REQUÊTE POUR LA JOIE
Au baron Jacquemart.
Las ! puissance douairière
Telle qu'elle, qu'on environna,
Dès les temps froids d'humaine misère,
D'holocaustes et de prières,
Puissance fermière de l'au-delà,
Dieu maître ou démiurge métayer, Potentat de la foudre et de l'éclair.
Domination céleste et agraire, Moloch d'hommes ou de béliers, Vastitude une ou trinitaire,
Rafraîchis la forêt des douleurs De vives sources, rires ou pleurs, Car seul est bien triste le doute De cheminer le long des routes, Plus léger que poussière d'ailleurs.
nEyt'KTE l'OiiR i\ JOIE 93
Le los des choses s*est endormi, D'avoir été, aux carrefours, clamé Par les bouche» futiles, à demi, Des pèlerins mésestimés, Bardes et jongleurs, devins h demi.
L'arachnéenne toile de vie, C'est l'arabesque de l'ennui.
Pesant sous les astres de la nuit, Avec lourds envols assagis Des vieux rêves des vieux bannis.
Las ! puissance, créez la minute Unique et splendide que révAmes, Depuis des milliers de drames, Les pauvres malades, les Ames, Vers laquelle, aux cailloux, on bute.
Et ce serait, chez les anachorètes, Perdus aux forêts des cités, La gloire au vol précipité Dans les lumières de la fête.
Las ! donnez l'aumône à la cité !