LA VILLE DU SOUUIUE
Mon réve évoque parmi l'ouate des brumes L'or doux d'ua adieu de soleil sur une ville
Lointaine et drapée de verdures fraîches dans une Uc, Plus chaste et voilée de silence pensif
Qu'aucune racontée aux vieux contes que lîimes, Tout entourée d^e bois aux ruisselels furtifs, De bois où les frondées frémissent de ramiers, Et des chants à mi-voix du fond des olivaies, Scanderaient les pas qui reviendraient
Joyeux et graves, vers les terrasses, près des palmiers.
Les rues de la cité seraient pavées de dalles Où glisserait sans bruit la vitesse des sandales, Les places de la cité tout environnées d'ombre Garderaient pure la fraîcheur tendre des gazons.
Des sages dialogueraient des rythmes de raison, Les filles aux tresses noires attendraient sans encombre
L'heure de remplir aux fontaines musiciennes
La jarre de cuivre et la jatte d'argile.
Des porteurs de fruits frigides, de statuettes fragiles Circuleraient, dans cette beauté, d'un pas agile. Au sourire doux des vendeuses de roses et d'alcées.
Au parvis des temples où seule brûle une lampe. Des nattes fraîches invitantes au repos. Pour écouter les conseils simples et les propos D'un culte si calme et ténu « l'homme campe Dans une vaste allée de cèdres, si touffus,
Qu'il ne peut discerner, à l'horizon réel, si au-dessus
De sa chanson et de la pensée de ses tempes, Qu'une apparence de grand calme souriant.
Que parfois bouleversent les grondements du vent. • Qu'aux heures noircies, il se taise, Qu'après les cris et les écumes de l'ouragan,
11 se lève, plus viv-ace, vers cette aumône de printemps ».
Au crépuscule, des myriades de feux, .Des harpes frissonnantes aux terrasses, ..Alterneraient aux alacres flûtes qui passent, . . Dans la jûie d'un jour doucement laborieux.