‹ La pluie et le beau tempsChapitre 5 sur 33 · NUIT D'ETE · texte numérisé non relu

NUIT D'ETE

A Mademoiselle Moréno.

Nuit charnelle sous ses bleuités,

Nuit de caprices d'Italie, Nuit de parfums en vols vers les contrées

Où des masques se reconnaissent,

Nuit éthérée, nuit cythérée, Nuit de Philomèle, victime de Térée, Nuit où Diane abandonne la laisse De ses fauves lévriers !

Nuit sur les bois énamourés Où la Ménade déchire Orphée, Nuit aux rêveries d'Eurydice,

NUIT D'ETB U

Nuit de brers météores, Heure de présages qui glissent Sur nos faces d'ardent encore, Nuit qu'interrogent nos destinées Scrutant ta Tace d'&me lisse.

Nuit d'Açores et d'Iles Fortunées, Nuit d'imbroglios, nuit inspiratrice.

Nuit d'IIippolyte et de Thésée

Où voguent les tremblants esquifs

due tu l'èles et tu colores

De pavillons à beaux clous d'or

Qu'à nos yeux vagues lu arbores

Pour décevante destinée

De périr chaque matinée.

Nuit ironique, gaie fleur d'été.

Nuit couleur des flots de la mer, Impalpable, aux horizons clairs Mais sombre pour l'immédiate embuscade, Nuit de gracieuses mascarades, Nuit de sournoises rasades.

De couteaux et de fusillades.

Nuit d'été, douce factice, reiue du hasard Face d'Isis, cavité drue, Priape des phares, Fleurs d'or sur le terrain des mausolées, Songe creux sur nos axiomes de crédulité, Tente florale d'erreur parée de queues de paons Sur nos citadelles de certitude à quatre pans Et pourtant, vaslitude désolée.

Berce ce blême chef de nourrice décapitée Que tu dorlotes de tes nuées Ou qu'exposes à notre mémoire Comme la fin froide de toute gloire.

Voici la sœur d'enfance et l'éternité morne.

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