‹ La Plata; (volume 2)Chapitre 10 sur 16 · IV. — RÉPUBLIQUE ARGENTINE · texte numérisé non relu

IV. — RÉPUBLIQUE ARGENTINE

Révolution du 25 mai. Renversement du gouvernement espagnol. — Nomination d'une junte de gouvernement. ^ Belgrano, Saavedra, Castelli 245

Junte de Buénos-Ayres. Ses efforts pour propager la révolution et affranchir la Plata de la domination espagnole. — Moreno. — Guerre de Tlndépendance. ^ Expédition contre Cordova. Fin de Liniers. — Délivrance des provinces du Nord. Combat de Tupiza. — Blocus de Buénos-Ayres par la marine espagnole de Montevideo. Intervention des Anglais 2S7

Expédition contre le Paraguay, conduite par Belgrano. — Situation physique et morale de cette province au moment où éclata la révolution. — Combats de Paraguary et de Tacuary. — Capitulation de Tacuary 265

Rivalité de Saavedra et de Moreno. Mort de ce dernier. -^ Révolution du 6 avril. Division des patriotes : unitaires et fédéraux. — Arrivée d*£lio à Montevideo en qualité de vice-roi. La junte refuse de le reconnaître. — Artigas. — Succès et revers des patriotes. « 275.

Premier triumvirat. Anarchie. San-Martin et Alvear. — Le Paraguay. Situation de cette province à Tépoque où nous sommes arrivés. Commencements du docteur Francia. Traité du 12 octobre 1811 qui consacre Tautonomie du Paraguay. ^ Constitution de 1811. —Conspiration d*Alzaga. Sa fin. — Belgrano à Tarmée du Nord. Victoire de Tucuman 290

Second triumvirat. L*armée de rUmguay porte les derniers coups au parti espagnol. Assemblée constituante de 1813. Réformes administratives. — Nouveaux succès des armées patriotes. Victoire de Salta. — Désastre de Valcapujo et d'Ayouma. — L'Espagne, qui $*est relevée après la chute de Napoléon, songe à reconquérir ses colonies. Préparatifs de résistance. Dissensions parmi les patriotes. l.a Société maçonnique. Rivalité d*Alvear et de San-Martin. Ce dernier va remplacer Belgrano à Tannée du Nord 303

Abolitiondu triumvirat. Posadas directeur suprémedes Provinces-Unies.-- Congrès oriental. L'Uruguay , è l'instigation d'Artigas, se déclare indépendant. — Création d'une escadre argentine, qui est placée sous les ordres de TlrlandaisBrown; ses succès contre la Ûoite espagnole. Prise de Martin-Garcia. Capitulation de Montevideo. — Le Chili ; sa situation politique ; progrès qu*y fait Fesprit révolutionnaire. San-Martin songe à s'unir aux patriotes de ce pays pour chasser les Espagnols' du Pérou. ^ Mouvement réactionnaire à Buénos-Ayres ; tentatives pour replacer la Plata sOus le régime monarchique. — Guerre civile dans TUruguay. Artigas se déclare chef des Orientaux. — Démission de Posadas. . 316

Alvear directeur. U livre Montevideo à Artigas. Déplorables effets de son administration. 11 est contraint de se démettre. Il est remplacé par Rondeau , qui commande Tannée du Nord. L'intérim est confié à Alvarès, puis à Balcarce. — Junte d'observation. Statut provisoire. — Revers de Parmée du Nord. — Progrès des idées de fédération. — Congrès de Tucuman. Il proclame l'indépendance des Provinces-Unies du Rio de la Plata. Etat de désorganisation dans lequel ce grand acte trouve ces provinces. Puirredon est nommé directeur suprême. 335

Directorat de Puirredon. — Les Brésiliens envahissent la Banda Oriental , battent Artigas et entrent à Montevideo. — San-Martin pénètre dans le Chili. Victoires de Chacabuco et de Maypu. — Agitation fédéraliste. Ramirez, Lopez, Carreras. — Le congrès réuni à Buénos-Ayres proclame une nouvelle Constitution des Provinces-Unies de l'Amérique du Sud. — Démission de Puirredon. . . • 348

Rondeau directeur. — Progrès du mouvement fédéraliste. — La municipalité de Buénos-Ayres prend en main l'autorité suprême. Fin de ce gouvernement national issu de la révolution du 23 mai 1810. Bilan du gouvernement : les unitaires et les fédéraux 359

Pacte d'union , dit Traité quadrilatéral^ entre les provinces de Buénos-Ayres, de Santa-Fé, d'Entre-Rios et de Corrientes. — Fin tragique de Ramirès et de Carreras. — San-Martin débarque avec une petite armée sur les cdtes du Pérou, et s'empare de LiiAa. De là il tend la main aux patriotes de Caracas et de Bogota, et, en plein triomphe, il résigne son autorité en faveur de Bolivar, qui réunit sous son commandement toutes les forces patriotes. — Émeute à Buénos- Ayres réprimée par les milices des campagnes. Entrée en scène de Juan-Manuel Rosas 368

Rivadavia premier ministre. Zèle et succès avec lesquels il travaille à l'organisation de la nouvelle république; il réussit à en faire un Etat et à Ut faire admettre dans la grande famille des nations. Institution du régime représentatif républicain. Autres institutions que les Provinces-Unies doivent à cet homme d'Etat. — Les Portugais sont battus par les patriotes dans la Banda Oriental; un gouvernement provisoire proclame l'indépendance du pays et fait acte d adhésion au gouvernement central de Buénos-Ayres. — Congrès général constituant. Loi fondamentale de 1825. Rivadavia est nommé président de la république des Provinces-Unies du Rio de la Plata. — Annexion de la Banda

Oriental. — Guerre avec le Bfc^sîl. Traité qui consacre Tindëpendance de la province de l'Uruguay. «-Rivadavia se retire devant les intrigues départi fédéraliste ameuté contre lui par Dorrego , et avec lui disparaît la constitution unitaire 373

Dorrego gouverneur de Buénos-Ayres. Convention de Santa-Fé. — Rosas. Sa politique. Il est nommé commandant en chef des milices. — Quiroga. — Retour à Buénos-Ayres de l'armée victorieuse de TCruguay. Elle prononce la déchéance de toutes les autorités. — Rentrée en scène des unitaires, lis proclament Lavalle gouverneur. — Dorrego, aidé par Rosas , soulève les campagnes, il est défait et fîisillé. — Rosas devient le chef du parti de la légalité ; il s'allie à Lopez , qui dominmt à Santa-Fé , et à Quiroga, le lion de la Rioja. — Démêlés de Lavalle avec la France ; il résigne le pouvoir. — Rosas est élu gouverneur et capitaine général de la province de Buénos-Ayres ••••.. 387

Rosas gouverneur. — Convention de Santa-Fé. Alliance des provinces littorales , à laquelle adhère Quiroga. — Les unitaires , ralliés autour du général Paz , sont complètement défaits. — Administration de Rosas. Réélu, il refuse, pour conduire une expédition contre les Indiens du Sud 395

Balcarce gouverneur. — Expédition contre les Indiens du Sud. Mœurs et caractère de ces populations. Résultats de Texpédition 401

Réaction contre Rosas. Tentatives des unitaires pour soustraire la province de Buénos-Ayres à son influence ; elles sont déjouées par la femme de Rosas. Chute de Balcarce. — Affiûssement des esprits. Hésitation de la chambre des repiésentants. — Loi du 7 mars 1835, qui donne le pouvoir absolu à Rosas pour cinq années, et met dans ses mains toute Tancienne vice-royauté, sauf fUruguay. — Constitution de TEtat oriental. Présidence de Rivera; son portrait; comparé à Rosas. — Présidence d'Oribe. Guerre civile soulevée par ses sévérités. Lavalle. Abdication d'Oribe 408

Administration de Rosas. — Fausse idée qu'on se fait en Europe des partis en lutte sur les bords de la Plata. — Marche de la révolution dans les provinces intérieures. Etat moral du pays. — Portrait et caractère du dictateur. 11 ne veut point de rivaux. Comment il se dé&it de Lopez et de Quiroga. Curieux détails sur le tigre de la Rioja 418

Système de Rosas à Tégard des étrangers. Ses relations avec les agents diplomatiques.— Difficultés entre la France et la Plata. Rupture. Déclaration de blocus. Eflets de cette mesure. — Rosas, à Texpiration de son mandat, est réélu avec les mêmes pouvoirs extraordinaires 436

Soulèvement contre Rosas.— Guerre entre Buénos-Ayres et Montevideo. Invasion du territoire argentin par les émigrés. Alliance de la France avec TEtat oriental et les patriotes argentins. — La Mazhorca. — Arrivée de lamiral de Mackau. Négociations de paix. Traité du SO octobre 1840. Ses effets 443

Guerre et proscriptions dans les provinces argentines. Lopez, Rivera.^Expulsion

des Jésuites. — Mort de Lavalie. — Cruautés d'Oribe. — Conspiration de Maza

— Çataille d'Arroyo-Grande. —Invasion de TEiat oriental. Siège de Montévt(i(^

— Médiation anglo-française repoussée par Rosas. — Légion française ot lulienne. Garibaldi. — Détresse du gouvernement orientai. Bataille dlndia-Mucr .4 Urquiza 4.V1

Le Brésil; sa situation ; sa politique vis-à-vis de la Plata. Ses ouvertures jui gouvernements européens. Intervention anglo-française. — État dans \e<]nv elle trouve le pays. — Les unitaires font alliance avec Urquiza. — Portrait <t. dictateur de l'Entre-Rios. — L'Entre-Rios retire à Rosas les pouvoirs quH u

* avajl délégués. Son exemple est suivi par Corrientes. — Intervention activa 'ji. Brésil ; il fait alliance avec la république de 1 Uruguay et la province dlnlrn Rios. -^ L'armée entre-riane entre dans la Banda Oriental. Défection de rannp-' argentine. Délivrance de Montevideo idi

•L'armée libératrice franchit le Parana et marche sur Buénos-Ayres. Combat i' Monte-Caseros. — Chute de Rosas. — Urquiza à Buénos-Ayres. Son impopu larité. — Les unitaires se rendent maîtres de Topinion publique. Election d unchambre libérale. — Convention de San-Nicolas de los Arroyos. Urquiza <> nommé directeur suprême' provisoire. ~ La nouvelle chambre refîise de surir tionner cette <y>fivention. — Lutte entre Buénos-Ayres et Urquiza. Coup d'£: ii Révolution du il septembre. Triomphe de Buénos-Ayres. Le colonel Mitre. iH.>

La République Argentine divisée en deux gouvernements : Buénos-Ay^e^ ^i Parana; les unitaires et les fédéraux. — Urquiia, n*ayant pu dompter Buér.()> Ayres par la force , essaye de la réduire par une guerre de tarifs. — Traita di 10 juillet 1853 qui assure la liberté des rivières. — > Progrès moral et mau^r: de Buénos-Ayres. — Nouvelles tentatives d'Urquiza contre rindépendaucc <: Buénos-Ayres. Bataille de Cépéda. — Traité du 11 novembre 1859. Kccc^<i'>' de Buénos-Avres à la Confédération 50i

Retraite d'Urquiza. Derqui président. — Mitre gouverneur de Buéno5-Ayre<. - Xrailé d'union du 6 juin 1860. Fêtes de la paix. — Nouveaux conflits. Antaj« nisme des vieux partis. ^Révolution à San- Juan. Exécution fédérale à Cordo\<^.

— Nouvelle rupture. Bataille de Pavon. Dissolution de ta Confédération. Mit' directeur provisoire. — Congrès général. Mitre président de la république.

Le Paraguay. — Caractère ot administration de Francia, d'Antonio et de Franc» Lopez. — Situation de cette république après quarante ans de paix et d'idole ment, comparée à celle de la République Argentine après quarante ans dcluiie à Tintérieur et à Textérieur. — Conclusion 'M

ta

IVJ — t»»ri», iroprtaii>rie d«« Jouau»t, tu« >a>u Iivii<»r# , 338.

eorumdem et ejus sigillo impendente cum cera rubea sigillatas, nobis que per consules et habitantes ville seu civitatis Sancti Flori presentatas et cxhibitas, nos récépissé noveritis in hec verba :

Ludovicus dux Borbon. cornes Claromont. camerarius Francie, locumtenens dominorum Régis francie et regnum Regentis in partibus Arvernie, Montanorum Arvernie, Bituricensis et Matisconensis ac ressoriuum eorumdem, notum facimus univcrsis présentes litteras inspecturis quod nos vidimus quasdam patentes litteras sigillo dilecti nostri domini Thome de Marchia militis, iocumtenentis nostri in Montanis Arvernie sigillatas quarum ténor sequitur et est talis :

Thomas de Marchia, miles, dominus Nonete, locum tenens domini ducis Borbonensis pro dominis nostris Francie Rege ac regnum Régente Francie in partibus bayllivie Montanorum Arvernie, bayllivo Montanorum Arvernie, aut ejus locumtenenti salutem. — Significaverunt nobis dilecti nostri consules et habitatores ville Sancti Flori quod cum dicta villa sit minus clausa et in fronteriis inimicorum nostrorum prope octo leucas scituata et securitati patrie multum necessaria, que propter vetustate ejusdem murorum reparationibus indiget necessariis ; ipsi signiffîcantes ad murorum tuitionem dicte ville locorum predictorum et habitatorum ejusdem et patrie plane securitate et ad resistendum maliciis inimicorum nostrorum facere reparari inchoaverint, et facient suo posse ; et, propter hoc plures missias et expensas et pro tuitione et custodia dicte ville fecerint et expenderint, ac facere et expendere oporteat de die in diem multum sumptuosas in ipsis tuitionis et cusiodias dicte ville et aliis ad custodiam et utilitatem dicte ville pertinentibus, supplicant ad nos super quolibet pitalpho ' vini ibidem vocato demey * vel alias al.., quod ad dictum locum adportabitur, vel quod ibidem vendetur, vel expendetur, aut in suburbiis dicte ville, qualitercumque devasaretur, seu expendetur, per quascumque personas, impositionem duorum denariorum tune solvendorum in introyiu portalium dicte ville ; et super omnibus aliis mercaturis et

1 Pintol. Le pintal était de 5o litres en Rouergue à cette époque. Peut-être s'agit-il de 25 litres environ.

2 Demi, de moitié.

victualibus que in dicta villa ei suburbiis vendentur impositionem sex denarios turonensium librarum ad duos annos percipiendos, videlicet impositionem dictorum sex denariorum prima die instantis mensis augusti et dicti vini in instante festo béate Lucie virginis ' continua sequentes computandos, eisdem concedere dignaremur. — Nos igitur, attentis premissis, attenti etiam dictam villam esse multum pcriculosam patrie, si per inimicos domini nostri Régis, quod absit, erat occupata totique patrie Arvcrnie, et, prout nobis constat per dicta predicta, de voluntate dilecti nostri episcopi Saoai Flori qui est dominus dicte ville et consulum predictorum ; eisdem significavimus impositiones predictas modo quo supra solvendas^ de gracia speciali concedimus et conferimus per présentes : mandantes vobis, et, quare factum hujus modi tuitionem dicte ville et utilitatem Rei publice conseruit, comittimus, si sit opus, quatenus dictos supplicantcs nostris partibus gracia et concessione, dicto durante tempore, uii et gaudere possent, et impositionibus supradictis, ad convertendum in usibus predictis missivis et expensis faciatis et pcrmittatis, taliter acturi quod dicto domino nostro Régi et nobis utilitati rei publice debeat et valeat, esse gratum. Et nos, in premissis faciendis et ordinandis vos et deputatos seu deputandos [a] vobis, per omnes et singulos habitatores dicte ville et per incrcatores et alias personas cujuscumque conditionis existant, dictam vilam fréquentantes paremus et hobedire volumus et dictis consulibus et jubemus. — Datum in Sancto Floro sub sigillo nostro, in testimonium premissorum, die vicesima quinta mensis junii anno domini millesimo CCC° sexagesimo. Per dominum locumtenentem in consilio suo in quo erant dominus Aymo de Bonnebaut miles et magister Petrus Salamandi. (Signe) : Croze.

Que quidem littere dicti domini Thome fuerunt exequte per Raymondum Berengarii, dominum Bertholene, bayllivum tune regium Montanorum Arvernie, prout nobis constat per littcras ejus sigillo proprio sigillatas. Quas quidem litteras dicti domini Thome, una cum litteris exequtionis dicti bayllivi, auctoritate Regia qu'a fungimus in hac parte, laudamus, ratificamus et approbamus et habere volumus roborem firmitate durante, dicto testimonio in

I iS août.

diclis litteris comprehenso ; mandantes et precipientes tenorem presentium subditis omnibus dicti domini nostri Régis et in premissis et in tangentibus prohibeant et intendant, litteris in contrarium impetratis vel impetrandis frivolis appellationibus aut subterfugiis non obstantibas quibuscumque. — Datum Riomi, vicesima septima die mensis junii anno domini M^ CCC° sexagesimo. Per dominum locumtenentem in sao consilio. (Signé) : Dartenay.

Auctoritate quarum litterarum dicti domini ducis mandamus et precipimus tenorem et presentium Hugoni Faurro servienti dicti domini ducis et aliis suis servientibus dictorum Montanorum, quathenus omnia et singula contenta in dictis litteris dicti domini ducis et in litteris dicii domini Thome, locumtenentis predicti tenori faciatis et exequtionem debitam demandari juxta earumdem litterarum strictam continentiam et tenorem, et hec per juris remédia opponuna.

Datum in Sancto Floro sub sigillo nostro in absentia sigilli curie dicte bayllive, die vicesima mensis octobri anno domini M^ CCC^ sexagesimo primo. (Signé au bas) : Brugerii ^

26 Juin i36o

Jagement renda par Thomas de la Marche au faubourg de Saint-Flour,

condamnant par défaut l'évéque à une amende de 2,000 marcs

d'argentf les consuls et les habitants de Saint-Flour à pareille

amende de 2,000 marcs, pour refus de lui ouvrir les

portes de la ville ; avec assignation à comparaître

devant lui à huitaine à Âurillac pour vider le

défaut. — Il destitue Raymond de Bé-

renger de ses fonctions de bailli des

Montagnes et de capitaine de

Saint-Flour. Procès-verbal

de l'audience.

Nota, — En tête de la notification de cette décision figure la copie

I Arch. mun. de St^Flour, chap. IX, art. i, n" 3. Orie. sur parch. revêtu d'un fragment du sceau de Pierre de Mascon, seigneur de Neuville, sur lacs de parchemin L*écu, ornements extérieurs à part, n'a qu'un centimètre et demi de long. Les émaux n'y sont pas marqués. Il représente une fasce accompagné de 3 étoiles dont 2 en chef et 1 en pointe.

de la commission donnée par le duc de Bourbon à Thomas de la Marche le 8 mai précédent. (Voir plus haut).

