INTRODUCTION
La fameuse loi de Louis : « Les altérations tuberculeuses se développent dans les poumons, du sommet à la base », a longtemps régi la séméiologie de la tuberculose pulmonaire.
Il y à cependant trente ans déjà que Grancner s'élevait contre ce dogme, reconnaissait l'existence des phénomèenes de base, el faisait remarquer que dans les cas doueux, ils peuvent venir en aide au diagnostic el même le fixer. « Malheureusement, dit-1l, à force. de dire que la tuberculisation commence toujours par le sommet, on est arrivé à ne chercher des symptômes que dans cette étroite région ; et quand on soupconne chez un malade un début de tuberculose, on explore soigneusement les parties supérieures de la poitrine, mais on ne va guère plus lom. Les médecins les plus soigneux, ceux qui se piquent d'examiner les malades avec toute la rigueur de la méthode classique, explorent les autres régions du poumon ; mais ils le font d’une oreille distraite, et 1ls ont d'ailleurs le parti bien arrêté, au cas où ils trouveraient quelques signes en dehors ‘du sonimet, d'y voir plutôt une raison centre le diagnostic de tuberculose. »
Depuis, la réaction a suivi la voie où GRANCHER l'engageail. Dans sa thèse inaugurale, Kuss montre la fréquence de la localisation à la base, surtout chez l'enfant.
NO LE L. Berxarp, Risr, vont même jusqu'à soutenir qu'elle est la règle, contrairement à la loi de Louis. RiBADraAt- Dumas fait les mêmes constatations chez l'enfant, à Paulopsie el sous l'écran radioscopique.
Actuellement, la question semble jugée. Il est acquis que Ja tuberculose ne débute pas invartablement par le sommet, ni par une zone bien déterminée de parenchyme pulmonaire,
GRaNCHER altribuait ces phénomènes de base « tantôt à une congestion, tantôt à une bronchite, tantôt à une pleurésie sèche, quelquelois à toutes ces causes réunies ». Or, c'est surlout la pathologie des plèvres basilaires, notamment depuis l'emploi des ravons X, qui à retenu l'attention des observateurs.
La pathologie du soldat, on l'a dil bien souvent, esl proche parente de celle de l'enfant. En 1897, Kerson et Boissox étudient le diagnostic précoce des affections lubereuleuses du thorax par la radiographie, qui leur montre les Tuméfactions ganglionnaires, les épaississesements pleuraux, les anomalies de Ta mobilité du diaphragme. R. BerNarp, en 1901, décrit une forme de pleurésie sèche adhésive d'emblée au début de la tuberculose, à évolution insidieuse, et n'apparaissant bien que dans l'examen radioséopique. En 1902, Sarre peul découvrir, grâce aux rayons X, des signes révélateurs de lésions anciennes des organes respiratoires chez onze jeunes soldats sur cinquante récemment incorporés, qui n'avaient rien présenté d'anormal à l’auscultation, ni à la percussion, La même année, Prc (thèse de Lours), ainsi que Nicror, étudient le diagnostic des adhérences pleurales, de
Enfin dès 1905, notre maitre, le professeur Préry, peut publier dans les thèses de ses élèves Jacoues et Marmont, des observations qui le conduisent à isoler une forme nouvelle de tuberculose bénigne, la « pleurite à répélilion », avec ses trois sièges d'élection : le sommet, les scissures el la basé. La guerre devait confirmer ses vues el fui permettre, en 1916, de mettre en évidence Ja fréquence de cetle forme nouvelle chez les évacués des armées.
k% Car c'est véritablement la guerre, par le grand nombre de tuberculeux suspeels où avérés qu'elle à amenés aux centres de triage et fait défiler sous l'écran, qui a révélé la fréquence relative dés processus pleuraux de la base, suivant les principes du diagnostic radiologique posés par Wicrrams (1897), Mirran (1897), Bécrère (1898), Boc- -cHARDb et CLAUDE (1898), Drsror (1903), Bariowx. C'est elle qui a permis dé mettre au point le diagnostic chinique de ces processus. En 1916, M. le professeur agrégé Moc- RIQUAND à fixé la technique de l'examen du sinus costodiaphragmalique en arrière, par l'auscullation et la pereussion, dans le syndrome de l'extrême-base thoracique
et les costo-diaphragmatites discrètes dans Farmée,
Au poste de secours, et parliculièrement pendant les longs séjours &ix tranchées boueuses, quel est le médecin de régiment qui n'a élé frappé de ce grand nombre de points de côté mal définis, qui n'étaient pas des névralgies intercostales, qui ne relevaient pas d'un zona latent, et que le lerme de pleurodynie expliquait si mal ?
BA pont
Nous aurons occasion d'étudier comment la question se rattache par plus d'un côté à celle des pleurites.”
Pleurites du sommet et pleurites des scissures ont élé particulièrement bien étudiées jusqu'ici. On sesi bien occupé aussi du syndrome adhérentiel de l'extrêmebase, en tant qu'il succède à une affection pulmonaire ou pleurale caractérisée.
Mais, étant donnée la fréquence remarquable avec laquelle la guerre a révélé des symptômes radioscopiques des bases chez des sujets vierges de tout antécédent, nous nous demandons si l'on à accordé à la pleurile des bases toule l'importance qu'elle nous semble mériter.
En particulier, peut-on individualiser une « pleurile tubercuieuse primilive des bases ? » Quelle est sa Îréquence ? Comment peul-on en faire le diagnostic ? Tel sera l'objet de ce travail, travail modeste, que des circonslances indépendantes de notre volonté ont rendu sous bien des rapports incomplet, mais où nous nous sommes eflorcé de déblaver le terrain pour les recherches ultérieures dont la question nous semble digne.
Nous envisageons cinq chapitres :
CHAPITRE PREMIER : Définilion, où nous étudierons également la caractéristique anatomo - pathologique, l'étiologie et la pathogénie de l'affection.
Cu. IT : Etude de nos observations, qui nous servira à en établir la fréquence et les modalités. .
Cu. II : Étude radioscopique.
Cu. IV: Symplomalologie clinique.
Cu, V': Evolulion el diagnostic.