LES PIES
queue et l’oreille basses. Quant à nos chiens d'arrêt, ils ont été fréquemment l’objet de vives attaques de la part des Pies qui ne craignaient pas de fondre sur eux du haut des noyers plantés dans la plaine.
Fi. 19. — La Pie vulgaire.
La Pie fait, comme le Corbeau, preuve d'un grand esprit de prévoyance. Quand elle a pris sa pitance et que son jabot est rempli, elle emporte au loin le superflu et le cache en quelque endroit écarté. C’est cette propension à mettre en lieu sûr les objets qu'elle croit pouvoir lui étre utiles dans un avenir prochain qui lui a fait cette réputation de voleuse qu’elle garde encore. En automne surtout, la Pie fait des amas de provisions, de noix, d'amandes et de fruits secs.
« Son magasin, dit Sonnini, est quelquefois considérable, et si, à l'approche de l'hiver, on voit dans la campagne des Pies se battre entre elles, on peut être assuré qu’en cherchant avec soin dans les environs on découvrira les approvisionnements objets du combat. » Malheureusement les Pies ne se contentent pas toujours d’une alimentation végétale ; elles s’attaquent aux jeunes poulets et aux perdreaux auxquels elles percent le crâne et dont elles dévorent la cervelle ; elles pillent les nids, mangent les œufs et Les poussins, achèvent les oiseaux malades ou pris au piège ; dans les vignes. à l’époque des vendanges, elles causent des dégâts considérables ; les champs ensemencés de pois et de fèves, les ver gers même ne sont point à l’abri des déprédations de ces bêtes malfaisantes, D’un autre côté, à leurs moments perdus, elles détruisent les mulots, les souris, les gros insectes et les larves mineuses. La question est de savoir si le bien que font les Pies compense le mal qu’elles occasionnent. Nous ne le croyons pas.
Habitudes. — Les Pies ont généralement des goûts sédentaires, et il est rare qu’elles s’écartent beaucoup du canton qu’elles ont adopté; il en est pourtant qui, vers octobre, émigrent du nord au midi, mais c’est le petit nombre.
Ces oiseaux affectionnent les bois, les coteaux couverts d'arbres ; ils y vivent en petites familles, plutôt qu’en grandes troupes. Ils descendent fréquemment à terre, on les y voit surtout par paires; ils y marchent avec élégance et gracieuseté.
Mais si leur démarche est légère, leur vol est pénible ; et c'est par des mouvements saccadés et ondulatoires qu'ils gagnent la cime des arbres pour s’y reposer sur les branches mortes, Là on les voit sautiller de rameau en rameau, en secouant la queue.
À l’époque de la nidification, les Pies usent d’un ingénieux stratagème pour tromper les dénicheurs d'oiseaux. Elles
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