Cum ex précepte et mandate ejusdem [Tkome de Marckia] Reverendus in Christo pater Episcopus SanctJ Flori et consules ejusdem loci venturi essent coram dicto domino locumtenente ad horam vesperis dicte diei septimam. quarlam eis datam et assignaiam pro audiendo instancias quas idem dominus locumtenens dictis episcopo et consulibus dicere et explicare volebat, ipse locumtcnens cumque licentia ut supra dictum est ad... honorcm et servicium dicti domini nostri Régis et remedium et valitutem («c} rei publiée..., ad quas instancias audiendo, die certa et hodierna venturi, contendcrentur pro dictum locumtenentem, diebus et congruis horis quibus, ncc aliquas comparuciones recusarent, et responsas pro dictum locumtenentem, cpiscopum et consules facere faciant, proui in passusuper litem facto... convcniant ; cumque idem dictus locumtenens, cum consilio et comitantibus suis, hora predicta aciurusbenecompareret, staiim in suburbio dicti loci Sancti Flori juxta pontem, suburbio îpsius, exstitit; et supra dictum pontem accederunt, venerunt et comparuerunt coram vos supra ipsum pontem supradictum, dominus Perrus Sivaderii licentiatus in decretis, Officialis Sancti Flori pro domino Episcopo, et Johannes Saisset consul de villa, pro se et aliis consulibus ville ejusdem.

Quibus factis comparutionibus, prefatus dominus locumtenens, loquendo cum dictis otiiciali et consule et verba sua dirigens ad eosdem, dixit hec verba ; — « OfScialis et consul, episcopo Sancti Flori et consulibus ipsius loci hora septima vesperis hujus diei erat [intimatum stare] coram nobis in domo in qua sumus in suburbiis Sancti Flori loghati pro hospitalitate assignata ad comparendum coram nobis, pro audiendo certas instancias regias versus honorem corone Francie ac tuicionem presentis patrie tangentes, et sub certis pénis dicto domino nostro Rege applicandis, episcopo videlicet sub pena duorum milHum marcharum et consulibus sub pena amitt(;ndi consulatum et includimciiti. Et pro eo quod dictis loco et hora non compLirucrunt, nec aliquis pro îpsis, jpsos precipimus in contumaciam, et deiïtctum prestando, de injurîis. inobedientiis, conicmptu ei dumiinifi, et \os in non veniendo, ab ipso dclTeciu... ; et precipimus vobis otticiali, in quantum in vobis est, et episcopo Sanctî

Flori în vestram personam, sub pena duorum milium marcharum domino nostro Rege applicandarum, et vobis consuli, in quantum in vobis est, et aliis consulibus de ville Sancti Flori in vestram personam, sub pena amittendi consulatum Sancti Flori et ii milîum marcharum argenti etiam domino nostro Régi applicandarum ; qua pena, nobis ipsius locumtenenti ut supra apperiatis nobis villam Sancti Flori, ad finem quod ipsam intrare possimus et visitare fortalicium ejusdem ville prout nostro pertinet officio ; item quod detis et faciatis nobis auxilium et consilium et juvamen quod facere debetîs, quare incurrere ut appareat et obvenire inimicos regni Francie, ad dei adjuditorium deberemus, qui [inimici] non cessant dampnificare vos et presentem patriam et alios subditos ejusdem, et alia omnia facere que ad nostrum pertinent officium principalem.

Item cum nos, ex omnibus et unis causarum dictarum, Raymundum Bereiigarii dominum de Bertholena nuper dicte bailhie officio deposuimus, et pronunciavimus [quantum] vobis tangit, sub pénis predictis, ne decreto dicti domîni Raymundi tangente bailham Montanorum Arvernie hobediatis, aut aliquem hobedire faciatis ».

Quibus omnibus supradictis et pluribus per dominum dictum locumtenentem, prefatus officialis et consul, loquendo una voce et concursu, in quantum suo et dicto episcopo et aliis consulibus dicte ville pertinebat, tangebat et tangere poterat, ad dictam declaracionem et ita superpremissa per ipsum, Vobis, quibus verbis respondendo, dixerunt hec verba, Imgua materna loquendo dicto officiali : — « Révérende, tam et honorifice et magnifiée ac potens domine, audimus et mente concepimus verba que loquendo nobiscum [dixisti] de qua custodia, et hodie vidimus et legimus et audivimus litteras prescriptum et auctoritatem vobis in hac parte attributas ; convenientes ad dictum dominum epîscopum et alios consules dicte ville vos habilitum apparuerit comis[s]arium square ad vos nos vcniremus vobis coram... explicantes, nostro loco speciali, vobis dicimus quod parati sumus obedire nomine quo locumtenenti dicti domini nostri Régis, Regentis et ducis Borbonensis, et omnibus în quibus vobis hobedire perdebemus; verumtamen portas ville Sancti Flori apperire non possumus, et propter hoc placeat vobis pro Deo nos habere excusatos, quare cum capitaneo que illustris et potens dominus noster cornes Pictavensis, locumtenens Regni in partibus Occitanis Montanorum Arvernie in dicta villa

Sancti Flori [commisit, prepo]suit et ordinavit et precepit, dictus dominus noster dux Borbonensis et Régis locumtenens nunc in dictas panes Arvernie, per suas litteras conservavit pro cusiodia et tuitione dicte ville', nos obedire opportet; et pro eo iierum quod in instruction] bu s regiis in gubernatione ville extitit. Videlicel conlinebant et continent quod dicta villa Sancti Fiori et alie ville convicine aliquos capitaneos [non] recipere nunc convenit, non essent ad litem dicere comissi dominis et habîtantibus ville in qua preconisantur seu ordinantur., . ; et pro eo quod dictus capitancus claves portarum dicte ville habet et detinet, et nobis prohibuit nos administrando sub certis et magnis pénis, ut aliquem rLciperemus.in dicta villa ».

Quibus responcionibus predictis per dictos officialcm et consulem, prefatus dominus locumtenens, loquendo cum eis, dixit : — « Quod predictas ut rcsponsas in quo modo per ipsos faciendo, non admittebat, et dictos cpiscopum et consules in deffectum constitutum... in responcionibus et verbis non obscuralibus (sic) ponebat, prout supra est. Nihil hominus assîgnavit dictis officiali et consuli et dictis episcopo et aliis consulibus Sancti Flori non prcsentibus îpsis, diem videlicet ab hodie in octo diebus, in curîa comparandis apud Aureliacum, visurî et audituri judicamentum et declaracionem daturam et pronunciationem deffectus pronunciati, et inhobediencias per eos, notum est, factas et alia prejudîcia in présente negotio persequtas...

Ad qua dictus officîalis et consul responderunt et dixerunt, et quilibet ipsorum pro se in quantum ipsos et episcopum et alios consules dicte ville tangere poterat, quod in placitis non comparebunt diei [coram] dicte domino locumtenente dicente, quarc de jure non comparere debebant nisi compuisi et appellati ; [debebatur enim] eis fieri publicum instrumentum seu publica instrumenta pro more et publico jussu compétente, quarc eis et uni cuilibet pro se concessi (sic) in testimonium venturis.

Acta fuerunt hec dictis die, loco et hora predictis, presentibus nobilibus viris dominis Aymone de Bonnebaut, Audinus de Cha^e! militibus, discretis Francisco Graverii et Bardo Mitos prcsbiteris,

I Nous n'avons pu découvrir les lettres du duc de Bourbon qui les fonctions de gouverneur de Saint-Flour à Raymoiui de Bérengi douteux.

Gileto de Crepacordîs, Petro Augerii et pluribus aliis lestibus ad premissas litteras specialîter rogatis.

Et ego Matheus Grossus, clericus Claromontensis dyocesis, curiae Regiae notarius, precnissis omnibus et singulis, dum sic agerentur, presens interfui, eaque vidi sicut et audivi una cum testibus supradictis, et de ipsis notam recepi. De qua presens in instrumentum post extraxi ; quod per alium aliis occupatus negotiis, fideliter scribi feci, et in quamdam seu etiam publicam formam redegi. Et factas diligenter de dictis litteris transcriptas, ipsis hanc in instrumento concordante receptis, in presentibus me subscripti. Signo quod meo solito signavi rogatus ^

26 Juin i36o

Lettres patentes de Thomas de la Marche données à Saint-Flour, interdisant à Gervais de Chaulieu et à Jean Buron, commissaires députés par le Parlement, pour enquérir des excès imputés aux Sanflorains contre le vicomte de Narbonne et ses gens d'armes, de procéder à aucune enquête et de distraire les habitants de Saint-Flour de leurs juges naturels. — Il renvoie l'affaire au bailli des Montagnes ou à son lieutenant.

Thomas de Marchia, miles, dominus Noneie, locum tenens domini ducis Boîtrbonensis pro domtnis nosiris Francie Rege ac Regnum francie Régente in parti bus baillive Montanorum Arvernie, baillivo Montanorwn Arvernie et ejus locum tenenti, salutem. — Audita gravi queremonia Johanis de Royre, baiuli Sti Flori, Guillelmi Saysseti, Johannis Aldeberti, Johannîs Chaylada, Pétri et Mathei Boschonis, Pétri Polonis, Simonis Sala er Mathei Belonis, prout ipsorum quolibet tangit, diceretur et asserueretur quod licet ips; sint de Sto Fioro bailli vie vestre Montanorum Arvernie... ; nihil

I Arch, mun. de St-Flour, chap. II, art. 3, n" 21. Orig. sur parch. de la copie du procès-verbal que Thomas fît notifier aux consuls. Sceaux disparus, 0*40 sur o"5o environ. Quelques déchirures, et texte souvent défectueux.

hominus Magistri Gervasius de Calido loco et Johannes Buronis,

comissarii contra eos, ut dicitur, deputati, super certîs excessibus

sibi imposiiis, comissis, ut pretenditur, contra carissimum consan-

gîiineum nostrtim Vicecomitem Narbonensem seu ejus gentes,

venîendo nuper in estate pro pretextu de guerra Arvernie * et

transeundo per locum seu territorium Sti Flori seu alias, traherc

nituniur in ballia Arvernie* extra eorum ordinarium, eos fatigando

laboribus et expensis, contra staïuia et ordinaciones regia edictas,

ne quis ex supradicto ordinario trahatur, licet pati se offcrant, et

sint eos volentes ut ordinarium juris... in eorum grande prejudicium

sicque dicunt ; supplicant sibi de remedio providere gratioso.

Nolentes sic fidèles subditos extra eorum ordinarium separari

laboribus et expensis, potissime attentis guerras et prœlia que

occurrunt in predicta parte, que eis non esset tutum illuc accederc,

volumus, precipimus et mandamus, comittendo si sit opus, quatcnus

resumptis insaniatur super premissis contra eos factis et aliis prcs-

sibus quos et quas vobîs iradi volumus et jubemus ; volentesque,

cum qua potcrit diligentia, veritate de et super predictis inquiratur,

et quos culpabilcs aut veliementer suspcctos inveniantur exindc,

ipsos tali mcdiante justitia puniaiis juri regio et [com]petenti lege

satisfiat débite ; inhibentes dictos se dicentes comissarios ne a modo

extra judicem eorum ordinarium prefatos conquerent ac aliquem

îpsorum trahant, causis predictis vexent, seu alio faiigent, quoquo

modo in [futurum] ex causis premissis seu de supradictis contentis

in eorum commissione intromittant ; quare predicta eis concessimus

et concedimus per présentes, si necessa fuit de gracia speciali...—

Datum in Sto Floro sub sigillo nostro die xxvi^ mensis junii anno

domini millesimo CCC^ sexagesimo.

Per predictum locum tenentem in consilio suo, in quo erant dominus Aymo de Bonnebaui miles, Augerius, Petrus Salmandi et Giletus de Crepicordio.

Signé : Joh. Crozet n. j.3

1 La guerre contre Robert Knolles.

2 C'est-à-dire devant le bailli ou sénéchal d'Auvergne séant à Riom, au Itcu d'cire juges par le bailli des Montagnes.

'^ Arch. mun. de St-Flour, chap. Il, art. a. Orig. sur parch., o,35 de large, 0,14 Je haut. Petit sceau aux armes de Thomas de la Marche en cire rouge appcndu a unt lanière de parchemin découpée dans lu pièce.

3 Août i36o, Riom

Mandement du duc Louis II de Bourbon à Hélie de L'Ostal, receveur général du subside de guerre alloué au roi par la prévôté de Saint-Flour, de rembourser aux consuls de Saint- Flour les 240 florins d'or qu'ils ont dépensés pour nourrir Thomas de la Marche et ses gens d'armes pendant leur séjour aux faubourgs de la ville.

Loys, duc de Bourbon, comte de Clermont, chambérier de France, lieutenant de Mons. le Roy et de Mons. le Régent le royaume de France es pais d'Auvergne, de Berri et de Masconois et ressors d'iceulx, A nostre bien amé maistre Hélias de Loustal \ receveur général des subsides et impositions octroiéz au prévostage de Saint-Flour, au bailliage des Montaignes d'Auvergne et à tous autres commissaires, receveurs et deppuiez oudit prévostage ou à députez à lever iceulx subsides et impositions octroiéz ou à octroier, Salut. — Comme les consouls de la ville de Saint-Flour aient traict et baillé à nostre bien amé messire Thomas de la Marche, nostre lieutenant audit bailliage des Montaignes, en vivres et danrées pour lui et pour les gens d'armes de sa compaignie, jusques à la somme ou value de douze vins florins d'or de Florence pour ses despens et de ses dictes gens d'armes de quatre jours ou entour^ qu'il demoura au forz bourz de la dite ville, Nous vous mandons que la dite somme de douze vins florins ou par ce que les roules 3 et escript des dits consouls vous apparaîtra, la dite somme paiez et délivrés tantost sans délay à yceux consouls des deniers des arrérages deus à cause

1 Alias de L'Hospital, de Hospicio. Cette famille de la prévôté et de la ville de Saint-Flour, est vraisemblablement celle du chancelier de l'Hospital. Son nom est ordinairement écrit de Hospicio comme celui de la famille du chancelier.

2 Arrivé le soir et reparti le matin après ôtre resté deux jours pleins, son séjour ne représentait pas môme trois journées de nourriture entières.

3 Rôles.

des susdites impositions octroiez audit prévostage pour le fait des guerres; ou, au cas où iceux arrairages ne pourroient suffire à ladite somme, les paiez des autres subsydes octroiez ou à octroier audit prévostage pour ledit fait des guerres, ou assignez en lieux souffisans; quar, par le repport de ces lettres avec quittance des dis consouls, nous volons que icelle somme de xii^^ florins, ou ce que paie leur aurez pour ladite cause, vous soit alloé en voz comptes et rebatue de vostre recepte sens aucun contredit ; et ce faites par telle manière qu'il ne convegne que iceulx consouls aient occasion deu plus retourner, pour cause de ce, devers nous ; car ainsi le volons nous estre fait et l'avons octroie es consouls, non obstans commandemens, assignations ou desfences faites ou à faire au contraire. — Donné à Riom soubz nostre scel, le iii® jour d'aoust l'an de grâce mil CGC soixante. Par Mons. le lieutenant en son conseil, G. Phelipet, n ^

i36o, Juillet-Octobre

Guerre des Marcenat et des Bertholène alliés aux Anglais, contre

Aurillac et les oflSciers de Thomas de la Marche. —

Thomas à Roquenatou. — Guillaume de

Pertus bailli des Montagnes. —

Sanglant combat de

Jussac.

(Lettres de rémission de Guibert de Marcenat et ses alliés. Février 1364. Vidimus du 17 mai iSôg) :

Quarolus Dei gracia Francorum rex.. — Notum facimus, etc.. (Formule initiale du vidimus de Charles V). — « Donné à Paris, le XVI® jour de may de Tan de grâce mil CGC soixante-neuf ».

Exhibitis insuper pro parte ipsius militis certis aliis litteris nostris in filis cericis et cera viridi sigillatis de quibus in litteris suprascriptis fit mencio, quarum ténor sequitur sub his verbis :

I Arch. mun. de St-Flour, chap. X, titre I, art. 6, n» i. Orig. sur parch., jadis scellé.

Karolus Deî gratia Francorum Rex. Notutn facimus unîversis tam presentibus quam futuris nos humiletn requestam dilecti et fidelis nostri Guiberti de Marcenaco, militis, subdivisse, contînentem :

Juin i36o. — Conflit sanglant entre les habitants d'Aurillac et les

fils de Raymond de Berenger, bailli des Montagnes. Avanies

faites à Avit de Marcenat, clerc, dans Aurillac.

Siège du château de Saint - Etienne.

...Quod circa festum Beati Johannis Baptistœ anno Domini millésime CCC^ sexagesimo, inter Almaricum (corr. Amalricum) et Guillelmum de Bertholena, filios domini Raymundi Berengarii domini de Bertholena, tune baillivi et capitaneî nostri Montaneorum Alvernie, qui quidem Almaricus tune temporis erat locumtenens ejusdem baillivi et capitanei, ex parte una \ et habitatores et soldatores ville Aureliaci ejusdem baillivie, ex parte altéra, gravis exorta fuisset dissencio et usque ad sanguinum effusiones et hominum strages. Et idem Guibertus, dictorum liberorum consanguineus, pacem inter ipsos tractare volens et ad concordiam reducere de certis causis, misisset Avitum de Marcenaco fratrem suum apud Sanctum Stephanum prope Aureliacum * nichilominus tamen dicti habitatores et soldatores eorum propria voluntate et sine causa racionabili dictum Avitum de hujusmodi discencione penitus innocentem, clericum et clericaliter viventem, et quosdam socios suos qui secum ibidem vcnerunt et intererant, turpiter invaserunt et ipsorum equos et robas ac bona eorum ceperunt, et deinde usque ad castrum Sancti Stephani in quo idem Avitus fugiendo ab eis se reducerat, cum armis secuti fuerunt et illud castrum per magnum temporis spacium, volentes eumdem Avitum cum potencia capere, obsederunt.

Chevaux et vêtements d'Avit de Marcenat et de sa suite vendus à

l'encan par les soldats d* Aurillac,

Et alia multa opprobria, minas et injurias sibi et illis qui eumdem Avitum et ejus socios infra dictum castrum, receperant et salva-

I Château de St-£tienne, dominant la ville. Forteresse de l'abbé seigneur d'Aurillac.

3oo THOMAS DE LA MARCHE

verant, inlulerunt ; propter que verissimiliter credebatur quod si dicti habitantes et soldatores dictum Avitum et ejus socios tune temporis tenuissent, contra ipsos multa mala graviora cotnmisissent ; et licet per amicos dictorum Guiberti et Aviti dicti habitantes et soldatores fuissent amicabiliter requisiti quod predicta bona sic eis amota rcdderent et restituèrent ; tamen illa reddere contempserunt, ymo dictos equos sic amotos per quarrerias et plateas publicas dicte ville Aureliaci palam et publice vindicioni exposuerunt, et postea illos vendiderunt in dictorum Guiberti et Avici opprobrium, vituperum atque dampnum.

Guibert de Marcenat lève des gens d'armes et s'indemnise sur les

biens des gens d'Aurillac.

Deinde vero idem miles, videns et considcrans. se et cumdem fratrem suum sine causa sic dampnificatos et taliter injuriâtes, tenens et verissimiliter credens per cosdem habitatores et soldatores sibi pejora et graviora dampna perpetrare vellc et in sua ferocîtatc continuare, fecit seu permisit per aliquas gentes suas de ipsorum habitancium bonis capi, usque ad dictorum valorem equorum et ultra, maxime quod propter predicta sibi illata et eorum habitancium et soldatorum timorem plures gentes ad pcrsone sue et bonorum ipsius custodiam et securitatem secum tenebat, et multa onera et expensa propter hoc sustinebat.

