NE T'ATTRISTE PAS
Ne t'altriste pas, ne t'attriste pas Sur le miroir de la jeunesse, Sur les heures liquides d'autrefois Et la veillée perdue aux portes des forteresses.
Les manoirs d'idoles et de chapes brodées Leurs manoirs aux voiles de lis irisés, Les miroirs cendreux où le torse du passé Dévoile ses plaies nues et le vautour de son foie
Ne s'entre-bâillent qu'à l'âme forte,
Précise d'un rêve de connaître
A travers les routes tortes De la conscience en autel vers le non-être
NE t'attristb pas 103
Ce secret d'heures fauves où c'est le fou du roi Déblayant les allées traiiiantes de leuilles mortes
Qui prescrit la loi et la loque Quand les portes s'cfTondrcnt sous les coups de marteau,
Que midi du soleil p&lit à l'incendie Qui lèche de son cri grandiloque Les piedà du fuu perché sur le rebord du toit.
Ne t'attriste pas, ne t'attriste pas bur l'heure désespérée après le triomphe las, Lorsque les vainqueurs, la bêche sur l'épaule, Retournent vers les champs étroits.
Les mamelles d'espoir sont pleines, Qui pendent au poitrail de Gybèle, Les olives de Minerve gonflent des outres rebondies. Les mains de Cybèle réchauffent tous les pôles Et la braise des grands brasiers sourit.
Ne t'attriste pas, ne t'attriste pas.
Au marais du vivre planent des flèches lentes, La vie lient ton poignet et te murmure l'andante
De sa marche monotone, La déesse mémoire garde aux lèvres aphones,
Pour nos volontés mort flétries
L'accueil vers les palais d'insomnies Deâ futurs rêveurs aux proches incendies.