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la place Vendôme et la Roquette; documents historiques sur le commencement et la fin de La commune

11 serait difficile de trouver dans l'histoire des révolutions humaines un spectacle à la fois aussi burlesque et aussi hideux que celui qui vient de nous être offert par la trop célèbre Commune de Paris. Née dans une longue traînée de sang répandu à rentrée de la place Vendôme, elle a

1 One grande partie de cette étude historique a été publiée dans les livraisons du Correspondant du 25 juin el du 10 juillet.

,),. |'ai i iplétée par l'addition île quelques détails h notes

explicatives d'un sérieux intérêt.

souillé sa sinistre agonie par les horribles massacres de la Roquette. Témoin de ces deux drames sanglants, je les raconterai avec une grande sobriété de réflexions, mais avec une parfaite exactitude de détails. Au risque d'être incomplet, je ne raconterai que les choses que j'ai vues. C'est à peine si, en parlant du séjour de Mazas et des massacres de la Roquette, je mentionnerai quelques incidents dont la vérité m'a été garantie par les compagnons de ma cruelle captivité.

Au demeurant, les faits parlent avec une éloquence que les commentaires ne pourraient qu'affaiblir. Je laisse à mes lecteurs le soin de tirer les conclusions morales et sociales; je me borne à les prévenir que le premier récit, qui se rapporte aux événements dont la place Vendôme a été le théâtre dans la seconde quinzaine de mars, a été rédigé quelques jours après ces événements.

Quoique les débuts de la Commune n'aient pas donné la mesure des horreurs sans nom qui ont attiré sur sa lin les flétrissures et les malédictions de tous les peuples Civilisés, j'ai cru ne devoir rien changer à ce premier récit. Quelques observations ne paraîtront peut-être pas assez sévères; d'autres ne sembleront pas tout à fait justifiées par les événements. Je les livre au

public telles qu'elles ont été confiées au papier, il y a plus de deux mois. En comparant le récit de la fin de mars au récit de la fin de mai, on aura une idée exacte — j'allais dire une photographie très-fidèle — de la situation révolutionnaire de Paris au commencement et à la fin de la Commune. On pourra ainsi apprécier les progrès accomplis, pendant ce court intervalle de temps, par une brutale révolution, ennemie implacable de toutes les institutions divines et humaines.

Malgré l'émotion mêlée d'horreur et de dégoût que je ressens au souvenir des hommes et des choses dont j'ai à parler, on me permettra de manifester deux sentiments qui dominent, dans les profondeurs de mon àme, tous les autres sentiments : un redoublement de fidèle sympathie pour le malheureux Paris que ses inexprimables infortunes me rendent encore plus cher; une ardente reconnaissance pour l'infinie miséricorde de Dieu qui m'a soustrait, contre toutes les prévisions humaines, aux balles d'une tourbe d'assassins plus effrontés et surtout plus vulgaires que leurs devanciers de 93.

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