Fin août i36o. — Guibert appelle en duel Guillaume de Pertus,

bailli des Montagnes ^ devant Thomas de

la Marche, au château de

Roquenatou.

Dicti vero habitatores et soldatores, non predictis injuriis contentî, sed majori iracundie calore succensi, supto [corr. sumpto] tune colore quod premissa fecerant et faciebant de mandato Guillelmi d^ Pertussio qui tune se gerebat pro' baillivo Montanearam Alvernie. et qui uxorem suam habebat in dicta villa Aureliaci et ad ipsiu>

I Guibert de Marcenat, partisan du comte de Poitiers, se sert de cette équivalente à « se disant », parce que Pcrtus avait été nommé par Thomas de là Vlsr^ après la destitution illégale suivant lui de Raymond de Bérenger.

THOMAS DE LA MARCHE 3oi

causam certas hereditates in eadem villa et de ipsorum habitancium communitate erat, ac tailliis et servitutibus ipsius ville subjiciebat et ipsius Guiberti capitalis et notorii inimici, ut apparebat ; maxime quod tune non fuerant duo menses elapsi quod propter atroces injurias per dictum Guilelmum eidem Guiberto et suis illatas ad instanciam ipsius Guiberti, idem Guilelmus, super facto duelli fuit vocatus coram locumtenente regio tune in partibus illis existente in loco Ruppenathonis ^ Quiquidem Guilelmus non comparens, fuit, in presencia plurium notabilium personarum, eontumax reputatus.

Les gens d'Aurillac nomment Guillaume de Pertus, ennemi des

Marcenatf capitaine de la ville. Incendie de Marmiesse.

Dévastation des terres de Guibert et de sa femme.

Tandem dieti habitatores in ipso malo proposito, ut videbatur perseverare volentes, dictum Guilelmum de Pertussio ipsius Guiberti ut predieitur inimicum, in ipsorum capitaneum atque dueem elegerunt. Quiquidem Guilelmus votis eorum libenter annuens, ae iterum eumdcm Guibertum dampnifieare ut apparuit proponens, dictum eapitaneatus offieium assumpsit ; quo assumpto, quadam nocte ipse Guilelmus eum predictis habitantibus et soldatoribus dicte ville, eum armorum potencia, ad castrum de Marmeyssa^ ipsius Guiberti accesserunt et loeum intraverunt. Et in ipsius castri domibus ignem posuerunt ae ipsius castri eapellanum depredarunt \ mansos, molendina, borias et eolumbaria ipsius Guiberti comburendo et dampnabiliter destruendo. Et mane dioi sequentis, mala malis aeeumulando, accesserunt ad locum de Baletha [corr. Valeta] 3 tune uxore dieti Guiberti, que de premissis innoeens erat ; et domo dieti loei, et loea combuxerunt, bona depredarunt et asportarunt, multaque enormia tam in dieti Guiberti quam uxoris sue terris dampnabiliter commiserunt.

X Roauenatou, château détruit de la commune de Marmanhac, canton nord d'Aurillac, connu dès le xi* siècle.

2 Marmiesse, château, comm. de Sansac-de-Marmiesse, cant. sud d'Aurillac, principale résidence des Marcenat. Ces seigneurs ne prenaient pas leur nom du chef-lieu de canton de Marcenat, arr. de Murât, mais de l'un des Marcenat de Parr. d'Aurillac. (Voir le cartulaire de Conques pour une famille de Marcenat, puissante dans le canton de Saint-Mamet dès le commencement du xi* siècle.)

3 Vallette, comm. de Vitrac ou de Roussy.

3o2 THOMAS DE LA MARCHE

Guibert met son clan sur pied, racole des bandes de brigands

de différentes nations et déclare la guerre à

Aurillac. Représailles sauvages.

Predictus vero Guibertus attendens quod idem Guillelmus de Pertussio, baillivus et capitaneus ac consors, dictorum habitancium in hac parte, non movebatur zelo justicie sed capitalis inimicicie, videns et considerans taliter se injuriatum et dampnifîcatum fuisse, verissimiliter presumens ne idem Guillelmus cum dictis habitatoribus et soldatoribus ad graviora dampna contra ipsum procedere vellet, venit ante dictam villam Aureliaci associatis secum piuribus baronibus, equitibus, consanguineis^ confederatis et amicis ejusdem Guiberti, brigannis et aliis quampluribus diversarum nacionum, vexillis erectis et banneriis explicatis, exercitus eciam congregato, offerendo eisdem habitantibus et soldatoribus semel et pluries bellum et in terris ipsorum habitancium et plurium aliorum eisdem terris conjunctis, homines occidendo, domos mansos et borias succedendo [corr. incendendo], et alia bona dictorum habitancium ipsius ville et dicti Guillelmi de Pertussio et ejus uxoris ex causis predictis destruendo.

Siège du château de Marmiesse par Pierre Jurquet, lieutenant

de Pertus,

Et subsequenter dicti habitatores et soldatores propter hujusmodi dampna sic eis allata acrius inflammati, piuribus aliis vicibus ad ad dictum castrum de Marmeyssa ipsius Guiberti iterum redierunt sub regimine Pétri Jurqueti, servientis regii ut tenebatur, locumtenentis dicti Guillelmi de Pertussio et dictum castrum cum catis% mentellis et diversis artificiîs et ingeniis pugnaverunt dictum Guilbertum et quosdam ejus consanguineos, familiares et gentes vulnaverunt, et aliquos occiderunt ; domos dicti castri et terras ipsius Guiberti et suorum, mensos, borias et cetera bona comburendo, destruendo, et eis alia multiplicia dampna ferendo.

I Chats. Abris en planches recouverts de merrains de fer, de peaux que Ton approchait du pied des murs de la place assiégée, et derrière lesquels on pouvait manœuvrer les balistes, le bélier, saper, tirer, combler les fossés. Il en est souvent question dans les chroniques. (Violet-Leduc. Dictionnaire raisonné de Varchitect. françaue, I. $42).

THOMAS DE LA MARCHE 3o3

Guibert lève une armée d'Anglais et de bannis. Combats sous

Aurillac. Eglises violées. Châteaux pris; hommes

et femmes brûlés vifs. Guibert est débordé.

Dictus vero Guibcrtus hujusmodi injurias et dampna sibi iilata considerans et attendens, et eciam Deodatus, quondam frater suus', ad iram forcius commoti et de predictis injuriis et dampnis se vindicare volentem, majorem nostrutn gentium armaturam quam prius fecerat, congregavit ; in qua congregatione fuerunt plures Gallici et Anglici relegati et banniti, maxime quod treuge tune erant inter indite memorie dictum genitorem nostrum et fratrem nostrum regem Anglie, et iterum ante dictam villam Aureliaci scmel et pluries redierunt et ibidem pugnaverunt et circumque per aliquas parrochîas, domos, borias et mensos habitancium dicte ville et aliquorum qui non erant de habitantibus et habebant bona et heredidates mixtas vel contiguas cum eisdem in diversis feudis regiis et ecclesiasticis, mobilibus et immobilibus, hujusmodi guerra pendente, combuscerunt, depredarunt, personas occiderunt, prisionarunt, redemi fecerunt et eis alia multiplicia dampna intulerunt ; loca religiosa et ecclesiastica, videlicet ecclesias de Jussaco^, de Rialhaco3 et de Pruneto^, castrum Sancti Victoris^ et domum de la Forsa 6, et pluria alia tam ecclesiastica quam secularia fortalicia occupaverunt, portamque ipsius ecclesie de Rilhaco et in aliis diversis locis homines et mulieres igné combuscerunt, pluraque alis maleficia per taies gentes et in tali guerra fieri consueta commiserunt ; quasquidem gentes sic congregatas, idem Guibertus non potuit refrenare nec aliqualiter impedire quin multa mala commi-

I Peu de temps avant (i337-i358) lors de Tincursion d'Arnaud d'Âlbret, seigneur de Cubzac, jusque dans la banlieue d'Aurillac, Déodat de Marcenat, enfermé c^ns une église de village, avec les habitants, aux environs de la ville, et feisant le guet du sommet du clocher, avait pris pour des angolais dix ou douze hommes armés du pays qui s'avançaient vers l'église dans un chemin. Il avait fait une sortie, les avait charges, tués ou blessés; cet événement lui avait fait des ennemis. Il fut poursuivit et obtint des lettres de rémission que nous publierons ailleurs.

a Jussac, comm. du cant. sud d' Aurillac.

3 Retlhac, comm. du même canton.

4 Prunet, commune du même canton.

5 Saint- Victor, comm. du cant. de Laroquebrou, arr. d'AurilIac, entre Ayrens, Saint- Santin et Laroquebrou.

6 La Force, comm. de Saint-Simon, cant. nord d'Au rillac.

3o4 THOMAS DE LA MARCHE

terent et facerent ; unde sibi non modicum displicuit et adhuc displicet ; nam multi domini et amici eo ipsius consanguinei et suorum propter hujusmodi guerram contra* ipsius voluntatem fuerunt dampniiicati, prout dicit.

Combat meurtrier de Jussac. Défaite des getis d'Aurillac et

des officiers de Thomas par Guibert et Déodat

de Marcenat. Nombreux prisonniers

amenés à Marmiesse.

Denique cum quadam die, habitantes et soldatores dicte ville Aureliaci cum magna multitudine gencium armorum, equitum et peditum, venissent ad locum de Jussaco vel essent ad invadendum dictum Guibertum, et dicti Guibertus et Deodatus quondam ejus frater essent ibidem, cum exercitu suo tam Gallicorum quam Anglicorum in longe mînori quantitate, tandem ambe partes ad invicem inierunt ; in quo bello dicti habitantes et soldatores ipsius ville fuerunt devicti et in magno numéro capti, et mortui, vulnerati et alii effugati ; inter quos fuerunt aliqui locumtenentes dicti Guillelmi de Pertussio, prepositî, notarii et servientes regii, clerici sacerdotes de habitatoribus dicte ville et eisdem adherentibus ; quodquidem fortalîces [sic) ' patriœ utraque dictorum parcium odio alterius, ipse Guibertus per fautores, auxiliatores seu adjutores suos gallicos^ anglicos et banitos capi et detineri procuravit et ipsos adjuvit et defensavit *.

Autres combats. Guillaume de Cosnac , envoyé par le roi,

met la paix entre les partis.

(Fin i36i.i362)3.

Ex quorum locorum capcione et detentione, mortes, depredaciones, capciones gencium et multa maleficia inde sunt secuta» sicut eciam fuerant plures in locis et conflictibus superius nominati» et ibidem multi capti et per dictos Guibertum et Deodatum, quondam fratrem suum, ducti ad castrum de Marmeyssa, et ibidem detenti

1 Fortalicia.

2 Augmenta la garnison et fortifia.

3 Peut-être après la mort de Thomas de la Marche.

THOMAS DE LA MARCHE 3o5

et custoditi quousque cum suis capiantibus finaverunt ; multa eciam alia gravîa et enormia mala, dicta guerra durante, fuerunt perpetrata per utramque partem et eorum fautores et complices quam presentibus inserere nimius longum esset. El demum per Bertrandum de Casnaco [corr. Cosnaco] militem, comtnisarium regium deputatum inter dictas partes, inspirante Deo, pax fuit reformata.

Griefs de Guibert et de ses partisans. Ils ont été irrégulièrement

condamnés à la confiscation et au bannissement par

Pertus, ennemi mortel de Guibert et

autres officiers royaux.

Pendente vero guerra predicta, dictus Guillelmus de Pertussîo, consors et socius habitancium dicte ville et capitalis dicti Guiberti ut predicitur inimicus, tanquam baillivus regîus Montaneorum Alvernie, citavit seu citari fecit per se seu locumtenentem vel commissarios suos dictos, Guibertum et Deodatum et plures de suis fautoribus et auxîliatoribus tune nominatis ut comparèrent coram [eo] et infra dictam villam Aureliaci, in qua eis non patebat accessus; et contra ipsos citaciones, informaciones, preconizaciones et bannizaciones, confiscaciones bonorum, invocaciones et publicaciones, et cum eis participantes et eos recitantes penarum et multarum sentenciarum promulgaciones et declaraciones et processus alios varios et diversos fecit, vocato magistro Philippo de Ponte, procuratore regio, et Durando de Bosco dicti procuratoris substitutOp et aliis multis jurisperitis, oriundis et habitatoribus dicte ville, quod citaciones et processus non fuerunt presentati personis quas arctabant et comprehendebant, nec ad eorum domicilia intimata et, licet si fuissent, tamen coram dicto judice et in locis eis notatis et vehementer suspectis nuUatenus comparere debuissent.

Pertus a fait pendre injustement les partisans de Guibert.

Guibert les a dépendus et ensevelis.

Suspendit eciam aut suspendi fecit idem Guillelmus de Pertussio aliquos de parte dicti Guiberti ; quos tanquam a suspecto et iniquo judice condemnatos ut sibi vidcbatur, fecit deponere de furchiis regiis et eciam sepeliri.

3o6 THOMAS DE LA MARCHE

Guiberi de Marcenat sollicite des lettres de grâce pour lui et ses

partisans dans cette guerre civile.

Super quibus omnibus et singulis supradictis, dictas Guibertus nobis humiiiter supplicavit ut cum ipse, calore iracundias motus et pro eo quod dicti habicatores et soldatores ipsum et fratrem suum primo et sine causa justa, ut predicitur, atrociter injuriaverat nec emendare vel reparare voluerant, sed in sua mala voluntate persis* tebant, zelo vindicte premissa perpetraverit vel perpetrare feccrit contra ipsos, vel alia causa ipsum movit nec movebat, nec eciaoi credebat quod tanta mala propter hoc hinc inde sequerentur nec scqui deberent. Sed multiplicacio injuriarum et dampnorum sibi et suis cotidie, ut dictum est, de malo in pénis succedencium et subsequencium ad premissa perpetranda et facienda ipsum moverit^ eidem graciam nostram super premissis impartiri et cum eodem et suis complicibus adherentibus et auxiliatoribus in premissis graciose et misericorditer agere dignaremur.

Jean, duc de Berry et d'Auvergne et le maréchal d'Audrehem

successivement lieutenants du roi en Auvergne, leur

accordent des lettres de rémission.

Nos igitur premissa omnia et singula considérantes et presertim ordinem et qualitatem dicte guerre et processum factorum per dictum Guillelmum de Pertussio seu procuratorem regium ejus substitutum et locatenentes eorumdem, attenta eciam qualitate pacis jam facte inter partes, et quod ipse Guibertus et sui predecessores inclite memorie domino genitori nostro nobis et prcdecessoribub nostris regibus Francie temporibus rctroactis, fideliter servîerit, et quod ipse Guibertus eciam ante et post hujusmodi discencionem fuit homo bone vite, famé, laudabilis et honeste, et quod eciair carissimus Germanus noster dux Biturie et Al vernie ^ et dilectus et fidelis noster dominus d^Odeneham^, marescalcus Francie, tune in partibus illis locumtenentcs regii, premissa crimina et facta omniu et singula, prout sunt expressata, ex ccrtis et legitimis causis ipso^

1 Jean, duc de Berry et d'Auvergne depuis i36o.

2 Araoul d'Audrehem, maréchal de France.

THOMAS DE LA MARCHE 3o7

moventibus, prout idem germanus noster nobis ore tenus retulit, eidem Guiberto et ejus complicibus adherentibus et auxiiiatoribus remiserunt et induxerunt, et ab omnibus ipsos absolverunt.

Sur la recommandation de son frère le duc Jean, qui a nommé

Guibert son bailli de Berry^ le roi Charles V gracie

Guibert et tous ses complices. Il les restitue

dans leurs biens et les relève

du bannissement.

Contemplacione eciam dicti germani nostri, cujus idem Guibertus est baillivus Biturensis ' qui nobis super hoc humiliter supplicavit, omnia crimina et maleficia supradicta perpetrata tam contra dictum Guillelmum de Pertussio quam contra quoscumque alios ofïiciarios regios habitantes et soldatores et eorum adhérentes et auxiliatores, delicta, homicidia, incarcerciones, redempciones, depredaciones ac indebitas a^sociaciones et alia quecumque maleficia criminalia vel civilia, penas et emendas expresse et non expresse, quecumque sint, occasione guerre seu discencionis predicte subfecerunt^ licet in nostris presentibus non sint expressata, cum de talibus guerris non possint omnia memorie retineri ; eidem Guiberto, Gerardo de Cols^ Guiberto de Géra [corr. Géra], Guiberto Aycardi, Johannis Gorbus, Johanni la Dornha vocato lo bort^ Moisset, tam scutiferis quam clericis, et omnibus consanguineis, affinibus, amicis, famiiiaribus, confederatîs, fautoribus, adherentibus, receptatoribus et participantibus aliis quibuscumque, et eorum cuilibet, remittimus penitus et quittamus et bannum revocamus, et bannitos ad regium nostrum restituimus, et eis omnem penam tam criminalem quam civilem et eorum cuilibet indulgemus per présentes de nostra certa scientia, auctoritate regia et gracia speciali, eosque ad patriam et famam atque eorum bona restituimus ad plénum ; non obstans quod dicti consanguinei, affines et amici, familiares confederati, adhérentes, fautores, receptatores et participantes non sint presentibus litteris nominati seu specificati. Omnesque processus, inquestas, informa-

1 L'intervention du duc fut la récompense de Guibert de Marcenat pour avoir combattu le parti de Thomas de la Marche, môme avec l'alliance des Anglais.

2 Bâtard.

3o8 THOMAS DE LA MARCHE

cionesy publicacioncs, annotaciones et confiscaciones nobis super premissis et quolibet premissorum factis et debitis tam dicti castri de Marmeyssa quam aliorum bonorum quorumcumque dicti Guiberti et consortum ac complicum suorum penitus revocantes, et eis ac eorum cuilibet ad plénum rémittentes ; procuratori nostro super premissis et ea deppendencia perpetuum silencium imponendo. {Suit la formule des lettres de rémission).

Jean de Berry se fait faire réserve du procès en dommageS'intérêts

qu'il a intenté contre Guibert , Guillaume

Julien d'Aurillac et autres.

...Volumus tamen quod propter hujusmodi nostram graciam et remissionem quidam processus coram dicto germano nostro inter dictum Guibertum et ejus quamplures amicos, tam de regno nostro quam de extra ^ et Guillelmum Juliani, de Aureliaco, occasione maleiiciorum predictorum inchoatus, aliqualiter impediatur... ' [Formules). — Datum Parisius mense februarii, anno Domin: millesimo CCC^ sexagcsimo et regni nostri tertio.

Formule finale du vidimus

Dicta nostra curia de precepto nostro ac virtute dictarum litterarum nostrarum primo scripiarum eisdem litteris nostris in fiiis cericis et cera viridi sigillatis superius scriptis, ac omnibus singu::> in eisdem contentis obtemperavit et obtempérât per présente^. Nostro in aliis et in omnibus quolibet alieno jure dato. Quod, u: firmum et stabile perpetuo perseveret in futurum, présentes littcr^*^ sigilli nostri munimine jussimus muniri. — Datum et actum Parisius in parlamcnto nostro xvii^ die mensis maiî, anno Domir; millesimo CCC^ sexagesimo nono et regni nostri sexto. Sic signata per caudam : Villemano. Collatio facta est... Registrata*.

