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TIIÉFACE
Cet ouvrage est né heureux. Je ne sais s'il doit son bonheur à son peu d'importance, s il n'a été protégé que parce qu'il est fa'ble; mais il a rapporté jusqu'ici à son auteur plus de satisfactions sérieuses qu'il eût jamais osé en attendre.
N'ayant que la valeur d'une ligne dans le programme d'une fête donnée par un célèbre académicien, M. Jules Sandeau, à d'illustres amis de l'Institut et de la presse, celte petite comédie n'était pas destinée à survivre à l'éclat et au bruit d'une soirée; elle devait mourir sous tant d'honneurs.
D'autres honneurs l'attendaient encore cependant.
Le surlendemain de la rerjtésentation chez M. Sandeau, une auguste bienveillance daignait l'appeler au palais des Tuileries et lui accorder quelques minutes de ce temps précieux que se disputent de si hauts et de si graves intérêts.
L'étoile de mon petit acte ne devait pas s'arrêter en si beau chemin : des Tuileries l'étoile le conduisit plus tard au palais de Compiëgne pour l'amener ensuite, chargé de cette double faveur, au Théâtre-Français. I à, !e public officiel ne voulant pas être moins indulgent sans doute que celui de la cour, a prouvé, et cela avec une grande générosité pour l'œuvre et pour l'auteur, la véiité, parfois un peu contestée, de ce vers d'un poBte connu :
« Ce que l'on dit aux rois peut se dirj au parterre. »