‹ La pluie et le beau tempsChapitre 33 sur 33 · AU PONT DES MORTS · texte numérisé non relu

AU PONT DES MORTS

Au ponl des Morts les lansquenets y sont passés Avec casques, bottes et lances.

L'eau de la claire rivière est ici plus ombrée. Les faces blafardes des léproseries

Y béent leurs fenêtres, telles bouches dégarnies. On nombre les cailloux au iil du fleuve

Que longent, piétant à la tombe, de lentes veuves.

Au pont des Morts les lansquenets y sont passés !

Des lillettes de légende, au temps jadis,

Dansaient tout près, dans la prairie,

Et des tristesses d'après l'amour s'agenouillèrent

Près de l'arche moussue au calme abri de pierre.

Et des fillettes s'abandonnèrent au fil de l'eau Vers le mirage de musique des roseaux, Dont l'armée nombreuse éploie ses bandes frêles Du large présent à l'horizon grêle.

Au pont des Morts les lansquenets y sont passés Vers les citadelles et les cathédrales ; Leur hymne de beuverie et de bataille A chassé les doux fantômes exorcisés, Qui se levaient sur l'onde tranquille de Moselle Dans la brume d'été lors des flûtes du soir. Dès maintenant c'est le refrain et la querelle Quand les lampes s'éveillent aux cabarets noirs.

Au pont des Morts les lansquenets y sont passés.

LKS ESTAMPES

A Lion Vanier.

Voici la saison dure aux pâleurs cendreuses Sur le sol et le ciel de la ville, Son décor naturel et son asile ; Les joviales armées des cheminées Hérissent de leurs armures creuses L'ardoise livide et la tuile.

C'est le temps, dans les soirs enclos, près des flambeaux De regarder passer au délilé d'estampes, Les songes solitaires dans leurs fourrures amples De Rembrandt, qui se chauffent aux feux assourdis Ou les sourires aux prés d'hiver d'un Vinci, Les faces de mystère aux doigts levés vers l'iulini En face desCythères,de tristesse légère aux parcs d'hiver De Watteau, et les chimères aux pays de Mab, de Turner.

no LA PLUIE ET LE BEAU TEMI'S

Puis après ces caprices de la joie irisée D'un peu de douleur d'enthousiasme heurté

Aux quais durs des réalités.

Les robustes bonheurs autour des brocs Et les fumeries aux brunes salles chaudes, Dont Jean Steen fut le grand hôte, Ou les marches de fêtes parées d'or et d'énieraude Avec des rois de faste, claironnés de hérauts Dont s'enchantaient les Flandres et l'Italie.

Et puis les beaux visages épars aux heures courtes

De légendes de beauté sous les ciels bénis

Et les langueurs d'histoire qui bistrent les effigies.

Des orphelins de rois aux cœurs transis Et les saints de toute heure parmi tous les bourreaux, Et les fleurs et les pleurs des vies toutes trop courtes.

Voici la saison dure aux prisons de la cité. Aux chaînes de gel, aux vitres de pluie. Aux fossés la neige et l'ennui pour barreaux Par les jours en cécité.

TAHLK

Paysagk (Entre deux averses) I

DÉC.OK D't:N INSTANT 3

La mer dans la nuit 5

NtiT (0 majesté d'un tel silence) K

Nuit d'4té , 10

Le CALVAIRE DU VILI.A*:E 13

Knocke 17

Lied (Bien ainicc, bien aiince) 20

Lied (Le boiilieur vient comme un rôdeur) "22

Lied {Qu'importe que je parle) 24

Dialogue en Zi^lande 25

Paysage (Des clùmôros d'or et d'argent) 26

Image (Le rire do Bacchus) 29

Les beaux captifs 31

Vieilles NisiyuKS 33

Hameau de krontièrk 35

La dune 37

Lied (L'heure de nuage blanc) 39

Paysagk (Les chevaux blancs de la tourmente) . . i')

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