1 En d'autres termes, Jean de Berry se réservait de tirer seul de l'argent des couf>ab'i Il les protégeait, leur faisait rendre leurs biens ; mais les amendes ducs au nM p leurs délits!, c'est à lui qu'elles seraient payées, ainsi que le montant du préjudice w>. aux propriéiés de son apanage.

2 Arch, nat,, X'* 3i, fol. 414-415.

8 Août i36o

Lettre de Jean de France comte de Poitou à Thomas de la Marche,

cassant ses décisions et lui intimant Tordre de cesser

toutes poursuites contre Tévâque, le capitaine

et les consuls de Saint -Flour

et de les indemniser.

Johannes filius et locumtenens domini nostri Francie Régis in partibus Occitanis, cornes Pictavensis et Matisconensis dilecto nostro domino Thome de Marchia, militi, salutem. — Cum nos dudum, per litteras nostras, has spéciales inter cetera, regimen, capitaneam et custodiam civitatis et fortalitiorum Sancti Flori dilecto nostro Raymundo Berengarii domino de Bertholena militi bayllivo Montanorum Arvernie pro dicto domino nostro, ac capitaneo de voluntate gentium dicte bayllivie, ex parte Régis domini nostri in dicta baylia deputato, comisimus et inhibuimus ne aliquem in armis in dicta civitate intrare permitteret et alias, sub cena pena in dictis aliis litteris expressata, prout factum, seu sit de forcioribus totîus patrie et in fronteriis inimicorum, et talis de cujus custodia est mentio precavendum et timendum ; et intelleximus per vos qui cratis cum multitudine gentium armorum et archeriorum, asserentes vos locumtenentem in Montants Arvernie carissimi consanguinei nostri Borbonensis locumtenentis dominorum régis et regentis dicti regnif intrare dictam civitatem nisus estis et fuissetis. Et quia dominus de Bertholena, capitaneus prefatus, januas aperiri faciendo non obtemperavit, particulares inhibitiones et precepta penalia sibi episcopo et consulibus dicte civitatis, de aperiundo portas undc ut intrare possetis, in eadem fecissetis seu sic fieri fecissetis. Proponebant quod et dicebant vobis cum, quare per nos eidem capiianeo rnhibitum fuerit, et preceptum ut puniretur * ; non obstanti etiam quod in banis et suburbiis dicte civitatis vos ac gentes vestras honorifice valentes hospitare, et ibidem hospitalitium, vobis miserando, per dictos episcopum et consules supradictos et expensis [suis prestitum fuit]. Quibus preceptis et inhibitoribus visis, dictus

I Ici un passage oublié par le scribe du xiv* siècle.

3io THOMAS DE LA MARCHE

capitaneus episcopus et consules preceperunt precepta et inhibitiones per nos eisdem factas sub magnis et commissis pénis ne cuiquam dictas portas apperirent, et obedire vobis recusaverunt. Et ulterius dicti episcopus et consules preceperunt pluria precepta et inhibitiones pénales eisdem factas per dictum capitaneum ne dictas portas vobis aperirent, nec ad vos accédèrent, obedire et recusaverunt.

Quare citare fecisses coram vobis dictos capitaneum, episcopum et consules ut in dictis suburbiis personaliter comparere sub magnis pénis ad certam horam ; qua hora veniente, vicarius dicti episcopi et unus consulum comparuerunt coram vobis, et alii consules comparuissent sed dictus capitaneus non permîttebat episcopum exire dictam portam dicte civitatis, ofFerentes, et alîi conventus et consules, stare juri et racioni coram vobis, si et in presenti casu existât, et de jure ; asserentes vos tune posuisse ipsos in defectu ; ipsi dicentes et proponentes causas et raciones ex quibus non erat procedendum taliter contra ipsos ; et ad dicendum et audiendum declinationes et taxationes, penas, muletas et inhibitiones per vos eisdem factas, et ad indicandum comodum et incomodum dicti deffectus etiam apud Aureliacum coram vobis eisdem assignâtes, certos pressus contra ipsos episcopum et consules ibidem faciendo, et eisdem non admissis in eorum deffensionibus coram vobis presentatis ; eosdem, pénis spretis, dictum episcopum declarando, modificando et taxando emendas, penas et muletas et comodum et incomodum dicti deffectus, in mille seu quingentis marchis argenti, et dictos consules in quingentis marchis argenti erga dominum nostrum regem, vos maliciose condempnastis.

A qua curia seu judicato ad dictum nostrum regem et ejus curiam per ipsos extitit appellatum [quare] in et supra quibus, sine eorum culpa et delicto, fatigantur et patiuntur jacturam ; cum pro eo quod nostris preceptis et inhibitoribus predictis servaturis ipsi fuerint obedientes, de fidelitate, obedientia et diligentia erga nos merito sint laudandi.

Quo[rum] littera requisiti, ut indempnisatis dominum de Bertholena capitaneum, episcopum et consules predictos provide dignaremur, cupientes disponere malîgnam rebellionem seu inhobedientiam imputatas, consideratis premissis, vobis et ceteris per vos deputatis et deputandis et aliis oiïiciariis regiis mandamus sub certa pena

THOMAS DE LA MARCHE 3ii

indignationis et alia qua erga dictum dominum genitorem nostrum et nos incurrere possetis, quatenus a predictis pressibus litigiis et vexationibus omnino desistatis et desistere facietis... et ad plénum ; indagentes et inhibentes vobis, tenore presentium, ne de cetero predictos capitaneum, episcoputn et consules vexeiis, citetis, adjornaretisy aut alias molestetis^ seu molestias a quoquo permittatis scienter. Et si contra istud facias, de tali providebimus remedio quod nobis faciendum videbitur et providendum. Taliter vos super hits habentes quant amplius, ad nos non référant querelam^ quod multum nec immerito nobis displiceat ; attenter premissis et per omnia et singula predicta ex nostro et expresso mandat o sint facta,

Datum Villenove prope Avinionecn, die octava augusti anno Domini M^ CCC° quinquagesimo sexto [corr, sexagesimo] sub nostro proprio sigillo.

Per dominum locumtenentem ad rel. consilii :

GUFORTON n. '

Obligation souscrite par les consuls de Saint-Flour au profit de Jean

Saysset à raison des avances par lui faites naguères pour

rembourser Guillaume de Pertus et pour obtenir

à Paris des lettres de grâce lors

des poursuites de l'évêque

Pierre d'Estaing

(2 Avril 1369).

Nos, Johannes de Montibus, Johannes Esclavis, aL Charrola et Johannes Moreyras, consules Sancti Flori, notum facimus quod nos... recognovimus... nos debere vobis Johanni Saysseti presenti et recipienti pro vobis et vestris, videlicet ducentos ôorenos auri...

I Arch, mun. de St-Flour, chaj>. II, art. 2, n* 18. Orig. sur parch. Moitié du petit sceau en cire rouge de Jean de France, fils du roi Jean le Bon, alors comte de Poitiers. 4 cent, de diamètre. Légende : S. JOHIS FILIUS REGIS COMITIS PICTAVENSIS. L'écu est semé de fleurs de lys, c'est-à-dire de France sans brisure. Pas de contresceau.

L* Inventaire des Archives de Saint-Flour (p. 52) reproduit Terreur du copiste et date ces lettres du 8 août i356. La date i36o est rendue certaine par les pièces antérieures et postérieures.

ratione expensarum factarum per vos in villa Parisius in et super et pro diversis in curia parlamenti Parisius inter reverendum in Christo patrem dominum Petrum de Stangho olim episcopum Sancti Flori et procuratorem regium... ex una parte, et consules tune Sancti Flori ex altéra, et pro salario et expensis ducentorum et decem denariorum auri per quos morati fuistis Parisius... et... pro singulis scripturis plurimarum litterarum tam gratiam quam justitiam continentium ; et inclusis in dicta summa quinquaginta florenis olim datis domino Guillelmo de Pertusio miliii, pro certis causis olim in curia Francie cxpeditis per ipsum militem solutis et deliberatis per vos dominum Johannem Saysseti, sub expressa hypotheca et obligatione omnium bonorum presentium et futurorum consulatus nostri. — Datum sub sigilio consulatus nostri, in testimonium premissorum die lune post resurrectionem domini que fuit dies secunda mensis aprilis anno domini millesimo CGC™® sexagesimo novo ^*

i6 JuiIlet-24 Août i36o.

Destitution de Thomas de la Marche par le Régent à rinstigation

de son frère le comte de Poitiers.

Septembre 1360. Lettres patentes de Louis II duc de Bourbon, lieutenant du Roi et du Régent en Auvergne à Riom.

Rappel des faits qui ont motivé la condamnation de révêque et des consuls de Saint-Flour par Thomas de la Marche.

A Saint'Flour :

Ludovicus, dux Borbonensis, comes Claromontensis, camemarius Francie, locumtenens Régis Francie et Regnum Regentis in partibus Arvernie, Montanorum Arvernie, Bituricensis et Matisconensis et ressortis eorumdem, universis présentes litteras inspecturis salutem. — Cum, per litteras carissimi domini et consanguinei nostri comitis Pictavensis et Matisconensis, filii et locumtenentis

I Arch. de St-Fîour, chap. II, art. 2, n« 28. Orig. sur parch. Fragment du sceau du consulat en cire brune.

THOMAS DE LA MARCHE 3i3

domini nostri Francie Régis in partibus Occitanis et Arvcrnie et ressortis eorumdem, regimen et custodia civitatis et fortaliciorum Sancti Flori tanquam de forcioribus patrie, in speciali commissa fuit et fuisset Raimundo Berengarii militi, domino Bertholene, baylivo et capitaneo regio Montanorum, eodetn militî inhibendo ne per cujusve personam cujusvis status aut condicionis existet, intrare permitteret infra dictam civitatem cum armis aut societate, aut si forsan alium suspectum reputaret, aut sibi videtur non esse faciendum ; ut, de premissis, per suas litteras ejus sigillo sigillatas, nobis constat.

Et superveniente domino Thoma de Marchia milite, asserente iunc se nostrum in locumtenentem in dicta bayilia Montanorum, die incurrente infesto nativitatis beati Johannis Baptiste proxime elapso cum magna et diversa quantitate gentium armorum et archeriorum diversarum partium et nationum ^, et inirare volentem infra dictam civitatem et fortalicia ejusdem, idem bayllius et capitaneus dictum dominum Thomam intrare non permisit, ymo claves portarum dicte civitatis illis abstulit qui eas custodiebant recedendo cum eisdem ; clausis per eum dictis portis, licet ex parte dicti domini Thome, plura et dicta precepta penalia de aperiendo et intrare permittendo dictum dominum Thomam infra dictam civitatem facta erunt dictis episcopo et consulibus, sub magnis et grossis pénis ; quibus obtemperare non potuerunt tam propter dictam abbatiam Cluniucensem quam propter pluria precepta penalia et inhibitiones pénales eisdem factis per dictum baillium capitaneum et custodem dicte ville de non aperiendo portas nec intrare permittendo dictum predictum dominum Thomam, et ejus certis causis, prout idem capitaneus dicebat ; et nobis constat de premissis per litteras sigillo Regio Montanorum sigillatas et..., ad audien[dum defensiones dictorum episcopi et consulum, quod dictus dominus Thoma ipsos citare fecerat dicta die, et coram ipso comparèrent in suburbiis dicti loci ubi erat hospitium ad dictum [dominum prestitum] et suas [defensiones] pro ipsum declarandas, ad dictum capitaneum accesserunt, eidem supplicando ut dictas claves eisdem redderet et portas dicte civitatis aperiri faciet; quod facere noluit, ymo facere recusavit, et ipsos arrestavit et inhibuit ne ad dictum

t Les Bretons surtout.

Thomam accédèrent, et ex causa, ut dicebat. Et iterum, cadem die, per intervallum , ipsis supplicantibus dicto capitaneo ut honestum virum dominum Petrum Syvaderium officialem Sancti Flori et procuratorem dicti episcopi et Johannem Sayssetî, consulem Sancti Flori et procuratorem Gumbaldi Bughal tx Petn Jovenros, consulum et dicte ville exire permisit dictas portas, et ipsis quibus supranominatis aperientibus, coram dicto domino Thoma et in dictis suburbiis, et excusantibus de cum non veniant ex causis premissis, idem dominus Thoma dixit et respondit quod dictos episcopum et consules posuerat in deffectu et ad videndum commodum et«incommodum dicti defTectus peripsum audiendum, et declaracionem muletas et penas eisdem indictas et factas, ut dicebat, et assignavit die jovis post estivale festum beati Martini proxime elapsum apud Aureliacum coram eo.

Cui dicto domino Thome dictus officialis et Johannes Saysseti quibus supra nominibus, dixerunt et responderunt quod non consentiebant in ipsum dominum Thomam tanquam in judicem nec assignationi facte per ipsum ; dicendo quod hora vesperîs et hora débita et assignata coram ipso comparebant^ et omnes comparuissent, siquidem [non] impediti fuissent per dictum capitaneum et eorum dominum, modo superius declarando ; de quo paraci erant facere fidem, et allegare et proponere causas sufiicientes quibuf mulctari non debebant, nec in aliqua causa condempnari ; dictu^* defTectus, si sic dici videbatur, debebat revocari et anuUari ; et, si in aliquo tenebantur procédera, parati erant et offerebant procederc proponendis contra eos, ut decet racionis.

A Aurillac :

Qua die jovis predicta apud Aureliacum assignata dictis episcopo et consulibus, pro dictum dominum Thomam comparuerunt Johanes Maygîies procurator et procuratoris nomine dicti episcopi et Johan:^ Saysseti consulis prcdicti, pro se et ut procurator necnon aliorum consulum predictorum, infra domum fratrum minorum Aureliaci. et coram dicto domino Thoma, ubi pro iribunali sedebat ; et, facti>. dictis comparucionibus per dictos procuratores de suffidcntibu^ procuracionibus fundatis et offerentibus se procedere coram eo ut decet racionis. Et ut in competcntem tenerent, idem domin'^> Thoma dixit : « Si dicti episcopus et consules ibidem erant, Johanne

THOMAS DE LA MARCHE 3i5

Maygne et Johane Saysseti comparentibus pro et nomine quibus ? » — Et eisdetn domino Thome dicentibus se fore simplices personas et non aptas ad dicendum et justificandum raciones suas ; ex quibus dictis contumacia et deffectu, si sic dici videbantur, allegatis per dictum dominum Thomam contra eos non valebant nec sortiri debebant efFectu contra ipsos et dictos suos, et quod mulctari nec condempnari debebant. Et in hiis justificandis et lacius explicandis petebant aliquem sibi Aureliacensem dari in advocatum. Quod facere recusavit dictus dominus Thomas.

Tum dicti procuratores, ad eorum et dictorum suorum deffenciones et innocencias dixerunt quod ipsi et eorum domini venissent apud Sanctum Florum coram eo ; cum quod venissent, et eidem in presenciam in ipsis erant présentes, nisi isti qui fuissent impeditî, dicto impedimento dicti capitanei supra allegato licet sufficiente, et hora débita et assignata tune comparuissent ; pluraque alia contenta in instrumentis super hec confectis de quibus est vobis facta fides per dictos procuratores allegando ad eorum defifenciones ; petentes dicti. procuratores dictos deffectus et contumacias allegatos per dictum dominum Thomam, si sic dici videbantur, et si que muicte facte et indicte sunt ex predictis, revocari cassari et anullari. Petentes sibi ut in facto contestabant, responderi^ prout aut in jure in facto exigitur ; ofFerentes se volentesque procedere ut esset racionis.

Hiis non obstantibus nec admissis, dominus Thomas, ex abrupto eorum dictis, ut dixerunt, declaravit, ac notificavit et taxavit esmendam ad mille marcharum argent i per dictum dominum episcopum dicto domino Rege persolvendas et per consules ex predictis, ut dixit, eidem dicto domino nostro Régi quingentas marchas argenti, de quibus taxacionibus, declaracionibus, modificacionibusque et aliis.

L'évêque et les cotisuls en appellent au duc Louis qui laisse le comte

de Poitiers en décider. — Lettres du comte de Poitiers

à Thomas des 1 6 juillet et 8 août i36o^.

Le comte de Poitiers casse les

jugements de Thomas,

Contra predictos episcopum et consules predictos... et pronun-

I Voir cette lettre au n* XL.

3i6 THOMAS DE LA MARCHE

ciatis, lamquam a nuUis... quse erant tanquam asultis ? pravis et iniquis, dicti petentes, nominïbus quibus supra, ad nos et nostram audienciam appellaveruni seu ad illum aut illos ad quos seu quem peitinet appellandum, proferendo per ipsos dictatn appellacionem via appellacionis supplicacionis aut requeste, ut nobis constat per présentes in formam super hec consuetam sub dicto sigillo regio Montanorum ; dictisque epjscopo et consulibus se retrahentibus ad dictum dominum comitem Pictavensem,qui, expositis sibi premissis et per ipsum intellectis, per suas litteras, quarum una est data diei XVI mensis julii, et alia diei ottavi mensls augusti proximi et sub anno presenti, de quibus quidem bis nobis constat, inhibuit et mandavit dicto domino Thome ut a predictis processibus et aliis factis contra dictos episcopum et consules ex causls predictis aut quemque ex eis désistât totaliter, nec ipsos, occasione premissorum abilitando, molestaret, penas et pressus contra eos factas aut inchoatas, aut alterum ipsorutn, citaciones, inhibîcJones et penarum dectaraciones ac precepta... revocando. Quo tenore suarum litterarum predictarum, revocavit et inhibuit ipsos de cetero non fatigari aut aliquomodo molestari occasione predicta.

L'évêque et les consuls vont demander au Régent la destitution de Thomas*. Il est révoqué {18-22 juillet i36o).

Accesseruntque predicti episcopus et consumes ad carissimum dominum nostrum dictum Karolum filium dicti domini Régis ac Regentem regni francie, eidem supplicando ut dictum dominum Thomam revocaret, et contra concederet que in suis litteris continentur ; quarum litterarum data est una die xviii mensis julii, et alia eodem mense xxii die et ejusdem mensis proxime elapsis anno presenti. Qui dictus dominus Regens, per suas litteras predictas dictum dominum Thomam ab officia locumtenentis sui et nostri revocavit, et inhibuit ut pêne et muictarum inhibiciones facte per eumdem dominum Thomam et concesse ac tempore treuguarum publicatarum inter dictum dominum rcncni Francie et regem Anglie que publicata fuerunt dïe uctava mensis mayii proximi

^1 du 16 idllet c

THOMAS DE LA MARCHE Si;

presentis ^ penitus revocarentur ; que omnia, tenore suarum penitus revocavit litterarum. De quibus nobis constat facta fides.

Lettre du Régent à Louis de Bourbon, lui prescrivant de faire exécuter son ordonnance de destitution (24 août 1 36o).

