NUIT
A Jules Soury.
0 Majesté d'un tel silence, que la brise
Se jouant aux débris, las ! futiles des feuilles
Semble écho d'un baiser, vers le soir, près d'un seuil
Où de calmes génies, laissant la robe grise
D'une incarnatiou précise et mal comprise,
S'entre-consoleraient raffermis et radieux
Aux fraîcheurs du sommeil qui flotte sous les cieux
Où roule lymphatique la lune maladive.
Cette nuit claire est dense en sa substance Son cœur de paix n'attend rien ; Elle n'attend rien, la génitrice
Dont la trainc s'émaillc en merveilles irapparcncc; A ses mains lactées, le souci et le silence Fleurs de son natal jardin
Ouvrent le dédale de leurs calices.
Les phalènes du songe et de l'espoir Messagers aux veux de l'eu dans leurs ailes noires Y viennent puiser les sucs des promesses d'aubes vive».
<:e n'est pas la nuit frêle d'héréditaire frisson, La nuit où dort Psyché sur les gazes des lèvres Ni la trouble où Médéc a daigne la toison Pour une caresse à sa sourde lièvre, Ni l'onde violette propice aux lianes de Bethsabce, Ni l'ombre où déchira sa robe de prairie Ih'uchée de grands oiseaux et do moissons jaunies Pcrséphonè, curieuse des colonnes d'ébène Où trône le tentateur sévère des géhennes.
C'est la morne nel' do l'énorme serre Où croissent les tiges des destins,
Son reflet y tend un miroir lointain Pi\li d'une ombre millénaire
Où la Vérilé solde ses mercenaires
O'une étreinte de ses bras décharnés Vêtue des durs glaciers de son austérité.