICHE, et récemment CHARRIER, relèvent les anastomoses et préconisent la jéjunostomie qui permet de mettre la lésion au repos et autorise une opération retardée.

Si l’évolution de l’ulcère ne paraît pas inexorable, on serait tenté de temporiser et d’user du traitement médical et des infiltrations ou des sections des splanchniques (André SICARD).

Nous avons vu que le plus lourd reproche adressé au procédé de gastrectomie de gauche à droite était le développement d'un ulcère peptique secondaire.

Or, sur les cent quatre-vingt-dix gastrectomies consécutives pratiquées suivant ce procédé, il a été rencontré deux cas d’ulcus peptiques. Ce qui donne le pourcentage de 1,05 %, chiffre fort acceptable et qui se trouve même inférieur à celui donné par les opérateurs employant un autre mode d'exérése.

Ces deux cas sont apparus après rétablissement de la continuité digestive par le procédé de Finsterer.

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