Et postquam predicti episcopus et consules accesserunt ad dominum dictum nostrum Regentem qui prefatas litteras quarum una data est diei xxiiii mensis augusti proxime elapsi et anno presentii de quibus nobis extitit facta fides ; qui, per dictas suas litteras, dictum dominum Thomam ab officio locumtenentis predicto revo^ cavit, una cum predictis pressibus adjornamentis et declaracionibus dictarum mulctarum, penarum et esmendarum, et aliis pressibus factis per dictum dominum Thomam contra ipsos aut alterum ipsorum, de opportuno et gracioso remedio providerî [jussit].

Louis de Bourbon s'exécute. Il confirme, en ce qui le concerne^

l'annulation des Jugements de Thomas de la Marche

et accorde des lettres de grâce en tant

que de besoin à l'évêque et

aux consuls^.

Quo ita, nos, consideratis premissis et ad plénum informati de eisdem et sumptibus factis dicto domino Thome et ejus comitivis graciose in dictis suburbiis per dictos supplicantes, veraque obediencia ipsorum, ipsosque supplicantes fore multipliciter gravatos propter guerras3, et quod obedire tenebantur mandamentis dicti domini comitis Pictavensis , dictasque condempnaciones modificaciones et declaraciones penarum, esmendarum et muictarum factas fuisse contra ipsos et quemlibet ipsorum, dicta die jovis post estivale festum beati Martini proxime elapsum anno presenti et sic

1 Trêve du traité de Brétigny du 8 mai 1 36o.

2 Â observer qu'il ne destitue pas personnellement et expressément Thomas. Il le contente de ne plus le qualifier son lieutenant et seigneur de Nonette. Jean avait déjà fait saisir les biens.

3 Le duc de Bourbon n*aurait pas eu besoin de chercher tant d'excuses au refus d'ouvrir les portes de la ville que son lieutenant Thomas avait puni comme acte de rébellion, s'il avait trouvé la condamnation injuste en elle-môme. Il la trouvait légale ] mais le Régent ayant donné raison à son frère le comte de Poitiers, il s'inclinait. Aussi est-ce une grâce qu'il accorde aux coupables. Comparer ce langage à celui du comte de Poitiers dans sa lettre du 8 août précèdent (a* XL).

3i8 THOMAS DE LA MARCHE

ac tempore publicacionis, dictarum treugarum, cum aliis que ad nos et ad nostrum consilium movent, predictas esmendas et muletas, et ad alios quoscumque pressas factos per dictum dominum Thomam contra altçrum ipsorum, et quidquid fecit et fuit exinde assecutum, cassamus, adnihilamus, reduximus et revocamus et omnino anullamus, et dicimus fore nuUos et nullas et nulliusque valoris per predictam, auctoritatem regiam qua fungimur in hac parte, ex nostra certa scîencia ; et gracia si necessefuit speciali, etiam ipsas penas esmendas et muletas si in aliquo tenebantur, eisdem supplicantibus et eorum cuilibet penitus remittendo auctoritate que superîus ; relevantes dictos episcopum et consules et ipsorum quemlibet assignacionem, appellacionem per ipsos et eorum quolibet factas modis superius declaratis, quas per ipsos prosequi nolumus et ipsorum quorumlibet, ymo auctoritate qua superius, cassamus ; prohibimus, eisdem in vanum consideratis premissis, [quod] dicti supplicantes vexarentur laboribus et expensis. Mandamus dicto domino Thome, et tenore presencium precipiendo auctoritate qua superius, eidem et bayllio regio Montanorum Arvernie ac thesaurario seu receptore regio certisque oflRciariis regiis qui nunc sunt et perpetuo erunt, ne dictos episcopum et consules decreto vexent seu molestant occasione premissorum, et ipsos et quoslibet ipsorum, hac littera presenti, gracia uti et gaudere permittant pascifîce et quiète, procuratorio regio super premissis et dependentibus, et eisdem perpetuo silencium imponendo. Et, prout ârmum et stabilc ad presens et futurum perpetuo dictis supplicantibus presens gracia providet et valeat, hiis litteris presentibus nostrum fecimus apponi sigillum, in fidem et testimonium premissorum.

Actum et datum Riomi, mense septembris anno domini millesimo trecentesimo sexagesimo.

Per dominum locumtenentem ad vel consilium ^

Santenay. n.

I Arch. miin. de St-Flour, chap. II, art. 3,- n' 23. Vidimus de i36o 6ur parchemin. Le sceau du duc de Bourbon a disparu. Découpure au milieu de la charte. Elle est mentionnée en ces termes dans r inventaire de la fin du xiv* siècle : o Ittm ung instrument saillat en ccra vert e en las de seda autreghat per Moss. lo duc de Borbon contenent las penas e multas foytas per Moss. Thomas de la Marcha contra los senhors cossols et habitans de la viala de Saint-Flor, los quais penas e multas fbroot remessas per lo dit Moss. de Borbon coma luoctenent de Rey v. {Mémti arch,t chtp. XIII, n* I, p. 9).

Septembre i36o

Révocation par le roi Jean des donations de Nonette et de toutes

antres terres faites par le Régent à Thomas de la

Marche. Jean de Berry se fait donner par son

père tous les biens confisqués sur

Thomas en Auvergne.

Joannes, Dei gratia Francorum rex... notum facitnus... quod nos, débita consideratione pensata quod Joannes natus noster charissimus nuper Pictaviensis et Matisconensis comes qui, ut devotus filius, liberali et spontanea voluntate jussibus nostris obtemperans, voluit et concessit quod, pro completnento pacis tractatas et factae inter nos et charissimum fratrem nostrum regem Angliœ, de dicto comitatu Pictavensi prœfato fratri nostro in contractu dictai pacis promisso» necnon de comitatu Matisconensi... in nostrum fratrem prasdictum... transferemus... dictos comitatus in manu nostra paenitus dimittendo et... renuntiando. Volentes itaque retributionem sibi rependere pro prasmissis, civitatem, castrum, turrîm magnam Bituricensis et quidquid in... tota baillivia et ressorto Bituricensi... ac etiam quidquid habemus in bailliviis Arverniœ et Montanorum Alpet*niœ et eorum ressortis, dicto Joanne nato nostro charissimo, tam in remuneratione pra^missorum, quam aliis plurimis et justis et rationabilibus considerationibus attentis, concedimus... cum... omnibus homagiis, vassalagiis... qualitercumque nuncupentur, videlicet pro se et suis heredibus masculis de mutrimonio legitimo procreatis et descendentibus ab eodem in perpetuum ; donis aut alienationibus castri de la Noneta in dilectum nostrum Thomam de Marchia militem iranslatis, et aliorum castrorum, reddituum, jurium et emolumentorum quorumcumque in terris, bailliviis et castellaniis prcedictis per charissimum primogenitum nostrum ducem Normanice et delphinum Viennensem, ad vitam, vel ad iempus, in perpetuum aut alias quoquomodo factis ; quœ omnia et singula per présentes revocamus et annulamus^ nonobstantibus quibuscumque. Nichilominus... quod dictus Joannes noster, sua laudanda principia de bono in melius laudabilius prosequetur

îpsum... creamus ducem Biturise et Alverniae. — Datum Boloniae, anno Domini i36o, mense septembrî '.

Janvier i36i

Lettres patentes de Thomas de la Marche décrétant l'établissement

de deux nouvelles foires à Saint-Flour.

Ce document original, dont le corps est effacé en trop d'endroits pour que nous le reproduisions in extenso^ se termine ainsi :

Datum apud Aureliacum anno Domini millesimo trecentesimo sexagesimo, mense januarii ^.

Au revers du parchemin est écrite d'une écriture du même temps la mention suivante :

Per dominum locumtenentem in consilio, in quo erant domini Yterius de Villebovis, Aymo de Bonnebaud, milites^ Guillelmus de Pertusio, baillivius Montanorum Arpernie, Magister Petrus Salmandi cancellarius, (Suit la signature du notaire J. Rozer (Rogier), qui a expédié Tacie de la mention de la collation) 3.

Ces foires étaient celles de Saint-Biaise et de Saint-Laurent. Elles furent considérées comme émanant d'une autorité légitime; seulement, comme elles n'avaient pas été précédées, faute de temps, de l'enquête administrative habituelle, six à sept mois plus tard, le

I Réédité par Chabrol [Coût. cTAuv., I, CXIX-CXX). D'autres écrivains datent du mois d'octobre. Il n y a cas contradiction nécessaire. La confirmation de l'acte de septembre peut avoir été foite en octobre. Le roi Jean, mis en liberté provisoire à Calais le dimanche 23 octobre pour pouvoir signer à nouveau et valablement le traité ratilîcatif de la convention de Brétigny du 8 mai précédent, se rendit immédiatement à Boulogne, signa le 26 et repartit pour Calais, ville anglaise, où il rentra en captivité. Il est venu deux fois à Boulogne en septembre et octobre.

3 Le feudiste auteur de l'inventaire du xviii* siècle a bien lu comme nous januarii dans l'abréviation du mot moins effacé alors qu'aujourd'hui et qui ressemble aussi Quelque peu kjunit. Si c*tsi januarii, il s'agit nécessairement de janvier i36i, Thomas étant mort cette même année i36i six mois après le commencement du carême, et d'autre part l'année finissant à Pâques, spécialement en Haute-Auvergne. D'ailleurs

maintint la condamnation par un nouveau jugement rendu à Aurillac môme, que nous avons publié plus haut.

3 Àrch. mun, de St^Flour, chap. VI, art. 2, n* 4. Orig. d'expédition sur parch.

8 août i36i, Raymond de Bérenger, seigneur de Bertholène, réinstallé dans ses fonctions de bailli des Montagnes, fut invité par requête de Guibald Béraud, bourgeois de Saint-Flour, premier consul, le marchand Pierre Olméda, mandataire de Jean Saysset, deuxième consul, et Pierre Jouvenroux, troisième consul, à consacrer la décision de celui qui Tavait destitué. Les consuls lui présentèrent, à cet effet, les lettres patentes de Thomas de la Marche appuyées d'une délibération des habitants expédiée sous le sceau en cire verte du consulat qu'ils lui firent notifier akisi qu'à Guillaume Boutarel, procureur du roi, par Bernard Dobax, sergent royal à Saint-Flour. Il fut procédé à une enquête de commodo et incommodo dont le procès-verbal fut dressé par Hélie de Lostal ou de L'Hospital [de Hospitio)^ « clerc et lieutenant de noble et puissant homme Monseigneur Raymond de Bérenger, seigneur de Bertholène, bailli des Montagnes d'Auvergne et commissaire pour le roi de France. » Furent assignés à déposer à cette enquête les témoins qui suivent, dont les noms et le domicile nous font connaître que la prévôté de Saint-Flour de cette époque comprenait aussi Murât : Le précepteur des maisons des Hospitaliers de Maurs, Monlsalvy et Loubcyzargues, près Saint-Flour, à cause de cette dernière commanderie, représenté par N... de la Vergne (del Vernh)^ prieur de Bredon [de Bredomio) ; Begon, vicomte de Murât, chevalier -, Armand de Trévis [de Trivio)^ représenté par Jean Juéry et Jean Brumcnchon, consuls de Saint-Flour ; Guibert de Pierrefort, chevalier, seigneur de Pierrefort ; Bernard (de Rochefort), seigneur d'Aurouze et du Saillant, chevalier, assigné en son château du Saillant ; Etienne Bompar, chevalier, seigneur de Lastic ; Pierre de Brezons, chevalier, seigneur de Brezons ; Armand de Chàteauneuf, seigneur de Mallet, chevalier, représenté par N... de Beynat : Jaubert de Dienne, seigneur de Dienne, chevalier, assigné en son château de Dienne ; Jean Jurquet, seigneur de Combret [Johanes Jurqueti, dominiis de Combrelis)^ assigné en sa maison de Combret; Arnaud de la Vie, vicomte de Villemur, chevalier, seigneur de Chumbreuil, assigné en son lieu de Chambreuil, près Murât, dominus de Chambuev in loco suo de Chambuer\ Pierre de Chambon, damoiseau d'Anterrieux [de Interamnibus) ; Révérend Seigneur le seigneur d'Estaing et de Chaylane, chevalier, cité dans son château de Chaylane.

Tous refusèrent de comparaître, après s'être évidemment entendus. Le point saillant de ce procès-verbal d'enquête gît dan'^ les conclusions du procureur du roi et de son substitut. Ils déclarèrent que les intérêts du fisc n'avaient rien à souffrir de l'établissement des foires accordées par Thomas de la Marche, par la rais^.r. que le roi ne possédait rien à Saint-Flour, pas même « une place quelconque où l'on pût tenir une foire ou des marchés, soit faire une publication, à son de trompe ».

Coram nobis una voce ciiatorum nullus comparuit, nec aliquis pro ipsis ac alius ipsorum, licet fuissent sufficienter appellati^ ut mos est,., sed duntaxat dictas procurator regius substitusque nomine regio dicens quod ipse nomine quo superius se nolere in aliqun opponere contra dictas litteras domini Thoma de Makchia, ac contenta in eis, nec aliquid obicere pro eo quia dictus dominas noster rex non habebat curiam quamque in dictam villam Sancti Flori, aliquem locum in quo fiant mercatum et nundine, de quibus canetur, de quibus in dictis locis fièrent in dicta villa Sancti Florin diebus ibidem expressatis, quia ipse quod... comodum ex eis eveniret dicto domino nostro Régi, et fièrent quomodo si non fièrent, quia emolumenta rcgia essent minora^ sicuti gabelle, impositiones, subsidia, emenda et alia diversimode ^ .

La ville envoya le consul Jean Saysset à Paris pour obtenir la confirmation définitive. Le bailli Guillaume de Pertus s'eniploya grandement, et la ville lui fit cadeau à ce sujet de 5o florins d'or dont Jean Saysset fit l'avance et dont il ne lui fut passé reconnaissance que le 2 avril iSôg^.

Jean de Berry mettait, on le comprend, peu de bonne grâce a ratifier un bienfait de son ennemi. Enfin il se décida à l'approuver -\

1 Arch, mun. de St-FIour, chap. IV, art. 11, n» 2. Orig. sur parch. Sceaux arrache^.

2 Àrch. de St-Flour, chap. 11, art. 2, ii" 28.

3 Voir le n* suivant.

Autres docaments sur les foires de la Saiat-Blaise (3 février) et de

la Saint-Laurent (i*"^ août) créées par Thomas

de la Marche à Saint -Flour.

I** « Item una letra donada per Mossenhor Thomas de la Marcha coma luoctenent de Rey, de sera verda sailada et an las de seda, sus las feyras de Saînt-Laurens et de Sainl-Blazer, autrcghadas per iuy coma luoctenent de Rey ^ ».

II* « Item, la exequtoria de la gracia autreghada per Moss. de Berry coma luoctenent del Rey nostre sen. sur lo fayt de las feyras de Saint-Laurens et de Saint-Blazer^ ».

Saint-Flour avait, indépendamment de son marché du samedi qui est primitif, deux foires en i36o : i** celle dite de Saint-Flour du 2 juin, dite aussi foire de mai parce que les foires duraient trois jours et que celle-ci commençait le 3 1 mai ; 2° la foire du g novembre. Thomas de la Marche y ajouta, nous venons de le voir, celles de : 3<* Saint-Biaise et 4** Saint-Laurent. Une ordonnance du 3o mars 1479 (^- ^^0 transféra la foire de Saint-Biaise au premier jeudi de carême, dite foire des pois, et institua : 5° la foire des Rameaux, la veille du dimanche des Rameaux 3. L'ordonnance de 1779 en ajouta cinq autres : 6*^ celle de Saint-Bl^^ise qui fut rétablie (3 février), et celles : 7*» du 28 avril, 8° du 14 juillet. 9° du 16 septembre, 10*^ du 18 décembre-^. Notre siècle en a ajouté au moins une. La moitié de ces foires ne sont plus que de gros marchés.

I Arch. cotnm, de St-Flour, chap. XIII, n* i. Cahier papier recouvert de parchemin. Vieil invent. dressé entre iSgg et 1401. 11 s*agit évidemment des deux foires visées dans la pièce précédente, Thomas de la Marche noyant jamais accordé que deux foires.

2 Ibid., p. 98.

3 Arch, de St-Flour, chap. VI, art, 11, n* 3.

4 Ibid,

Fin janvier i36i

Fouage alloué à Thomas de la Marche par les nobles de Hante- Auvergne et par les habitants d'Anrillac, à la condition d'évacuer le pays.

« Composition avec Monseigneur Thomas de la Marche, chevalier, seigneur de Nonette, lieutenant de Monseigneur de Berr}% premier duc d'Auvergne, entre les nobles du pays et habitants d'Orilhac, par laquelle il et ses gens d'armes qui, de par mon dit seigneur le Duc, avoient demouré sur le pays, [le] vuideraient moyennant que chacun feu payerait m f. distribuables en la manière déclarée es lettres de ladite composition. Mil III LX ^ ».

La guerre de Thomas de la Marche contre le Dauphin et contre les

Etats de la province.

i© — Printemps de i36i

Commencement de la guerre. Mention de la prise de dix-sept

châteaux par Thomas.

L'an mil CCCLX^, messire Thomas de la Marche vint à Nonette, et pour le débat du comte Daughin ; et de là ou autrement ledit messire Thomas, à grant quantité de gens d'armes bretons et autres, prindrent ou dit pays xvn forteresses ou environ et firent touz faiz d'ennemi 3.

I Arch. mun. {tAuriUac. Inventaire de iSiy sous le titre de Trésor du Consulat, fol. 22. Le titre original est absent des archives de la ville.

quadragés comput).

3 Arch. mun. de Riom, CC, 3. Liasse.

Les habitants du pays se réfugient en masse dans les villes et les

châteaux forts ^ .

« Pierre Desturpiat, dit Boleinghon le cellier, habitant d'Alzon^, de lage de lvi ans et de li ans de mémoire... Item, dit plus li qui parle, quil vit que ledit Monsieur Pons Matha fut, demeura prieur pendant longtemps et pendant de x ou xi ans... lequel mourut lan que Ion disoit MCCCLX ou LXI, si comme luy semble quand Mons. Thomas de la Marche fit guerroyes ou pays d'Auvergne ; par laquelle guerre, il qui parle et les outres habitans d'Azerat désemparèrent ledit lieu et s*en allèrent demeurer les uns à Alzon, les outres à la Mote, à Brioude et autres parties... li qui parle et les outres habitants dudit lieu d'Azerat, pour dobtes et occasion des guerres, relinquèrent ledit lieu d'Azerat et s'en allèrent en divers outres lieux comme à Alzon, à Brioude, à la Motte de Monteil ».

« Pierre Saltiat, né de la ville d'Azerat et à présent habitant de la ville d' Alzon, de lage de lxxx et de lxv ans de mémoire... Il sçait, pour ce que, pendant son dit temps dont il a mémoire jusques ou temps que les habitants du dit Azerat relinquîrent ledit lieu et sen allèrent demeurer en outre partie pour cause des guerres qui commencèrent à régner ou pays pendant l'espace de xx ans anciennement passés ou entour, il qui parle a vu et ouy, etc.. ^

« Mons. Jean Bechon, prestre, curé de l'église d'Azerat, de l'âge de LX ans, de l ans de bonne mémoire... Luy qui parle vit faire tout et uzer avec Mons*" le prieur et habitants, comme ly dit, [tant] que Mons. Pons Matha vécut, lequel mourut lan que Ion disoit MCCCLXI, quand M*^ Thomas de la Marche faisoit la guerre ou pays d'Auvergne, que les habitants désemparèrent ledit lieu ».

« Pierre Saubra, du molin de Coty, de la paroisse d'Azerat, de lage de lxx ans et de lv de mémoire... Il qui parle a ouï et vu user et tenir entre lesdits prieur et habitants d'Azerat, jusques en lan MCCCLXI que Mons. Thomas de la Marche vint en ce pays et si

1 Extraits du procès-verbal d'une enc|uête faite en iSgo à Azerat, commune du canton d'Auzon, arrondissement de Brioude, à l'occasion de Tusage contesté de certains droits.

2 Auzon, ch.-l. de cant., arr. de Brioude, terre de Thomas de la Marche.

li que M. Matha sen fut demeurer à Brioude et illec il mourut ; et les outres habitants d'Azerat sen allèrent demeurer en diverses outres parties pour cause de la guerre ».

(c Benoît Coutillon, le fessier, né d*Azerat, à présent habîtaîu d'Alzon, âgé de lx ans et de lv de mémoire... Pendant le temps quil a demeuré à Azerat incipiens à lannée que len disoit MCCCLX ou entour que Monsieur Thomas de la Marche commença faire guerre ou pays d'Auvergne que convint, li qui parle et les autres habitants d'Azerat désemparassent ledit lieu et allassent demeurer à Brioude ou à AIzon et outres parties... Les choses dessus dites il â vu et oui faire et ce donner, tenir et user entre le prieur et habitants d'Azerat pendant son dit temps jusques ou dit an MCCCLX ou MCCCLXI que Mons. Thomas de la Marchent guerre ou pays d'Auvergne ei que ledit M. Pons de Matha, lors prieur d'Azerat, sen alla demeurer à Brioude, et illec mourut ; et les outres habitants sen allèrent demeurer en outres diverses parties pour raison de la guerre ».

« Lucie Chadrioge, née de la ville d'Azerat, habitante d*AIzon '... âgée de lv ans ou autour et de xxx de mémoire... dit, elle qui parle, que, pendant sou temps, elle a vu et oui les choses dessus dites entre le prieur et les habitants d'Azerat; par la manière dessus dite, jusques ou temps que Mons. Thomas de la Marche commença la guerre ou pays d'Auvergtte qui étoit lan que Ion disoit MCCCLXI que convint que M. Pons xMacha et le curé et les outres habitants d'Azerat délaissassent ledit lieu d'Azerat et allèrent en dautres parties demeurer pour cause de ladite guerre, lesquelles guerres y ont, depuis ença, duré pendant l'espace de xxv ans dernièrement passés ».

« Florence Malpeire, née d'Azerat, à présent habitante de la ville de Brioude, âgé de lx ans et de xl de mémoire... sçait que pour paravant la grande mortalité que Ion disoit lan 1348, elle vit le prieur d'Azerat, Mons. Guillaume Chapuzat; et y resta longtemps, et après luy y eut Mons. Pons Matha qui demeura jusques ou temps que Mons. Thomas de la Marche Jit guerre ou pays d'Auvergne que fut lan MCCCLX, que convient que ledit M. Pons Matha, elle qui pnrlc et son mary et tous les outres habitants d'Azerat désem-

1 Aui^on, ch.-l. de cant., arr. de Brioude.

parassent ledit lieu et sen allarent demeurer les uns à Brioude, les autres à la Motte S et les autres à AIzon et autres forts... et elle vit tenir et user avec ledit prieur d'Azerat et lesdits habitants, pendant sondit temps et jusques ou temps que M. Thomas de la Marchent guerre ou pays d'Auvergne, ouquel temps elle et feut Robert le Fauredolent, son mari, qui lors vivoit, sen allèrent demeurer à Brioude qui fut, si comme ly semble, lan que Ion disoit MCCCLXI ».

<c Andrienne Malapeire, femme de Pierre de Mandelles, d'Azerat, de lage de lx ans et née d'Azerat... Elle vit prieur d'Azerat, Mons. Pons. Matha, lequel y demoura et vécut x ou xn ans, ains que mourut ou temps que M. Thomas de la Marche fit guerre ou pays d'Auvergne^ ».

Prise de la Voûte.

Michael Fontanerii, loci de Volta3, dixit per suum juramentum quod ipse vidit Matheum Mercatoris qui morabatur, tempore guerre de Marchia^ in loco de Yolta, cum liberabus suis... et fuit presens dum Anglici erant in loco de Volta ; eumdem Matheum occiderunt cum una securim"*.

Détails sur la guerre du vicomte de Polignac et de Thomas de la

Marche contre Robert Dauphin^ seigneur de Saint-Ilpi\e.

— Le château de Saint-Ilpi^e dépôt de butin du

Dauphin Robert. Il prélève le tiers du

butin en nature et force ses

officiers à le lui

acheter.

Johannes Del gratia françorum Rex, notum facimus universis

1 La Mothe, château et chef-lieu de vicomte, comm. de La Mothe, cant. de Brioude.

2 Àrch. dév. de la Haute-Loire. N» 25 du Registre du Prieuré d^ Avérât, fol. 25-32. Comm. par M. Lachenal. Publié au Spicil. Brivat. par M. Chassaing.

3 Lavoûte-Chilhac, ch.-l. de cant. de l'arr. de Brioude, confinant au canton nord de Saint-Flour.

4 Spicil. Brivat., d'après Arch. nat., Z3 4148. Enquête foite le 10 janvier 14x0.

tam presentibus quam futuris nobis ex parte Pétri Bertîni fuisse expositum quod, ciim tempore quo Robertus Dalphini miles, dominus castri et ville de Sancto Ulpisio, habebat guerram apertam contra vicecomitem Podomniaci, ipse Petrus esset bajulus ville et castri predictorum et habebat custodiam clavium portarum ipsorum nominc Roberti predicti. Finaliter accidit quod et in adventu Robini Canole et Wuali de Beuf^ qui, cum magna societate gencium armorum venerunt ad patriam Arvernie et ibidem multa mala fecerunt, prenominatus Robertus Dalphini a quo ipse Petrus tenebat ofïîcium supradictum cum suis gentibus armorum retraxit se in villa et Castro predictis una cum multis animalibus et bonis aliis per modum pillerie depredatis ; et accessit ad domum Pétri predicti quam habebat in loco predicto, dicens eidem quod oportebat necessario quod ipse emeret bona predicta, in quibus idem Robertus, dominus suus tertiam partem se habere dicebat ; et licet ipse Petrus hoc facere penitus denegaret, impotenciam allegans et proponens, verum tamen ipse timens austeritatem et maliciam dicti Roberti cujus erat immédiate subjectus et justiciabilis et illorum qui secum erant qui multa verba aspera dicebant eidem, nisi hoc faceret, invitus compulsus émit bona et pillerias antedictas. Et quandoque, de precepto dicti domini sui, armavit se cum eo et suis gentibus pro castri et ville custodia predictorum, absque hoc quod de dicta villa exivierit, aut quod fecerit aliquid pillagiis [corr, aliqua pillagia] sive roberiam cum eisdem.

Et ultra hoc, accidit quod, adhuc durante guerra predicta inter eumdem Robertum et vicecomitem supradictum, senescallus Beilicadri, una cum predicto vicecomite venit ad illam et castrum predictos, et, eodem Roberto absente, fecit plurima precepta ex parte nostra, quibus ipse Petrus, quantum in eo extitit, obedîvit, et similiteropportuit quod ipse, qui in villa et Castro predictis continue morabatur de mandato dicti domini sui, omnia pillagia que per Ipsum dominum suum et gentes suas [erant facta], et nomina prisoniarium qui adducebantur ibidem poneret in scriptis.

r Robert Dauphin continua la guerre contre le vicomte, après que Robert Knolles eut i]inité l'AiivcT/»ne et jusqu'aux défaites réitérées que lui inHigereni Thomas de la M'1'tlic et Aminnil .'o Poli^nac. Ce fut Thomas qui lui enleva ses principales places, pct.ialcincnt Saiiil-llpi/c, trcs fort chùtcau de l'ancien diocèse de Saint-Flour, cheflieu de sa terre et sa résidence principale.

Et cum unus homo vocatus Johannes LastiCy qui erat justîciabilis et subjectus vicecomitis antedicti, venisset ad villam et castrum predictos, ad petendum quedam sua animalia que sibi depredata fuerant, ut dicebat et, idem Petrus ea sibi fecisset restitui, quia per illos qui custodiebant portas ville et castri predicti fuit avisatus et cognitus, et sibi impositum quod erat explorator ^ vicecomitis antedicti, propter murmuracionem et tumultum gencium dicti loci, opportuit quod ipse faceret eum duci tanquam prisonarium in Castro predicto ; quod nisi fecisset, ipse reputatus fuisseï tanquam proditor sui domini prelibati. Qui quidem dominus suus postea ipsum ad redemptionem posuit, de qua idem Petrus nichil habuit, sicut dixit.

Cum autem omnia predicta asserat se fecisse propter timorem et periculum evitandum, et ne dictus ejus dominus esset contra eum aliqualiter indignatus, supplicavit sibi per nos provideri super hoc de remedio gracioso.

Quo circa nos, respectu habito ad premissa omnia et singula facta predicta, et omnem penam criminalem et civilem, si quam idem Petrus propter hoc incurrit sive demeruit, eidem in casu predicto, auctoritate nostra regia ac de plenitudine nostra régie potestatis et de speciali gratia remittimus et quiitamus, et ipsum ad bonam famam et ad bona sua, et, si necesse fuerit ad patriam restituimus per présentes, etc.. (Formules). — Datum Parisius anno Domini millesimo trecentesimo sexagesimo secundo mense maii.

Per consilium existens Parisius : Berengarius^.

5** — Juin i36i Même guerre. — Expédition des troupes royales sur Saint-Ilpi^e,

Charles, etc.. Savoir faisons à tous présens et à venir, de la partie de Bertran Amoroux de la Voulte, nous avoir esté exposé que dès lan mil CCCLX ou environ, ouquel temps il avait ou chastel de Saint- Ylipide en Auvergne, près de la ville de Blassiac3, où ledit

I Batteur d'estrade, espion du vicomte de Polignac.

1 Arch, nat.f JJ, 92, n* l^oy. — Hist. du Lang. Edit. Privât. X, col, 1292-93.

3 Blassac, conim. du cant. de Lavoùte-Chilhac, arr. de Brioude.

33o THOMAS DE LA MARCHE

exposant estoit venuz pour aidier à ses amis à garder leurs biens, plusieurs gens d'armes et pillars qui faisaient la guerre pour Robert Dalphin, seigneur d'icellui lieu de Saint- Ylipidc, au vicomte de Polignac et à son père ; lesquels gens d'armes et pillars couroient, pilloient et gastoient tout le pais, en tant que notre séneschal de Beaucaire, par mandement de nous, si comme len disoit, ou autrement pour bien de justice, se transporta au lieu de Saint-Ylipidc, accompagné de grand nombre de gens darmez pour fère cesser ladicte guerre, prendre et punir lesdiz malfaiteurs, gens darmes et pillars.

Estant audict lieu de Saint-Ylipide, il avint un jour de dymenche que un varlet, dont ledit exposant ne scet le nom, pîllart ou serviteur dun des gens d'armes dudit chastel faisans ladicte guerre, nommé Johannot le Gascon, se partit dudit chastel de Saint-Ylipide, monté sur un cheval, et s'adreça droit à ladicte ville de Blassiac pour entrer en icelle, et le rencontrèrent d'aventure ledict exposant, feu Bertran et Hugue Vigoreux et Jean Days ; lequel Bertran Vigoreux dist audit varlet que il n'entreroit pas en ladicte ville et que il estoit des pillars et malfaiteurs dudit lieu de Saint-Ylipidc qui estoient par nos gens poursuiz pour estre prinz et puniz. Et néanmoins ledit varlet, duquel son maistre fu depuis exécuté pour ses démérites par le bailli des Montaignes d'Auvergne, s'efforça de passer oultre et entrer en ladicte ville contre leur volenté ; et adonc les diz Bertran Vigoreux et Jean Days accoururent contre lui et il sacha son coustel ou autre glaive contre eulx, lequel ils lui estèrent et finablement le navrèrent de plusieurs plaies dont il mourut tantost ; et ce quil avoit laissèrent, ne ledit exposant n'en prist ne eust rien à son prouffit. Et aussi son cheval fu, après ce, tué par un appelle Pierre Raynal de ladite ville ; auxquelles choses estoit ledict exposant, lequel se doubte que, pour occasion de ce, il peust ou temps à venir, par le pourchaz de ses malveillans, estre poursuiz ou molestez, combien que l'en n'en face contre lui de présent aucune poursuite, si comme il dit ; suppliant que, ces choses considérées et que, il a vint ans on environ que ledit fait avint ^ dont oncques puis ne fu faite poursuite ; et si estoit ledit varlet à la société desdictes gens d'armes et pillars ; desquels furent plusieurs penduz et mis a leur dernier torment, espccialement entre les austres le maistre dudit mort comme dit est, et ledit chevalier > seigneur dudit

chastel, fiit mort prisonnier en noz prisons de Sommière pour ledit cas ^

Nous, adecertés, attendu et considéré ce que dit est..., lui avons de grâce espécial et de notre autorité royal quictié, pardonné et remis, etc. Si donnons en mandement aux baillis de Velay et des Montaignes d'Auvergne... que ledit suppliant facent, sueffrent et laissent joir et user paisiblement de votre présente grâce... Donné à Paris, ou moys de juing Tan de grâce mil CGC IIII" et le xvii* de nostre règne.

Par le Conseil : S. de Caritate. P. de Metio.

Alia similis forme pro Hugone Vigoreux, filio defuncti Bernardi Vigoreux quondam, de Blassiaco, de eadem data et sic signata ^.

Prise du château de Saint-Ilpi^e sur Robert Dauphin, par Thomas

de la Marche.

« Lettres de Charles V sur les ravages faits en Auvergne par Thomas de la Marche, qui avait assiégé et pillé le château de Saînt- Ilpize »3. — Lettres de Robert Dauphin, seigneur de Saint-Ilpize "*. — Le roi Jean, en considération des services du Dauphin d'Auvergne, otage en Angleterre, rend à la veuve de Robert [Dauphin, seigneur] de Saînt-Ilpize, « les biens autrefois confisqués sur son mari à cause de sa trahison 5 ».

Prise du château de Saint-Romain (même guerre). — Lettres de

rémission du roi Jean pour Huguenot de Clavier es,

chevalier, soudoyer de Robert Dauphin,

seigneur de Saint - lipide ^

Jehan, etc.. Savoir faisons, etc., que si, comme nous avons

1 Robert Dauphin mourut en i362 dans la prison de Sommières (Gard], ville du roi.

2 Arch. nat,, JJ, 117, n* 117. Communiqué par M. Lachenal.

3 N* 2675 du Catalogue de la collection des manuscrits, chartes et diplômes de Paul Lacroix (Dibltophile Jacob)^ achetée en 1840 par M. Alphonse Polin, libraire à Liège. {Tabl. hist. de V Auvergne, 1840, t. I, p. 35 1).

4 Ibid.f n* 2674.

3 Ibid., n- 2675.

entendu par humble supplication de Huguenot de Clavière, fils de Bertran de Clavière, chevalier ', que comme le sire de la Roe* et le vicomte de Polignac eussent guerre ouverte et particulière entre eulx, et ledit Huguenot fust venus au mendement dudit seigneur, et en la terre dudit vicomte et de ses aidans, eust été robe, pillié, tué hommes, déflouré femmes et fait moult de maulx, et par espécial en plusieurs lieux bouté feux et mis contre les ordonnances royaulx et mandemens, inhibitions et deffenscs, et pour grever ledit vicomte et sa tetre et ses aidans, prist ledit Robert le chastcl de Saint-Romans 3, ouquel garnison de gens d'armes, et lessa ledit Huguenot, capitaine dudit lieu ; et duquel lieu il fist guerre audit vicomte et à sa terre et à ses aidans, comme soudoiers, comme dit est, sans ce touteffoys que de sa main il occisît hommes, ne pilla, ne roba, ne déflourast femme, ne ne boutast feu ; lesquelles chose> furent faictes par le temps des guerres.

Et pour ce, nous a humblement supplié que, comme nostre très chier filz le duc de Normcndie, pour le tems qu'il estoit régent nostre royaume en nostre absence, ait fait général abolicion des pillcries, roberies, larssins et autres maléfices faiz par le temps des guerres, réserve le droit de partie à poursuivre civilement. — Nous, considérées les choses dessus susdites, etc.. [Formule de rémission^ . Si donnons en mandement par ces présentes aux séneschaux de Thoulouse, Carcassonne et Bcaucaire, etc. — Ce fu fait à Villeneuve prez d'Avignon, Tan de grâce mil CGC LX H, ou mois de janvier. Par le Roy à la relation du Conseil : Ferrieux'^.

1 Clavières, ch.-l. de comm. du canton de Ruines, arr. de Saint- Flour, contiguâ au canton de Pinois, arr. de Brioude.

2 La Roue, arr. d'Ambert.

3 Saint-Romain-la-Siaugues, auj. Siaugues-Saînt Romain, cant. de Langeac, arr. de Brioude. coniif^uO aux cantons de Saint-Flour Nord, de Ruines (Cantal), et de Pînoh (Htc Loire).

4 Arch. nat., JJ, vol. g?, n" 142. — Hist. du Lang,, X, col. i3o<>-i3oi.

8** — Mars-Septembre i36i

Guerre de Thomas contre les Etais d'Auvergne, — Thomas de

la Marche ne peut être délogé de Nonette. — Le fils

de Bertrand de la Roche, seigneur du

Broc, tué pendant la guerre de

Thomas de la Marche.

Karolus Dei gratia Francorum rex, etc.. Bcrtrandus de Ruppe, dominus de Broquo, miles', nobis significare curavit quod, cum ipse a quadam sententia... seu condempnacione ducentorum denariorum auri regalium... contra ipsum, per baillivum nostrum Arvernie aut ejus locumtenenie pro tune, et pro procuratore nostro, pridem lato, appellaverit... verumlicet processus in ipsa causa factus, ad judicandum receptus, fuerit non judicatus ; actamen idem miles, cujus secundus filius, occasione guerre quam Thomas de Marchiay quondam miles, tempore quo occupabat castrum de Nonneta et guerram faciebat contra patriam Arvernie, interfectus fuisse dicitur; propter capcionem et occupacionem ville de Brivada^ et subsequenter castri de Varenis3 per inimicos nostros, prope quos castrum suum de Broquo situatur"*-, terram cujus Bertrandi et alias circonvicinas pillardi et predones qui, per congregaciones dampnatas, in illa patria fuerunt et adhuc sunt discurrerunt et cotidie discurrunt 3... dictam causam libcnter desereret, si nostre placuerit voluntati... Nos vero attentis gratuitis et laudabilibus serviciis nobis et prcdecessoribus nostris fideliter hactenus impensis.

1 Bertrand de la Roche ou de la Rochebriant, du nom du château de la Roche (entre Saint-Jacques-d'Âmbur et Miremont, cant. de Pontaumur, arr. de Riom), fils de Briant de la Roche. Marié en ï3o4 à Dauphine du Broc, dame du Broc et de Ber-

tonne près Issoirc, veuve de Louis de Bcaujeu, sei^^neur de Montferrand. Il fut éputé aux Etats généraux de i333. {Nobil. d^Auv.y V, 3d6-3571. Bertrand était aussi seigneur de Plauzat, place occupée par les bretons de Thomas cie la Marche.

2 Brioude, pris le i3 septembre i363 par Seguin de Badefol, Tun des principaux chefs de la Grande Compagnie.

3 VarenneSi comm. de Monlet, cant. d'Allègre, arr. du Puy, ou Varennes, cant. de Sauxillanses, arr. d*Issoire. Evacué en môme temps que Brioude au mois de juin i364, en vertu Ju traité de Clermont conclu les 4-3o avril précédents entre les gouverneurs de la province d'une part, Seguin de Badetol, Bertucat d'Âlbret et autres « capitaines de Brioude et de Varennes o d'autre part. {^Arch. mun. de Clermont^ divis. A, ctiap. I). Aug. Chassaing a publié pour la seconde fois ce traité (Spicil. Brivat., 36 1 et suiv.).

4 Le Broc, ch.-I. de comm., cant. d'Issoire, n'est pas près de Brioude comme on Pa dit. La commune du Broc sur l'Allier est contiguë à celle de Nonette.

5 11 s'agit de la très notable portion de la Grande Compagnie entrée en Auvergne après sa victoire de Brignais. (^Les Tard- Venus, Guigues}.

contemplacioneque carissimî et fidelis nostri comitis Bolonie^.. eidem Bertrando concedimus ut a curia nostra... impune recédât... ipsutn a premîssis quittum, et dictum processum nullum... esse volumus... — Datum Silvanectis^ die xviii mensis julîî, anno Domini M^ trecentesîmo sexagesimo quinto, regni nostri secundo 3...

7 Juillet i36i

Thomas de la Marche soumet au tribut la ville de Riom défendue

par Jacques de Bourbon, comte de la Marche,

lieutenant royal en Basse-Àuvergne.

« Jacques de Bourbon conte de la Marche, lieutenant en cette partie de Monsieur le Roy, à Bonnet Ghamboat et au premier autre sergent de Monsieur le duc d* Auvergne qui, sur ce, sera requis. Salut. — Les consouls de la ville de Riom nous ont fait exposer que comme, pour cause du paty, traitié, accort fait avec Messire Thomas de la Marche, ses alliez et autres estanz ou dit pais d'Auvergne, et pour paier icelly paty 4, les diz consols aient imposé certains prest en la dite ville sur les habitans et singulières personnes d'icelle. Et, pour ce que icelly prest ne pourroit suffire à paier icelly paty, aient volenté de imposer certaine taille sur les diz habitans et singulières personnes. Pous lesquelx prest et taille il est nécescité de lever yceuls prestement et icely paier pouf convertir ou paiement dicelly paty, afin que plus grant domaige ne sen puist ensuir. Pour ce est-il que nous vous mandons et commettons et à chascun de vous que toutes les personnes de la dicte ville qui, par les diz consouls vous seront baillées par escript vous exéqutez et ycelles

1 Jmo l*' le Grand, comte d'Auvergne et de Boulogne, mari d'une princesse du sang, Jeanne de Clermont, et oncle de la reine Jeanne de Boulogne, comtesse d'Auvergne et de Boulogne, seconde femme du roi Jean.

2 Senlis.

3 Àrch. nat., X«' 20, fol. 47. Spicil. Brivat., 383-3ii4.

4 Le A juillet précédent, il avait autorisé les consuls de Riom à contraindre h un prêt d'office les habitants les plus riches de la ville qu'Us désigneraient {Arch. de Riom),

contraignez vigueurement à paier, pour chascnn ce qui par les diz consouls leur est et sera imposé, tant pour cause du dit prest comme de la dite taille, par la forme et manière qui est accousthumé à faire pour les propres debtes de Monseur le Roy. Et ce faites et tele manière que par vous n'y ait deftaut. De ce faire nous donnons povoir et auctorité. — Donné à Riom soubz nostre scel le vu* jour de juillet lan mil CGC soixante et un. » Pour Monsieur le lieutenant à la relation de son Conseil :

» Partenay^ ».

Dernière campagne et mort de Thomas de la Marche.

{Lettres de rémission pour Jean de Quincampoix. Nov. i362).

Johannes, Dei gratia Francorum rex, notum facimus unîversis tam presentibus quam futuris nos humilem supplicationem Johannis de Quinquempoix récépissé, continentem quod, cum in anno sexagesimOy circa quadragesimum, ipse fuisset in comitiva defuncti Thème de Marchia, militis, cum pluribus aliis hominibus pro debellando dalphinum Alvernie'^^ et ibi stetit per sex menses durante quo tempore dictus supplicans, cum aliis hominibus armorum, ceperunt unam domum gallice nuncupatum CuJer(corr. Cunies?)3 et unum castrum nuncupatum Les Gresses^ et cum hoc plures prisonarii fuerunt captï, victualia quam plurima patrie vero ad redemptionem posita. Quibus sic peractis, dictus supplicans de comitiva dicti defuncti recessit, et ipse cum aliis pluribus hominibus armorum iverunt ad quamdam villam nuncupatam Roissillon^^ et

1 ÀrclL de la ville de Riom, CC, 7. Liasse. Orig. scellé d'un firagxnent en are rouge du sceau de Jacques de Bourbon.

2 Comp. lettres de rémission de Bertrand de la Roche qut« le 18 juillet i365, dit Thomas mort, en parlant de sa guerre.

3 Cunes, anciennement Cugnes, comm. d? Blassac, cant. de Lavoûte-Chilhac, arr. de Brioude, ou Cuzes.

4 Grèzes, cant. de Saugues (Hte-Loire).

5 Roussillon (Gironde), comm. de Libourne.

ibi tam Gallici quam Anglici debellaverunt regem Arragonum pro rege Majoricaram, et ab hinc recessit dictus supplicans, qui, et plures alii, fuerunt ad capiendum unam villam vocatam Espoillon^ de qua ipse et plures alii Gallici recesserunt et venerunt ad quamdam turrim, que vocatur « La Masse^ » et eam fortem fecerunt. Dictus que supplicans videns quod in predictis maie egerit, volens ad viam veritatis reverti tanquam penitencia ductus, reversus est tanquam bonus gallicus ad partem nostram ; quo reverso, fuit cum pluribus consiliariis nostris nobis et ipsis serviendo in pluribus negotiis nos et regnum nostrum tangentibus, videlicet cum dilecto et fideli nostro marescallo d'Audenham^ cum quo fuit in villa Podiensi3 et ei tanquam bonus gallicus servivit per spacium quatuor mensium vel circa et fuit cum ipsis ad obsedendum castrum de Salgue^ \ postea venit ad baillivum Matisconensem et ibi invenit dilectum et jfidelem nostrum comitem de Tancarvilla et constabularium Francie et venit cum ipsis usque ad villam gallice nuncupatum Le Bourt de Dieu^ et ibi crcdebant debellare Le Basquin de Ponset^. Post hec vero, de precepto et licentia predictorum constabularii et comitis, venit in Normanniam cum dilecto et fideli nostro Bertrando du Claquin^^ milite, pro serviendo sibi in certis negociis nos tangentibus; unde,cum dictussupplicans ad partem nostram fuerit reversus, ut prefertur, in qua continue perseveravit, ipse vero timens ne pro predictis delictis quo commisit puniatur et justicietur, ipseque semper fuerit homo bone famé, vite laudabilis, conversacionis honeste nullo que alio crimine seu vicio accusatus, nobis fecit humiliter supplicari ut vellemus in hac parte misericorditer agere cum eodem et super predictis nostram graciam impartire. Nos igitur, habitu consideratione ad premissa, sibi pio contemplantes

1 Espalion (Aveyron) ou Espalem (Hte-Loire), cant. de Blcsle, terre du comte Dauphin.

2 La Masse (Lot), comni.des Junies. La Masse (Puy-de-Dôme), comm. d'Ambert, de préférence.

3 Le Puy (Hte-Loire).

4 Saugues, arr. du Puy.

5 Le Bourdieu (Gironde).

6 Capitaine anglo-gascon.

7 Bertrand Du Gucsclin.

affectu, eidem suppHcanti factum predictum et omnem penam crîminalem corporalem et civilem quam premissorum occasîone incurrit et potuit quomodolibet incurrisse, in casu predicto, retnittimus penitus et quittatnus... bona sua sibi restituendo, si propter hoc capti fueruni seu arrestati. Quod ut firmum et stabile permaneat in futurutn, sigillum Castelleti nostri Parisiensis in absentia magnî, presentibus litteris fecimus apponenduni nostro in aliis et alieno in omnibus jure salvo. — Datum Parisius, anno domini millesimo GCC^ sexagesimo secundo, mense novembris. Pcr consilium Parisius existens in quo erant domini archiepiscopus Senonensis, abbas de Jardo et plures alii. N. Pannverii ^

Autre document mentionnant la rébellion et la mort de Thomas de la

Marche. — Restitution par le roi Jean à Thibaut Le Maire,

son ancien homme d'armes, des biens qu'il

possédait avant la rébellion et qui

avaient été confisqués.

{Lettres de décembre i363. Hesdin).

Johannes, etc.. notum fecimus, etc.. quod jam dudum Theobaldus Maioris in comitativa defuncti Thome de Marchia quondam militis et postmodum nonuUorum emulorum nostri regni, nostrum reddidit se rebellem^ quare lèse crimen majestatis noscitur incurrisse et omnia ejus bona fisco nostro advenerunt in commissum. Nos igitur, recensentes laudabilia servicia que nobis Johannes Chauf" fecire junior^, dicti Theobaldi avunculus, in suo officio et alias diu et fideliter exhibuit, sicut et adhuc exhibet et impendit incessanter et que ipsum impensurum speramus in tuturum tanquam benemerito, pro se et suis heredibus ac successoribus, et etiam ab eo vel eis causam habituris in futurum omnes possessiones quascumque videlicet in domibus, locis, maneriis, jardinis, ortis, vineis, nemo-

1 Arch, nat., JJ, 91, fol. 264, V, n* 392.

2 Greffier du Parlement de Paris.

ribus, terris arabilibus, pratis, censibus et redditibus universis quos, quas et que dictus Theobaldus in villis de Louveciennes et de Fourqueux ac terricoriis infra confines earumdem tempore et ante cempuv rebellionis possidebat et habebat... damus et concedimus serc presentium litterarum... perpetuo possidendum pacifiée et quic:j tanquam eorum rem propriam quam obiinuissent et possedisscn: hereditarie et pacrimonialiter ad valorem seu cstimationem sex librarum Parisiensium annui et perpetui redditus ad precium amiquum vjcecomitatus Parisiensis vec assietam, etc. Non obstante quod confiscaciones regni nostri ad alios usus existant ordinate, licet de eis in presentibus specialis mentio minime habeatur, aut donis aliis per nos sibi factis, etc.. Quod, ut firmum et stabile perseveret, présentes litteras sigilli nostri jussimus appensione muniri, nostro et alieno in omnibus jure salvo. — Datum Hisdidi ^ anno Domin: millesimo trecentesimo sexagesimo tertio, mense decembris. Per regera, Mallou. Visa : Contentor^.

Septembre-Novembre i36i

Les compagnies bretonnes du bfltard de France après sa mort en

Basse-Auvergne. — Maurice de Trésiguidy, capitaine de Plauxat

et autres places d'Auvergne et ses lieutenants. — Le tribat

de 11,000 florins imposé à Clermont et à la province. —

Traité de Plauzat. — ^Les Bretons dans Clermont;

ils s'emparent de l'abbaye de Saint-Alyre. —

Capture et mise à rançon de Guillaume de

Ham, gouverneur de la ville. — Procès

au Parlement de Paris entre lui

et Trésiguidy. — Guillaume de

Ham condamné à payer 900

florins d'or de rançon

à Trésiguidy.

Johannes, etc.. universis, etc.. salutem. — Notum facîmus.quod

1 Hetdin (Pas-de-Calais), a Arch. nat,, JJ, gS, n* i55.

comparente nuper in curia nostra Mauricio de Trisiguidi^ armigero, pro parte ipsius armigcri contra Guillelmum de Hames^ militem ^, extitit propositum quod cum virtute ceriarum nostrarum litterarum ad intanciam et requestam dicti militis a nobis obtentarum, copiam quarum litterarum originalibus litieris, ut idem armiger asserebat coUationatam, ipse armiger dicte nostre curie exhibuit et tradidit formam que sequitur continentem :

Johannes, Dei gracia Francorum rex, preposîto Parisiens! et baillivo de Sancti Pétri Monasterio aut eorum loca tenentibus, saluiem. Ex gravi conqucstione dilecti et fidelis nostri Guillelmi de Ham militis, didicimus quod, cum Mauricius de Tresiguidi^ scutifer, serviens noster armorum, asserens se per nos cum nonnullis ad partes Arvernie deputatum pro expellendo et facicndo vacuari Britones et alios in fortalicio de Plo\ac'^^ cujus erat dictus Mauricius capitaneus, et in nonnullis aliis fortaliciis in patria Arvernie existentes, ad villam Claromontensem in Arvernia vcnisset, fuissetque per habitatores dicte ville et nonnuUas alias personas, nomine dicte patrie certa composicio cum ipso suo nomine et gencium armorum in dicto fortalicio de Plo^ac ad certam summam pecunie certo tempore solvendam facta ; mediante qua ipse et alie gentes armorum a dicto fortalicio et a tota patria debebant recedere ; dictus Mauricius, durante tempore quo dicta pecunia debebat exigi, recoUigi et levari pro se et aliis gentibus dicti fortalicii cujus erat, ut premittitur, capitaneus et aliarum societatum existencium in dicta patria, ipsis habitatoribus treugas seu securitatem permisit.

Nichilominus ipso Mauricio pro dicta pecunie summa recipienda, cum nonnullis aliis sociorum suorum exeunte, quam summa[m], attenta paupertate dictorum habitatorum et opposicionibus quas per dictos Britones et alias gentes armorum passi fuerunt, cum maxima difficultate haberi poterat; premissistreugisseusecuritatenon obstantibus, dicti Britones socii dicti Mauricii rotidie usque ad portas seu barrerias dicte ville veniebant ; habitatores ipsius ville et alios ad dictam villam venientes capiebant ; occidebant, predebantur et bonis

1 Trésiguidy, comm. de Pleyben, cant. et arr. de Châteaulin (Finistère).

2 Guillaume de Ham, maréchal d'Auvergne en 1 338, maréchal de l'ost de Louis de Bourbon en i36o, gouverneur de Clermont en i36i-i362.

3 Plauzat, ch.-l. de comm., cant. de Veyre-Monton, arr. de Clermont, entre cette ville et Nonette.

suis spoliabant ; unde, cum proptcr hoc in dicta villa fieret magna commocîo et murmur, dictus conquerens ad dictum Mauricium et nonnullos sociorum suorum in ipsa villa existantes accessit, dicendo quatenus, juxta promissum suum dictos socios suos cessare faceret ab insultibus et malefactis que cotidie contra premissos habitatores faciebant et eciam perpetrabant, alioquin non considèrent de salvo conductu vel alia securitate per episcopum Claromontensem, dicte ville dominum, et dictum conquerentem ejus capitaneum, vel aliocumque sibi datis, eum dicte ville habitatores sedaii facere non valeret.

Qui Mauricîus seu ejus socii super premissis nullum remediuni apponi fecerunt ; ymo de die in diem , pejus quam prius facere nittebantur, et, quanquam villam potuisset (sic) si voluisset {sic^ dicti Moricius et suis socii secum existentes exire, adhuc ibidem morabantur, et usque quoque dicti habitatores mala que contra ipsos cotidie per socios ipsius Mauricii, ut premittitur, perpetrabantur, dissimulare non volentes, valde fuerunt commoti.

Et propter eorum timorem, dictus Mauricius et ejus socii secum existentes in abbatia Sancti Illidii, juxta dictam villam Claromontensem ^ seu retraxerunt et pro expedicione eorumdem, cum hinc exire non audebant, Gauffridus de Lesignat, conestabularius sociorum dicti Mauricii, Radulphus de Me\ et Olivarius Poulardi pro ipsis et omnibus societariis quarum erant capitanei, litteras salviconductus dicto conquerenti miserunt ; sub quarum litterarum considerencia, dictus supplicans pro dicto Mauricio et aliis suis sociis liberandis ad dominum de Monte acuto, tune in illis partibus locumtenente^ carissimi filii nostri ducis Bituricensis et Arvernie, iter suum arripuit. Cui dicti Britones insidiati fuerunt et ipsuni conquerentem, durante dicto salvo conductu, ceperunt et imprisionarunt nec voluerunt eumdem dimittere, quousque dictus iMauricius et sui predicti socii fuerunt liberati ; compelleruntque, antequam vellent, ad faciendam obligacionem sub sigillo suo dicto Mauricio ut premittitur liberato, de summa novem centum florenorum auri reddendo Parisius certa die, et in casu in quo ad dictam

1 Abbaye de Saint-Alyre, faubourg de Clermont.

2 M** locumtenentibus.

diem non redderet, quod pro tenendo prisionem ad villam Nantarum in Brîtannia ' accederet. Quibus non contenti terram ipsius conquercntis combuxerunt* et, ultra quam[cum] vellent ipsum expedire, oportuit quod solveret sexaginta mutones auri et sex regales eu idam sociorum dicti Mauricii qui eosdem dicebat in dicta villa amisisse et cuidam alio quinquaginta florenos pro quodam equo quem dicebat occisum fuisse coram quodam Castro dicti episcopi ; et ulterius retînuerunt de bonis predîcti conquerentis et sue familie usque ad valorem sexviginti florenos vel circiter.

Quinymo petiit dictus Mauricius ab ipso undecîm mille florenorum in quibus dicebat comitem de Marchia et prefatum episcopum Tore eisdem obligatos ; necnon plura alia dampna dictus Mauricius ac suis socii seu complices ipsi conquerenti necnon et dictis ville et patrie quarum est dictus conquerens ut premittiturcapitaneus de die in diem intulerunt ac inferre minantur, quod cedit in dicti conquerentis magnum prejudicium, et gravamen,totiusque patrie scandalum et desolacionem,

Quare nobis supplicavitquatenus, attentis gratuitis serviciis^nobis quamplurimis impensis et dampnis que propter guerras nostras passus fuit, vellemus sibi de remedio providere. Hinc est quod ad ipsius conquerentis supplicationem vobis et vestrum cuilibet commitimus et mandamus quatenus dictum Mauricium ac suos socios nominatos et alios de quibus per ipsum militem fueritis requisiti, adjornetis seu adjornari faciatis ad diem crastinum festi Purîfîcacîonis Béate Marie Virginis coram dilectis et fidelibus gentîbus nostris nostrum presens Parisius parlamentum tenentibus, non obstante quod sedeat ipsi conquerenti super premissis et aliis que contra ipsos proponere voluerit responsuros, et ulterius processuros

1 Nantes.

2 Guillauine de Ham possédait des biens en Basse-Auvergne par mariage, acquisitions ou libéralités des maîtres du pays. Cela n'a rien de bien étonnant, les comtes de Boulogne-sur Mer étant en môme temps comtes d'Auvergne. Boulogne et Ham sont dans le Pas-de-Calais. Il en avait aussi dans le Bourbonnais sur les confins de l'Auvergne et il était en i36o maréchil du Bourbonnais pour le duc Louis II. H ht construire à SCS frais une chapelle dédiée à la vierge Marie au pied même du pont de Vichy, et, dans une bulle d'mdulgences accordée par le pape Grégoire XI en faveur de cet oratoire en 1370- 1378, il est quiilifié « chevalier de Clermont », preuve qu'il y eut son principal établissement au moins pendant un certain temps : Indulgentia pro capella Béate Marie quam Guillelumus de Hames, miles Claramontensis edificari fecit in pede pontis supra npari.im deAli;;eria supra V'iceium dictae diœcesis, (Arch. vatic. Reg. Gregorii XI. Ind. Jl, p. 26. Schcaœ dioc. Clarom. Les éveques de Ùlermont, etc.. Abbé de Surrel de Saini'Julien. BjH. de l'Acad. de Clermont 1899, p. i32).

ut fuerit racionis vobis precipiendo, Mandamus ne dictum conquerentcm virtute dictarum litterarum sub sigillo suo, ut prcmîttitur, confectarum vel aliis quibuscumque predictos Mauricium et eju-. complices permittatis quomodo libet molestari, nichilominus eciam ex parte nostra eisdem inhibentcs sub omni pena quam erga no^ possent incurrere, nec, dicto tempore durante, aliquam molestiam ipsi conquerenti inférant in corpore sive bonis. Quinymo si aliqu^ pro predictis causis vel aliqua earumdem de ipsis caperini, eidcni restitui faciatis indilate, certificetisque dictas gcntes nostras ad dictam diem de hiis que fcceritis in prcmissis. Quibus quidam gen\ibus nostris tenorc prescncium mandamus quatcnus super premissis et omnibus aliisque dictus conquerens contra ipsoproponere voluerit, civiliter' exhibeat bonum et brevem justicie complementum, litterisque subrepticiis in contrarium impctraiis vel impetrantibus non obstantibus quibuscumque ; quod sic tîcri volumus et dicto conquerenti concedimus de gracia speciali. —

Datum Parisius die xxvi novembris, anno Domini millésime CGC^ sexagcsimo primo.

Prenominatus miles dictum armigerum super contentis in prèscriptis litteris nostris ad certam diem in prcscnti parlamcnto elapsam eidcm militi responsurum et facturum quod foret racionis fecisset adjornari et eciam eidem armigero inhiberi ne intérim quasdam litteras obligatorias sigillo dicti militis ut idem armigerus assercbai et asserit sigillatas, inter cetera continentes quod idem miles erga eumdem armigerum ccrtis de causis in litteris obligatoriis lacius declaratis in summa nonagcntorum llorenorum auri de Florcncia erat et est efficaciter obligatus, faccrct execucioni demandari.

Qua die dicti adjornamenti seu paulo post, videlicet die martis octava die mensis fcbruarii novissime pretcriti adveniente, et prcdicto armigero ex una parte et certo dicti militis procuratore in prefata curia nostra comparentibus ; et, tam super predictis, quam super quodam defectu per dictum militem contra prefatum armigcrum in dicta nostra curia obtento, eisdem auditis, ipsa curia nostra de diciorum armigeri et procuratoris consensu adnullaverat, et ulterius ordinavcrat quod causa principalis supradicta in siaru quo tune crat usque ad crastinum diem diei dominice qua cantatum fuit in ccclesia « LtVtare Jérusalem » ultimo elapsum supcrsederei ; et cid dictam diem crastinam iidcm milites et armiger in curia nostra

sepedicta personaliter comparèrent, dictusqne miles predictum suum sigillum in litteris obligatoriis antedictis, ut predictum est apposîtum, confiterctur aut negaret, et ulterius ipsi miles et armîger unius contra alterum dicerent et proponerent quidquid dicere et proponere vellent, ac eciam alter alteri responderent et procédèrent ut foret racionis.

Adveniente autem predicta die crastina, et prefato armigero in dicta nostra curia comparentc et pluribus racionibus pro parte sua propositis in qua tum in hac causa actor erat defectum, et in qua defensor erat, congedium contra prefatum militem, dicta die crastina et prefato armigero in curia nostra sepedicta, juxta dictam ordinacionem personaliter ut tenebatur minime comparente, et ex eisdem defectu et congedio certam utilitatem per eamdem nostram curiam sibi adjudicari potente et requirentc per predicti militis procuratorem, ac per Ingeranum de Hames ejusdem militis fratrem plures raciones et excusaciones pro ac nomine ipsius militis extiterunt proposite et allegate ad finem quod defcctus seu congedium aut aliqua utilitas ex eisdem defectu et congedio prefato armigero minime concederentur seu darentur.

Quibus armigero, procuratore et fratre in hiis omnibusque circa premissa dicere et apponere voluerunt ad plénum auditis, visaque per eamdem curiam prescripta dictarum litterarum copia, necnon litteris obligatoriis originalibus ante dictis ac ordinaciones de qua superius fit mencio consideratis,... ipsa curia nostra, predictos defectus et congedium per prenominatum armigerum requisitos contra prefatum militem, non obstantibus pro parte ejus fratris, et procuratoris propositis et allegatis ex adverso, cidem armigero, per arrestum secunda die mensis aprilis novissime preteriti perlatum, concesserat ; et ulterius ordinaverat quod idem armiger utilitate quam ex hujusmodi defectu et congedio habere vellet, in scriptîs una cum predictis suis litteris obligatoriis ac copia litterarum nostrarum suprascripta et dicto arresto prefate nostre curias traderet.

Quibus omnibus per dictam curiam nostram visis et attentis circa hec attendens, ipsa curia super hoc ordinaret quod foret racionis prout premissa et plura alia dictus armiger asserebat et asserit per predictum arrestum plenius apparerent ; quare formam et lenorem dicti arresti insequendo potebat et requirebat idem

armiger talem ex predîctîs suis defectum et congedio contra militem memoratum per curiam nostram sepedictam sibi utilitatem adiudicari videlicet ex dicto defectu, quod predictum militis sigillum ir litteris obligatoriis antedictîs appositum haberetur et teneretur pr confessato et averato dicteque littere secundum earum formam tr tenorem execucioni demandarentur ; et si necesse foret prcfatLimiles per capcionem, incarceracionem et detencionem corporis su:, vendicionemque et expletacionem bonorum suorumquorumcumq j: mobilium et immobilium presencium atque futurorum ad rcddcndum et solvendum eidem armigero aut ejus certo mandate prcdictam nonagentorum florenorum auri de Florcncia boni pondcr:^ summam per arrestum ipsius curie condempnaretur, et condempnatus compelleretur ; quiquidem miles, ut in predictis litterU obligatoriis expresse cavebatur et caveatur tanquam iniîdelis miles et fide sua parjurus sive mendax teneretur reputaretus

Deinde autem ex congedio antedicto quod ipse miles ab omnî suo proposito in hac causa cecidisset et foret exclusus, nec ad... prc^cquendum contra prefatum armigerum facta que nobis idem miles exposuerat... deinceps audiretur seu admitteretur^ dictusque armiger a pcticione... ejusdem militis in predictis nostris litteris contentis et declaratis, quittus et liber remaneret ac eciam absolveretur, et una cum hoc eidem militi super hoc perpetuum silencium imponeretur ; nec non idem miles in ipsius armîgeri expensis in prosecucionc et defensione premissorum factis et faciendis condempnaretur, aut alia talis utilas eidem armigero ex predictis suis defectu et congedio adjudicaretur qualis prefati nostre curie viderctur ad dictas fines, raciones supradictas et quamplures alias allegando necnon copiam prescriptarum litterarum nostrarum litteras obligatorias, arrestum et predictam [utilitatem in scriptis redactam quibus superius fit mencio juxta arresti prcdicti tenorem, curie nostre memorate propter hoc exhibendo et tradendo.

Visîs igitur per dictam curiam nostram hujusmodi copia littc^i^ obligatoriis, arresto et utilitate hiis autem ac omnibus aliis et singulis in hac parte considerandis diligenter, consideratis et attentis per arrestum ejusdem curie nostre dictum fuit quod prenominatus armiger talem ex predictis suis defectu et congedio contra mih'tcni sepedictum utilitatem reportabit et habebit, videlicet ex dicto defectu, quod predictum dicti militis sigillum in litteris obligatoriis

antedictis, ut supra dictum est, appositum habebitur et habetur pro cognito et averato ; et idcirco, ad requestam et utilitatem ejusdem armigeri fiet execurcio in et super bonis quibuscumque militis sepedicii de predicta nonageniorum florenorum auri de Florencia bonis ponderis summa, nisi dictus miles aut aliquis alius pro eodem in contrarium se opposuerit, quo casu manu nostra usque ad predictam summam sufficienter munita, opponentes ad certam et competentem diem in nostro presenti parlamento non obstante quodsedeat, et ex causa adjornabuntur in et supra dicta opposicione et eam tangentibus responsuri et facturi prout fuerit et racionis queque virtute congedii predicti idem miles ab impetracione sua supradicti et instancia quam ex ea contra prefatum armigerum fecisse poruisset sive posset cedidit, et totaliter est exclusus ipsum militem erga eumdem armigerum in expensis occasione premissorum factis condempnando earum taxacionem penas dictam curiam nostram reservata. In cujus, etc. — Datum Parisius, in Parlamento nostro, vii« die maii M^ CCC^ LXIP ^

LU

Les Bretons de Thomas de la Marche enrôlés après sa mort

par l'Ârchiprêtre.

Nous venons de voir (pièce u) que les Bretons de Thomas de la Marche prolongèrent pendant quelque temps leur occupation de la Basse-Auvergne après la mort de leur chef pour contraindre la province à leur payer l'indemnité d'évacuation qui leur avait été promise ; que les occasions de se rengager ne leur manquèrent pas entre les mois de mars et de juillet i362, soit dans l'armée du maréchal d'Audrehem au siège de Saugucs, soit dans les troupes royales qui combattirent à Brignais avec Jacques de Bourbon ou dans celles d'Henri de Trastamare^, qui toutes étaient sous leur main.

1 Arch. nat., X2% 7, fol. 68 h 70.

2 Nous avons établi, (p. 202), que l*armcc de Trastamare comprenait des nobles d'Auvcri^iic cnt;agJs avec lui, Sennezergues, que nous y avons l'ail figurer» PAnnezor- «ucs des ddcumcnts, s'ciait fait allemand, ce qui n\i rien que de conforme à sa trahison. Nous cmycins bien qu il y a identité entre Annezorgues et Scnnezergues.

Nous avons vu aussi (pièce xlix) qu'une partie des compagnies et l'un des officiers de Thomas, Jean deQuincampoix, s'engagèrent après le siège de Saugues, avec le comte de Tancarville et le connétable de France dans le Maçonnais ; et que de là plusieurs rejoignirent du Guesclin en Normandie, Mais ce ne fut qu'un nouveau fractionnement, et il s'en faut que tous les Bretons de Thomas aient rallié leur illustre compatriote. Beaucoup restèrent dans le pays sous les ordres de Tancarville ou plutôt sous ceux d'Arnaud de Gervole, ce gentilhomme qu'on surnommait VArchtprêtre^ parce qu'il avait, sans aucun titre clérical, la jouissance des revenus de l'archiprêtré de Vélines (chef- lieu de canton de l'arrondissement de Bergerac), avant de courir les aventures'. De même en i353, Rainfroy de Durfort, autre chef de compagnies, était surnommé V Archidiacre et l'un des hommes d'armes du bâtard breton Bernard de Garlan dans la garnison d'AUeuse était appelé, en 1387-88, le Prévôt de Jassas, sans exercer plus que lui les fonctions désignées par ces titres *.

Voici comment les choses se passèrent. Aussi bien l'incident faitil comprendre, par ses incohérences, un capitaine de pillards bretons, sergent du Roi de France, chargé par le souverain de négocier entre les Etats provinciaux et ses propres compagnies l'évacuation du château de Plauzat dont il est le capitaine, et un lieutenant de province comme Thomas de la Marche, octroyant des foires aux villes d'un pays où il combat les officiers royaux étendards déployés.

L'Archiprêtre avait bien autrement dévasté la France que Thomas et il ne lui avait rendu aucun service. C'est lui qui a fait financer le pape de 40.000 livres dans Avignon ; mais c'est celui qui fut gracié, au mois de février i36i, par le roi Jean 3, puis enrôlé en son nom à la fin de la même année par son chambellan Jean II de Melun comte de Tancarville ''^ pour prendre possession armée du duché de Bourgogne advenu à la couronne à la mort de Philippe de Rouvres (21 nov. i36i). Le célèbre routier reçut une mission plus

1 Chérest. L'Archiprêtre, pp. 3-4, 1879,

2 Bibl. nat. coll. Doat, vol. 202, p. 216.

3 Chérest : L'Archiprêtre, p. gS.

4 Jbid,, p. 98.

étendue encore au printemps suivant. Tancarville venait d*être pourvu d'un immense gouvernement militaire comprenant, en outre de la Bourgogne, les comtés de Champagne et de Brie, les grands bailliages de Sens, de Mâcon^ le Nivernais, le Donziois, le Beaujolais, le Lyonnais, le Forez, les duchés de Berry et d'Auvergne; il recevait en même temps la charge de bailli de Saint-Pierre-le-Moutier à laquelle était attaché le gouvernement de tous les exempts d'Auvergne^, et à ce titre il était à la fin de [36i en relations directes avec les Bretons qui campaient en Basse-Auvergne à cause de leur différend avec Guillaume de Ham, gouverneur de Clermont(p. 209),

Pour défendre tant de pays contre les Anglais et les compagnies enivrées de leur victoire de Brignais, Tancarville s'aboucha avec diverses compagnies bretonnes et finit par confier ce soin à l'Aichiprètre jugeant qu'il s'en acquitterait bien mieux que lui. Il le chargea de « recruter, de discipliner et de commander » tous les mercenaires et spécialement tous les bretons qu'il pourrait. Cervole enrôla donc les bretons qu'il trouva en Auvergne et sur ses marches ; il fit mieux, il prêta 6.000 florins à Tancarville pour la solde des recrues^. Et ce n'est pas une des moindres bizarreries de cette société troublée de voir ce chef de bandes non seulement chargé de protéger l'Auvergne et les provinces centrales mais prêter au roi le fruit de la dépouille de ses sujets ! A partir des mois de juin et de juillet i363, il n'est question que des « Bretons de l'Archiprêtre » 3.

Plusieurs de ces compagnies bretonnes occupaient encore une partie de la Basse-Auvergne en r363. Cervole les avait placées sous le gouvernement de son chancelier Jean de Lépine, écuycr, que nous croyons être d'une famille du canton d'Ennezat, dans le Marais de Limagne. — « Jean de Lépine, dit le roi par le langage d'un arrêt du Parlement du 6 mai i368 relatant les faits de i363, était le chancelier d'Arnaud dit l'Archiprêtre et le gouverneur desdits Bretons avec lesquels il pactisait*^. Certains de ces bretons tenaient

1 Ibid.f pp. 159-160. — Arch, nat,, JJ, 93, n» 3oi.

2 Arrêt du Parlement du 6 mai i368. (Reg, du Parlement, X, i à 21, fol. 35 1. — Ledos : Revue d'Auv,, 1890, fasc. I, pp. 5i et suiv.).

3 Chères t, Loc. cit, ig-^-igS.

4 Johanncs de Spina... erat cancellarius Ârnaudi dicti Archypresbyteri et gubemator societaruin qui crant in partibus Arvemise et maxime Britonorum predictorum, cum quibus dictus Juhannes participabat, etc. (Même arrêt. — Rev. d*Auv., 1890, p. 5i : Deux documents relatifs aux compagnies en Auvergne. LedosJ.

le fort des Barres et ravageaient le pays d^Auvergne où ils causaient d'inénarrables maux, bien qu'ils fussent de notre royaume et ne se tinssent pas pour les ennemis de nous et de notre royaume * ».

Le château des Barres, où les Bretons renrôlés par l'Archiprétrc avaient établi leur quartier général et d'où ils venaient brigandcr dans ce pays d'Auvergne, d'eux si bien connu depuis qu'ils l'avaient parcouru tout entier avec Thomas de la Marche, était situé dans le canton de Montmarault (Allier), sur la route de Clermont à Saint- Pierre-le-iMoutier. Ils rançonnaient en véritables bandits les vovageurs sur cette route très fréquentée par les gens d'Auvergne, parceque Saint-Pierre était pour eux un siège d'appel et un chef-lieu administratif.

Ils enlevèrent sur cette route, un jour de l'année i363, toute une caravane de bourgeois de Clermont envoyée en mission à Saint- Pierre-le-Moutier pour les affaires des Etats de la province et revenant dans leurs foyers. Parmi eux se trouvait Raymond Coustave, capitaine de Clermont, Hugues Chauchat et Louis Gaytc, membres des deux plus anciennes et des plus grosses familles de traitants d'Auvergne, et Michel Aymé, par diminutif Aymon, traitant de moindre étoffe. La ville de Clermont cautionna son capitaine et paya sa rançon, Gayte et Chauchat ne furent pas trop embarrassés pour garantir et payer la leur. Mais le breton Yves Le Galloet, qui les avait pris tous, ne voulut les relâcher que si on lui rachetait en même temps Michel Aymon. Jean de Lépine appnt la chose dans un voyage qu'il fit à Clermont, où Guillaume de Melun, archevêque de Sens, l'envoya pour « faire lever sur l'Auvergne les G.ooo florins prêtes par l'Archiprctre au comte de Tancarville », son frère. Il détermina Le Gallocît, en l'intimidant, à lui céder Aymon pour une rançon de 218 florins qu'il promit de payer ou de lui faire payer, et l'emmena dans les prisons de Concressaut en Berry, château du duc Jean où l'Archiprêtre avait mi^ garnison et que tenait Jean de Lépine, au nom de son chef. Là, par de cruiîls traitements, il le contraignit à lui hypothéquer tous ses biens en garantie de sa rançon ; et, plus tard, arracha de lui, a

Paris, une obligation de 3.248 florins par des menaces de mort. De retour en Auvergne, il fit vendre à Tencan toutes les propriétés d'Aymon, quatre moulins situés aux Martres-sur-Morge (canton d'Ennezat) % estimés de 4 à 7.000 francs, et se les fit adjuger pour 400 francs. Arrêté lui même par les Bretons, furieux d'avoir été joués dans cette spéculation, Lépine n'eut pas meilleure fortune. Ils le revendirent à d'autres compagnies et commercèrent de la peau de leur ancien chef, comme celui-ci avait fait des bourgeois de Clermont^.

Cet incident, rapproché de ceux qui s'étaient passés deux années avant, lorsque les Bretons occupaient la Limagne et campaient sous les murs de Clermont et de Riom, explique suffisamment la terreur inspirée par les Bretons de Thomas de la Marche même, à des gens d*armes commandés par des officiers tels que Jean de Montaigu, Guillaume de Ham et Jacques de Bourbon.

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